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Ensemble pour la culture au Saguenay – Lac-Saint-Jean
Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean
Ensemble pour la culture au Saguenay – Lac-Saint-Jean
En collaboration avec Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean, nous vous présentons un dossier spécial sur le milieu culturel régional. Qui sont ses artisans? Quels impacts socio-économiques la culture a-t-elle sur notre région? Comment et surtout pourquoi devrait-on soutenir la culture? À quoi ressemble le quotidien d'un artiste? Pourquoi valoriser l'intégration de l'art en architecture? Parcourez ces textes et apprenez-en plus sur ce secteur d'activité dynamique en constante ébullition. 
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Le Conseil régional de la culture du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

Le Conseil régional de la culture du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Le Conseil régional de la culture du Saguenay–Lac-Saint-Jean, plus récemment nommé Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean (Culture SLSJ), a été fondé en 1978. Il s’agit d’une organisation vouée à la mobilisation, la concertation, au rayonnement, au soutien et au développement professionnel du milieu culturel du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Portée par sept employé.e.s passionné.e.s de culture et de développement régional et un conseil d’administration composé de 17 travailleur.se.s culturel.le.s et artistes, Culture SLSJ offre à l’ensemble du milieu culturel une multitude de services, organise des activités mettant en valeur les acteurs et actrices culturel.le.s et coordonne un programme de formations dédiées au perfectionnement professionnel des travailleur.se.s culturel.le.s et créateurs.trice.s du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Nous collaborons avec des organisations de différents secteurs d’activités, comme le pôle d’économie sociale (ESSOR 02), la Rentrée du Numérique à Saguenay, le Hub Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’UQAC, les corporations de développement économique et chambres de commerce, municipalités, MRC, ministères et autres instances en lien direct ou indirect avec le développement culturel et régional.

Depuis plus de 15 ans, nous coordonnons six groupes de concertation disciplinaires en théâtre, danse, musique, lettres et édition, médiation culturelle et archives, des ententes régionales, des remises de prix pour les artistes, en plus d’être le carrefour d’information dédié au secteur culturel (offres d’emplois, appels de candidatures et de projets, etc.).

Sur le plan politique et de la représentation, nous prenons la parole lors d’événements mobilisateurs, rédigeons des mémoires sur les thématiques d’actualité, défis, enjeux ou situations politiques nécessitant un positionnement de la culture. Nos membres comptent sur nous pour porter leur voix auprès des instances, défendre leurs droits et contribuer à l’amélioration de leurs conditions socio-économiques.

Enfin, Culture SLSJ fait partie d’un réseau de 15 conseils régionaux de la culture. Il y a un conseil pour quasiment chaque région du Québec. Ensemble, nous représentons les milieux culturels et artistiques de pratiquement tout le territoire québécois. Contrairement aux associations disciplinaires (UDA, AQTIS, etc.), nous travaillons avec toutes les disciplines et secteurs des arts et de la culture. Cela permet au milieu culturel des régions une écoute de la part du ministère de la Culture et des Communications, ainsi que des instances provinciales, mais également une forte représentation sur la scène canadienne, puisqu’aucune autre province ne possède un tel réseau ou des organisations équivalentes. – CULTURE SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN

La culture, une richesse régionale

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

La culture, une richesse régionale

Le secteur artistique et culturel comprend les organisations et individus œuvrant en arts visuels (incluant métiers d’art et arts médiatiques), arts de la scène (théâtre, danse, arts du mouvement ou cirque), le patrimoine (musées et sociétés d’archives), l’édition et le livre, l’enregistrement sonore, le cinéma et l’audiovisuel ainsi que les médias et organismes de communication. Depuis les années 1990, plus précisément depuis la première Politique culturelle du Québec de 1992, le milieu culturel est de plus en plus reconnu comme un agent de développement économique, territorial et local.

Au Québec, le secteur culturel regroupe des dizaines de milliers de travailleur.se.s contribuant au PIB à la hauteur de 12,5 milliards de dollars, soit 5 % du PIB national. Selon le mémoire de la Coalition La Culture, le coeur du Québec (mis à jour en 2020), «onze des quatorze secteurs culturels (79 %) montrent un multiplicateur supérieur à la moyenne du Québec (1,7). Cela signifie que le PIB de ces secteurs culturels engendre davantage d’activité économique dans les autres secteurs qu’un même PIB réalisé ailleurs dans l’économie.»1. On parle alors d’un effet multiplicateur.

Ce secteur d’activité est un acteur économique majeur dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. En 2012, 1 765 travailleur.se.s y œuvraient, générant plus de 211,6 millions de dollars en retombées annuelles. En comparaison pour la même année, le secteur de l’agriculture générait des retombées de 136,4 millions et l’industrie forestière, 120,2 millions de dollars. Au dernier recensement de 2016, on retrouve 1 875 travailleur.se.s qui œuvrent à faire rayonner la culture au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le milieu culturel, par son rôle comme acteur de développement des communautés et vecteur de cohésion sociale, embrasse les principes du développement individuel et collectif visant l’émancipation et la dignité des personnes et des groupes. Ainsi, les organisations culturelles et artistiques travaillent à cet équilibre entre une forme de rentabilité et de service à la communauté (par exemple : en offrant des services ou des équipements à leurs membres).

Ce sens de la collectivité s’incarne tout autant dans la mise en valeur des talents locaux ou dans la mutualisation de ressources (humaines, techniques et matérielles), ayant pour effet la consolidation d’emplois et la rentabilité des achats d’équipements spécialisés. Enfin, la créativité étant un élément intrinsèque au milieu culturel – dans le travail créatif des artistes, mais également dans les pratiques de gestion – elle participe à l’émergence de l’innovation permettant une croissance saine et stable des organisations. – CULTURE SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN

1. https://www.cqam.org/wp-content/uploads/2020/01/M%C3%A9moire-%C3%A9conomique-culture-CCCQ-AppEco_2020-VF.pdf

La culture, moteur de développement économique et social

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

La culture, moteur de développement économique et social

Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
Le Quotidien
Investir en culture, ça rapporte! Pour comprendre l’étendue de l’impact économique du milieu culturel, pensons seulement à tous les artisans qui œuvrent dans le milieu de la culture, à tous ces lieux et tous ces projets qui créent de l’emploi et engendrent des profits, mais aussi au nombre d’événements culturels qui s’organisent chaque année dans la région, aux touristes qu’ils attirent et aux profits qu’ils génèrent.

Directrice générale chez Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean, Gabrielle Desbiens est catégorique, la culture est non seulement un moteur de développement économique, mais elle est également un apport considérable pour la vie sociale d’une communauté. Plus encore, elle contribue au rayonnement d’une région, de son identité et de ses valeurs.

«Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, nous sommes capables de grandes choses. Nous avons des expertises, nous avons des réseaux bien établis et nous avons des infrastructures culturelles de qualité, des théâtres, des musées, des diffuseurs et des événements extraordinaires. À Saguenay seulement, on retrouve huit compagnies de théâtre professionnel, explique-t-elle. Il y a un dynamisme dans le milieu culturel qui est fort enviable. On peut vivre de la culture au Saguenay–Lac-Saint-Jean et on peut consommer la culture. Tout au long de l’année, il s’y passe des activités. Il y a toujours de quoi interpeller les habitants», précise Gabrielle Desbiens.

Toute cette effervescence du milieu culturel contribue à la vitalité régionale et n’est pas sans trouver écho auprès du reste du Québec. L’effet sur l’établissement de jeunes familles et de jeunes professionnels dans la région en témoigne.

«L’amalgame culture et plein air est très attirant. On sait qu’il est possible d’avoir une bonne qualité de vie au Saguenay–Lac-Saint-Jean, de profiter de la nature à deux pas de chez soi, mais il est aussi important pour une communauté d’avoir accès à du théâtre, à des expositions, à des spectacles musicaux, à une vie culturelle bien remplie. La culture contribue sans aucun doute à l’attractivité de la région autant pour les gens qui pensent s’y établir que pour ceux qui viennent la visiter», mentionne-t-elle.

Le tourisme culturel gagne d’ailleurs en popularité. En misant sur l’événementiel, la région a su tirer son épingle du jeu. Les événements comme le festival La Noce, qui présente une programmation éclatée et attire un public sans cesse grandissant, et les oeuvres culturelles comme les pièces de théâtre produites par la Tortue noire, qui représentent le Québec ailleurs dans la francophonie, en sont de bons exemples.

Un milieu en constante ébullition

Chaque dollar investi en culture permet aux artistes de continuer à créer, à partager leur passion, à communiquer avec leur public, mais il permet également à la population d’enrichir son bagage culturel, de briser l’isolement, de développer son sens critique, de socialiser et plus encore.

Cela permet en outre de stimuler davantage le secteur culturel qui est en constante ébullition ainsi que d’encourager la relève de l’industrie.

«Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est une terre fertile en talent. On dit souvent à la blague que la moitié du bottin de l’Union des artistes vient du Saguenay et que l’autre vient du Lac. C’est dire à quel point la créativité est présente en région; elle doit circuler dans l’eau et dans l’air», exprime Gabrielle Desbiens.

La région a en effet vu naître de grands noms dans tous les univers artistiques, que ce soit la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature ou les arts visuels. Il faut dire que l’on compte sur le territoire de nombreux programmes scolaires qui encouragent les jeunes à développer leur passion.

«Il est possible de compléter tout son parcours scolaire en art, de la 5année du primaire jusqu’aux cursus en art, à l’UQAC. Avec des programmes comme arts-études, ATM, Arts et métiers de la scène, on produit de nombreux artistes, des gens passionnés qui à leur tour pourront prendre la relève», mentionne Gabrielle Desbiens qui a elle-même étudié dans l’un de ces programmes avant de s’établir dans la région. «L’émergence de nouveaux talents amène de nouvelles idées. C’est ça qui fait en sorte que la culture au Saguenay–Lac-Saint-Jean suit une évolution fluide et continuera de se développer», complète-t-elle.

Vivre de son art en région

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

Vivre de son art en région

Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
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Le Quotidien
Les spectateurs sont assis dans la salle. Le rideau se lève et la pièce débute. Rapidement, les comédiens nous entraînent dans leur univers. Il nous garde en haleine jusqu’à la toute fin. On apprécie, on critique, on se questionne; la représentation ne nous laisse pas indifférents. Au même titre qu’un spectacle musical qui nous émeut ou qu’une toile dont on ne peut plus détacher le regard, derrière cette oeuvre se trouve un dialogue, une rencontre entre des artistes et un public. Cette rencontre, elle fût soigneusement préparée, des heures, des semaines voire des mois de travail.

Difficile de s’imaginer le quotidien d’un artiste. Pourtant, on se doute bien que celui-ci ne se résume pas à la présentation de son oeuvre. En amont, au jour le jour, tout un travail est réalisé pour en arriver à la finalité de son processus créatif. Bruno Paradis en sait quelque chose. Comédien, interprète, metteur en scène et coach des arts de la scène, il gagne sa vie en faisant ce qui le passionne, ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Si son horaire ne se résume pas à travailler de 8 à 5, il n’en est pas moins bien rempli. «En région, probablement plus qu’ailleurs, il est difficile de vivre d’un seul médium. Il faut savoir se montrer pluridisciplinaire pour joindre les deux bouts. Pour moi, ç’a été l’occasion de partager ma passion en devenant coach. Au fil du temps, l’enseignement a également pris plus de place dans ma carrière», confie Bruno Paradis.

Il ne s’en cache pas, la gestion de son emploi du temps demeure un défi. Entre l’enseignement, les répétitions avec les autres comédiens, l’appropriation de ses personnages et son implication dans le théâtre amateur et le milieu culturel, la vie va parfois à toute vitesse.

«Les projets en théâtre arrivent souvent en même temps et il est toujours difficile de dire non. On voudrait pouvoir prendre part à tous les projets qui nous intéressent, mais ce n’est pas réaliste», exprime celui qui a fait des études à l’École nationale de Théâtre du Canada, avant de revenir en région en 2011.

Un travail intellectuel, mais aussi physique

En tant que comédien tout comme à titre de metteur en scène, Bruno Paradis s’inspire de ce qui l’entoure pour créer. Il façonne la personnalité de ses personnages, mais aussi leur univers, à coup d’observation.

«La curiosité est un élément essentiel. Il faut lire, regarder et écouter toute sorte de chose pour ouvrir ses horizons. Personnellement, la musique m’aide beaucoup. Il y a quelque chose avec la musique qui est très communicatif. Je trouve toujours des pièces musicales qui sont en accord avec mes personnages», exprime-t-il.

Pour l’artiste que l’on a pu voir dans bon nombre de productions régionales, le métier de comédien en est également un très physique. Au-delà des lectures, du découpage du texte et de la compréhension de l’univers dans lequel évolue le personnage, il y a la respiration et la gestuelle. «Il y a une forme d’extase à se rentrer le texte dans le corps et à lâcher la tête. Il faut savoir trouver son aisance jusque dans la posture de son personnage», exprime Bruno Paradis. De son propre aveu, il n’est d’ailleurs pas rare de le voir adopter différentes démarches, postures ou mimiques dans la rue lorsqu’il est en exploration pour un projet, cherchant à définir son personnage.

Le travail du comédien se poursuit ainsi jusqu’à la maîtrise de son rôle. Puis, vient la première représentation. Ce jour-là, toute l’équipe se retrouve au théâtre où chacun s’installe dans la loge. Pour Bruno Paradis, il s’agit de prendre possession des lieux, de se sentir comme à la maison.

«Je prends toujours un moment seul pour m’échauffer, faire quelques exercices de diction et de respiration et refaire le texte à l’italienne. J’en profite pour réécouter la «playlist» de mon personnage et faire un tour dans la salle. J’aime m’imprégner des lieux».

Soir après soir, représentation après représentation, le même scénario se répète. Et le jour? «La vie continue. Très peu d’artistes peuvent se reposer à la maison en attendant la prochaine représentation. Il y a d’autres contrats, d’autres obligations, puis on se remet dans la peau de son personnage le moment venu», explique Bruno Paradis.

Intégration d’œuvres à l’architecture

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

Intégration d’œuvres à l’architecture

Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
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Le Quotidien
Communément appelée la Loi du 1%, la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics permet aux artistes professionnels du Québec de se faire connaître à plus grande échelle par la diffusion de leurs œuvres dans des lieux qui ne sont pas nécessairement à vocation culturelle.

Si 1% du budget de construction d’un bâtiment ou d’aménagement d’un lieu public doit obligatoirement être alloué à la création d’une oeuvre, pour le secteur privé, il n’en est rien. Pourtant, certaines entreprises choisissent délibérément d’intégrer à leurs installations des œuvres d’artistes locaux. C’est le cas d’Ubisoft Saguenay.

«Ubisoft Saguenay avait le désir de mettre en valeur l’identité régionale dans ses locaux de la rue Racine. Comme il s’agit d’une entreprise techno-créative, nous avons tout de suite pensé qu’il serait intéressant d’y dépeindre l’effervescence du milieu artistique en sollicitant des artistes de la région», explique Gabrielle Potvin, architecte associée chez Pôle Architecture, entreprise régionale choisie pour l’aménagement des bureaux d’Ubisoft Saguenay.

«Nous avons lancé un concours avec jury à l’issue duquel deux artistes ont été sélectionnés. L’objectif était de créer des espaces immersifs qui allaient déstabiliser les réflexions, créer la surprise et favoriser la créativité des employés», poursuit-elle.

Ce sont Mathieu Valade et Julie Andrée T. qui ont été choisis pour faire partie du projet. Contrairement à ce qui se fait habituellement avec la Politique d’intégration des arts, ils ont été impliqués en amont, avant même que les premières esquisses du studio ne soient réalisées.

«Nous souhaitions leur donner carte blanche, connaître leur vision des lieux et savoir quel espace ils souhaitent que leur oeuvre occupe. Cela nous a amenés à réfléchir l’espace autrement. Par exemple, nous avions envisagé l’aménagement d’un escalier ouvert avant que ce dernier ne soit ciblé pour accueillir l’oeuvre de Mathieu Valade. Finalement, l’escalier sera très cloisonné, mais quand on y réfléchit bien, ce sera un passage obligé à travers l'œuvre de l’artiste», explique Gabrielle Potvin.

L’intégration d’une œuvre en amont aura représenté un défi au niveau du respect du Code du bâtiment. Elle aura aussi bousculé les façons de faire des architectes et de leur équipe. «On parle ici d’une vraie intégration d’oeuvre à l’architecture. C’est un processus de co-création qui aura permis l’atteinte du résultat final», souligne Mme Potvin.

Soutenir et investir en culture, l’affaire de tous

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

Soutenir et investir en culture, l’affaire de tous

Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
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Le Quotidien
«Le tout premier geste que l’on peut poser pour soutenir la culture, c’est d’abord et avant tout de reconnaître son utilité et son apport à la société», exprime Kathy Boucher, directrice générale du Conseil des arts de Saguenay. Lorsqu’il est question d’investir en culture et de contribuer à l’essor du milieu culturel, le sujet peut sembler complexe, pourtant il n’en est rien selon Mme Boucher. Pour se consacrer à leur art, innover, expérimenter, développer, les artistes ont besoin d’être soutenus financièrement. Les besoins sont grands et l’apport de financement privé est essentiel. Mais concrètement comment investir en culture et pourquoi devrait-on le faire?

«Il faut amener le citoyen à se voir comme partie prenante du milieu culturel, pense Kathy Boucher. Son implication permet la valorisation du travail des artistes et le développement de projets innovants. Quand on prend un événement comme le festival REGARD, il faut se rappeler qu’au début, il s’agissait d’un risque artistique. Mais les gens ont répondu présents et ont démontré leur intérêt. Aujourd’hui, c’est un événement qui attire des milliers de festivaliers et qui se déploie jusque dans les écoles avec son programme scolaire», prend-elle à titre d’exemple.

«Les Québécois sont attachés à leur culture, ils en sont fiers. Maintenant, il faut changer les perceptions comme quoi parce qu’on paie des impôts, on soutient la culture. Il faut qu’individuellement, on se sente davantage concerné», poursuit Kathy Boucher.

La culture, accessible et enrichissante

Il y a de nombreuses raisons de consommer la culture. Selon Patrick Moisan, codirecteur au centre Bang, il faut cesser de regarder uniquement du côté des besoins financiers des artistes et plutôt prendre en compte l’apport à l’individu.

Prendre part à la vie culturelle, c’est ouvrir ses horizons, faire de nouvelles découvertes, socialiser, échanger, discuter, faire partie d’une communauté active. L’art, quelle que soit sa forme, contribue également à briser l’isolement. «Il ne faut pas oublier l’indice du bonheur. L’art rend heureux, rappelle Kathy Boucher. On assiste à un spectacle, on visite une exposition, on achète une oeuvre parce que ça nous fait plaisir, ça nous rend heureux.»

Certains y voient également une opportunité d’investissement. «Il y a différents types de donateurs. Certains soutiennent la culture par amour de l’art, par intérêt, d’autres pour être de bons citoyens corporatifs et d’autres encore achètent de l’art, car ils y voient une forme d’investissement», exprime M. Moisan.

Quant à savoir comment bien investir dans l’art, les galeristes demeurent des sources crédibles et dignes de confiance, selon ce dernier. Dans la région, bien qu’il y ait quelques collectionneurs privés, il n’existe encore aucun groupe organisé comme les cercles de collectionneurs qu’on retrouve dans les grands centres. Ceux-ci sont souvent à l’origine d’événements, mais ils contribuent également à la transmission des connaissances.

Innover pour stimuler le secteur culturel

Il faut savoir que le milieu culturel bénéficie d’aide financière provenant des différents paliers gouvernementaux. À cela s’ajoute, les dons corporatifs et le maillage art et affaires. Quant aux citoyens, amateurs d’art ou non-initiés, ils contribuent au soutien du milieu culturel de diverses façons, en consommant des biens ou des services, en faisant des dons individuels ou encore en soutenant des organisations à vocation culturelle.

«Le financement d’un organisme ne peut venir à 100% du secteur public, explique Patrick Moisan. Il faut faire preuve de créativité pour aller chercher la part du privé. À Bang, nous avons des membres qui par amour de l’art vont adhérer à notre structure, mais nous avons aussi la librairie (Point de suspension) qui nous permet de combler une part importante de nos besoins financiers ainsi que des espaces locatifs et un parc d’équipements partagés (pour la diffusion et la production), mentionne-t-il. Pour les artistes, la situation est tout autre. Ils ne peuvent accéder au même mode de financement privé.»

Ce dernier est d’avis que la contribution citoyenne prend ainsi tout son sens. «On veut le bouleversement qui va permettre la création d’oeuvres innovantes. On veut des oeuvres fortes. Pour ça, il faut donner aux artistes le temps de créer», souligne-t-il.

Kathy Boucher abonde dans le même sens. «L’artiste est le seul producteur qui fait fi de son client. Il doit pouvoir créer sans contrainte, être libre dans sa démarche», soutient-elle. C’est d’ailleurs pour soutenir les artistes dans la recherche et la création que le Conseil des arts de Saguenay entreprendra des changements importants en 2021. Il offrira des bourses d’artistes, lui qui soutenait auparavant que les organismes artistiques professionnels.

Rappelons que le financement du Conseil des arts de Saguenay découle en grande partie de Ville de Saguenay, mais qu’il repose aussi sur des ententes d’appariements financiers qui permettent de bonifier chaque dollar alloué sous forme de don au Fonds sous gestion Marie Talbot.

La relance du secteur culturel

Culture Saguenay – Lac-Saint-Jean

La relance du secteur culturel

Après un printemps et un été complètement chamboulés par les impacts de la Covid-19, plusieurs artistes et travailleur.se.s culturel.le.s aux prises avec des reports et des suspensions de contrats, réduit.e.s à vivre encore plus précairement et à “se mettre sur la PCU”, l’automne, bien que toujours flou, semble porter un peu d’espoir et  redémarrer de bon train.

Quelques événements estivaux en plein air nous ont fait du bien, notamment les ciné-parcs du Festival Regard ou encore les spectacles déambulatoires de Festivalma. D’ailleurs, une collègue d’Alma nous a confié avoir été très émue de voir tous ces gens sortir sur leurs perrons pour voir les artistes. L’expérience s’est avérée très appréciée par les publics et les artistes.

Certaines municipalités de la région ont retroussé leurs manches, remodelé leurs paramètres de soutien financier des organismes culturels et ont lancé des appels de projets pour permettre aux compagnies de théâtre, de danse, aux musicien.ne.s et artistes pouvant se produire sur la place publique de se «déconfiner». Nous avons ainsi la chance de pouvoir profiter, par exemple, d’une série d’activités dans les centres-villes de Saguenay.

Et puis les ateliers d’artistes ont rouvert, prudemment, en mettant en place des mesures sanitaires, les écoles de danse, de musique, d’arts plastiques ont préparé la logistique de l’accueil des élèves en arts-études, les contrats se sont reconfirmés, les projets redémarrent, parfois bien rapidement. Le milieu s’ébroue et s’active en vue d’une rentrée fragile, mais ô combien attendue. Les Journées de la culture se déroulant exceptionnellement sur un mois cette année, du 25 septembre au 25 octobre, les organismes et municipalités planifient des activités accessibles et sécuritaires.

Les diffuseurs programment au mois, s’ajustent en fonction des règles établies, sans trop pouvoir se projeter à long terme dans une année de programmation. Les lieux d’exposition et les musées appliquent au sol des indications, ajustent leurs espaces pour une circulation sécuritaire, contrôlée et la plus agréable possible.

On compte sur vous

Cette rentrée, nous la souhaitons ardemment et nous en avons besoin. Et pour la rendre aussi belle et agréable, nous comptons sur vous, publics, spectateur.trice.s, ami.e.s et amoureux.se de la culture, sur votre présence et votre soutien. Nous faisons de l’art pour le présenter, nous partageons notre vision du monde pour engager la conversation, nous créons pour vous émerveiller, vous questionner et parfois, vous chambouler.

Votre appui est essentiel pour la santé de nos communautés, une santé qui passe également par les activités et l’action culturelles. Au moment où nous écrivons ces lignes, le ministre de l’Éducation annonce que les groupes en sports-arts-études qui ne respectaient pas la notion de “bulle” ne pourront avoir accès à leurs activités de concentration. Cette nouvelle est tombée comme un choc dans le secteur culturel.

Il faut comprendre que les impacts sont immenses sur le milieu culturel. Les organismes artistiques qui accueillent ces élèves dans le cadre de leur formation tirent d’importants revenus avec ces programmes. Ils offrent à leurs enseignant.e.s des tâches plus importantes et cela représente une sécurité d’emploi, la possibilité pour un ou une artiste de vivre de son art dans notre région. Des organisations et des travailleur.se.s  précarisé.e.s par la pandémie se voient encore plus fragilisé.e.s par cette annonce en pleine rentrée scolaire.

Non seulement cela affecte-t-il les enfants et leurs familles, mais, pour notre secteur culturel, cela pose la question de sa relève, de la capacité de la région de maintenir l’intérêt des jeunes dans les domaines des arts, les élèves du secondaire à s’inscrire éventuellement dans les programmes artistiques dans les cégeps et ensuite à l’université. [Au1]

Le milieu culturel se réinvente constamment, c’est sa nature même, la créativité qui se déploie en réaction aux changements, à la vie, propose une analyse fine du quotidien ou de l’actualité et en résulte une réflexion introspective aux saveurs universelles. L’art est le miroir du monde. Ce monde doit être plus ouvert, solidaire et humain. Et nous ne pouvons passer outre le fait que, ce qui nous rend humain.e.s, ce sont justement la culture et les arts. Alors misons sur cette force immense que nous possédons toutes et tous au Saguenay-Lac-Saint-Jean et, profitons-en! –CULTURE SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN