La force d'une région

La rareté de main-d’œuvre; un enjeu bien maîtrisé

Le Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire (CRÉPAS) et les trois carrefours jeunesse-emploi du Saguenay–Lac-Saint-Jean déploient depuis quelques mois un important projet de sensibilisation, d’accompagnement et de valorisation des employeurs qui posent des actions à l’endroit de la réussite éducative de leurs employés. Le concours « Mon boss, c’est le meilleur! » s’inscrit dans le cadre de ce plan d’action régional.

Ainsi, parmi la centaine d’entreprises nommées par leurs employés étudiants lors de la première édition du concours en février 2019, trois ambassadeurs se sont démarqués par leur créativité et leur importante compréhension de l’enjeu social qu’est la réussite éducative. L’adoption de bonnes pratiques de gestion de leurs employés aux études distingue en effet ces lauréats qui souhaitent partager leurs pratiques gagnantes à l’ensemble des employeurs de la région. Ils désirent surtout offrir aux jeunes l’opportunité d’évoluer dans des milieux de travail sains où le développement du plein potentiel de chacun est une priorité. 

De plus en plus de jeunes d’âge scolaire se retrouvent sur le marché du travail et, des 3834 jeunes Québécois rejoints par une récente recherche d’ÉCOBES – Recherche et transfert, 26,5 %
affirment concilier les études et le travail plus ou moins facilement et 27,4 %, difficilement. Puisque la situation de rareté de main-d’œuvre n’est pas sur le point de s’améliorer, les partenaires du mouvement « Employeurs engagés pour la réussite éducative » rappellent que nous devons, collectivement, nous assurer que les nouvelles générations soient soutenues dans la réalisation de leur projet scolaire et que la non-diplomation a d’importantes répercussions sur l’économie, le développement social et le parcours de vie des individus eux-mêmes. 

Une deuxième édition du concours « Mon boss, c’est le meilleur! » sera lancée en janvier 2020 et trois nouveaux ambassadeurs se joindront à l’équipe régionale.

La réussite éducative n’est pas une option, c’est une de nos plus grandes valeurs. On incite les jeunes qui ont abandonné à retourner à l’école. Ils sont en évolution chez nous : il se peut que ce soit un passage ou, souvent, qu’ils orientent leurs études pour avoir un poste différent au sein de l’entreprise. On offre des bourses aux employés-étudiants qui sont méritants lors des galas et on fait beaucoup de conscientisation auprès des gestionnaires. Rareté de main-d’œuvre? Pas chez nous! On reçoit plusieurs C.V. lorsqu’on affiche un poste. On reçoit même les C.V. de neveux ou de nièces d’anciens employés qui ont aimé travailler chez nous!

M. Dominick Béland, Administrateur de trois Jean Coutu, supervision Saguenay

J’emploie des étudiants depuis que j’ai mon commerce, soit 12 ans. Je n’ai jamais eu autant d’employés que maintenant, malgré un nombre d’heures moins grand. Mes jeunes arrivent vers 14-15 ans et nous quittent habituellement à la fin de leur scolarité. J’ai comme philosophie que lorsqu’on se sent impliqué, on reste accroché. C’est pourquoi mes employés sont mis à contribution pour établir nos nombreux concours, faire vivre notre page Facebook, planifier l’horaire des fêtes. Ils ont de bonnes idées... Pourquoi donc ne pas les mettre à profiter.

Mme Maryse Gagnon, Chef d’entreprise, Dépanneur Métabetchouan

Concilier les horaires de mes employés est tout à fait normal pour moi. La majorité de mon équipe est aux études, je dois donc respecter les périodes d’examens de ces employés, leur temps d’étude et les sorties avec l’école. Mes employés aux études sont les employés et employeurs de demain, ils vont jouer un rôle important. Comment je m’en sors? J’engage plus d’employés pour être mesure de leur donner moins d’heures quand ils en ont besoin et, durant l’été, ils ont souvent un deuxième emploi. Nos employés restent jusqu’à leurs études supérieures (souvent parce qu’ils sont à l’extérieur de la ville).

Mme Chloé Thibeault, Gérante Yuzu sushi de Roberval