La profession d’ingénieur se pratique dans plus d’une quarantaine de domaines.

Ingénierie

Ingénierie: connaissez-vous cette profession?

Si je vous dis «ingénieur», vous voyez probablement quelqu'un affublé d'un casque blanc sur un chantier de construction, ou qui dessine des plans. Ce n'est pas que ça. En fait, la Québec compte plus de 64000 ingénieurs qui pratiquent dans près d'une cinquantaine de spécialités.

Chaque jour, Caroline Beaudoin de Rivière-du-Loup entre à l'hôpital. Formée en génie civil, cette ingénieure coordonne entre autres l'entretien des installations matérielles et la gestion de projets pour le pôle ouest du CISSS du Bas-Saint-Laurent. Son poste de gestionnaire n’exige pas le titre d’ingénieur, mais le diplôme en ingénierie était essentiel.

«Mes parents étaient entrepreneurs en construction et mon frère est ingénieur. J'ai essayé d'autres domaines pour me démarquer, mais j'ai baigné dans la profession trop jeune et j'ai décidé de l'embrasser moi aussi», dit-elle.

Un ingénieur, c'est un professionnel qui apporte des solutions à des enjeux complexes. Il peut agir de la conception au développement. «La profession est tellement vaste qu'il y a certainement quelque chose autour de vous qui a requis la contribution d'un ingénieur», dit Mme Kathy Baig, la présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), ordre professionnel dont la mission est d'agir afin que les ingénieurs servent la société avec professionnalisme, conformité et intégrité dans l'intérêt du public.

Elle cite en exemple les produits d'hygiène féminine, dont l'amélioration de certains est supervisée par des ingénieurs. Avouez que vous n'y aviez pas pensé...

De nouveaux créneaux

Si Caroline Beaudoin a choisi le génie civil, un secteur traditionnel comme le sont le génie mécanique, électrique ou chimique, d'autres spécialités se sont développées tel le génie informatique, aéronautique, biomédical, agricole, logiciel et autre, des domaines pour lesquels la demande demeure très élevée.

Être ingénieur exige énormément de minutie. Il faut savoir être prêt à travailler sous pression. «Par exemple, afin de respecter les délais de construction du pont Champlain, les équipes avancent l'infrastructure de chaque côté de la rive. La jonction doit arriver précisément à la même hauteur», précise Mme Baig.

Présence féminine

Caroline Beaudoin n'est pas la seule dans ce métier traditionnellement masculin. Entre 15% et 18% des ingénieurs au pays sont des femmes, un pourcentage insuffisant aux yeux de la présidente de l'OIQ. «Nous sommes loin de la parité et c'est la raison pour laquelle l’initiative «30 en 30» a été instaurée. Nous voulons atteindre 30% d'effectif féminin en 2030», dit-elle. Pour ce faire, des ambassadrices démystifieront la profession et en feront la promotion auprès de la gent féminine notamment dans les écoles secondaires.

«Être ingénieure donne la possibilité de travailler dans divers domaines et de diverses manières. J'ai beaucoup travaillé sur les chantiers de construction. Je ne pensais pas un jour me retrouver gestionnaire dans le réseau de la santé. Mon travail est différent, se pratique davantage dans un bureau et ça me convient parfaitement», note Caroline Beaudoin. «La profession d’ingénieur en est une d'avenir qui aura toujours sa place.»

Génies d'ailleurs

Au sein de l'OIQ, 15% des membres proviennent de l'étranger. Mme Baig est fière d'affirmer que l'OIQ est l'un des ordres qui reconnaît le plus de professionnels formés à l'étranger. «Approximativement 20% de tous les nouveaux permis sont octroyés à des professionnels qui ont été formés en dehors du pays. Dorénavant, nous désirons également considérer l'expérience de travail du candidat dans l’évaluation des demandes d’équivalence plutôt que de considérer uniquement leur formation académique.»

Une loi désuète et levée de la tutelle

La loi entourant la profession est désuète. L'OIQ mène des représentations pour que le gouvernement la modifie afin qu'elle reflète mieux la réalité et que l'on y intègre plusieurs spécialités qui n'existaient pas lors de l'adoption de la Loi... en 1964!

De même, estimant que l'Ordre a fait ses devoirs en termes de gestion, l'organisme demande la levée de la tutelle imposée par le Québec depuis 2016. «J'aurai une discussion en ce sens avec le ou la ministre de la Justice du prochain gouvernement», conclut Mme Baig.