Salle polyvalente de l’école primaire Sans-Frontières, à Saint-Jérôme. Architecture : BBBL Architectes / Bergeron Thouin Associés

Développement durable

Le futur verdoyant des écoles de demain

Le spectre du développement durable est très large en soi. De l’alimentation à la consommation de biens en passant par l’habitation, une prise de conscience sociétaire est en branle depuis plusieurs années quant aux richesses collectives que nous possédons, notamment au Québec. Marc-André Carignan, chroniqueur en développement urbain, s’intéresse à la corrélation entre le développement durable et une éducation prolifique, adaptée au monde d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs la réflexion qui émerge de son livre; LES ÉCOLES QU’IL NOUS FAUT.
Marc-André Carignan (2018), LES ÉCOLES QU’IL NOU FAUT, Édition MultiMondes.
École primaire de la Seigneurie, à Mascouche.

Marc-André Carignan en quelques mots 

Détenteur d’un baccalauréat en architecture à l’Université McGill, Marc-André Carignan se démarque sur la scène médiatique en tant que chroniqueur en développement urbain. Chaque semaine, il partage sa passion et son expertise sur plusieurs tribunes, dont Radio-Canada, afin d’aviver chez le citoyen, une conscience critique à l’égard du développement de son milieu de vie. Il est également chroniqueur en politique et affaires municipales aux émissions Le 15-18 et Gravel le Matin à la radio de Radio-Canada. Depuis août 2018, on retrouve sur les tablettes des librairies son livre intitulé LES ÉCOLES QU’IL NOUS FAUT, un ouvrage qui tente de paver la voie à des environnements d’apprentissage plus créatifs et stimulants pour les enfants et les professeurs des écoles publiques du Québec.  

Des lieux d’enseignement qui battent de l’aile 

Selon les dires du Conseil du bâtiment durable du Canada, le Québec compte plus de 3300 écoles publiques de niveaux primaire et secondaire, dont la majorité a été construite entre 1948 et 1973. Un premier cycle de vie architectural s’achève, alors que les écoles font face à de nombreux défis. Le passage du temps laisse en effet sa trace dans les établissements scolaires, sortis tout droit du passé. L’école, qui souvent représente une deuxième maison pour les élèves et les enseignants, se doit d’être un lieu attractif, adapté aux réalités actuelles en matière de pédagogie et en symbiose avec l’environnement qui nous entoure. «Avant même d’ouvrir un livre, l’élève doit avoir le goût de mettre le pied dans l’école (…) Il est donc plus que temps de se pencher sérieusement sur l’aménagement de nos écoles afin d’y faire émerger non seulement plus de beauté, mais davantage de flexibilité pédagogique, de luminosité.»  

Des édifices vivants et durables 

Pour y arriver, M. Carignan propose la création d’espaces vivants et durables: «Exhibons certaines parties des systèmes mécaniques et de la tuyauterie pour faire comprendre aux enfants où passent les eaux usées, leur montrer quelle est la quantité d’eau dépensée chaque jour avec l’intégration de compteurs, ainsi que le fonctionnement des appareils géothermiques qui permettent de chauffer leur classe. Ces «vitrines» serviraient de matériel éducatif pouvant mener à des changements de comportements à l’échelle de tout un quartier. On pourrait même lancer des défis entre communautés scolaires visant à réduire leur empreinte écologique respective.» 2  Il suggère également d’intégrer des jardins intérieurs et extérieurs pour ainsi favoriser le rapprochement avec la nature et purifier l’air ambiant. D’ailleurs depuis peu, le ministère de l’Éducation peut octroyer des budgets supplémentaires pouvant aller jusqu’à 15 % des coûts d’agrandissement ou de construction d’écoles. Ces sommes sont administrées pour encourager la réussite ou le développement durable. 

Un environnement stimulant 

L’environnement dans lequel évoluent les élèves peut avoir de nombreuses répercutions sur les performances et le niveau de concentration :«Selon les auteurs de The HEADProject, le paysage visuel offert à l’enfant à partir de son espace d’apprentissage tend à influencer ses progrès académiques. Les auteurs recommandent de favoriser des fenêtres donnant sur la nature, particulièrement en milieu urbain dense où l’activité extérieure peut devenir une constante distraction. Un espace vert — ne serait-ce qu’un petit jardin — favorise la concentration, tout en évitant une surstimulation de l’élève.» 3

Avec un projet comme le Lab-École, on voit poindre une lueur de changement à l’horizon. Cependant, comme dans tout changement majeur, il faut laisser le temps faire son œuvre pour permettre à certains projets d’aboutir et de s’encrer dans la collectivité. La modernisation des écoles fait partie des actions qui contribueront au développement durable, et donc, à la société de demain, plus verte et surtout, plus conscientisée.  


Marc-André Carignan (2018), LES ÉCOLES QU’IL NOU FAUT, Édition MultiMondes, p,21.

Idem, p.190.

Idem, p.50.