Des jeunes nous parlent

Si j'étais ministre...

Si on donnait aux étudiants en formation professionnelle (FP) le pouvoir de changer les choses dans la façon dont fonctionne le système scolaire actuel, quelles améliorations y apporteraient-ils ? Le temps d’un instant, les étudiants en Électricité du CFP Jonquière se sont mis dans la peau du ministre de l’Éducation.

«Si j’étais ministre de l’Éducation, j’augmenterais les subventions et les programmes pour encourager le retour aux études. Le gouvernement a tout intérêt à aider ceux qui veulent améliorer leur sort  en rendant la formation plus accessible. Une population mieux éduquée, avec plus de diplômés, a un impact considérable pour l’État. Les gens auront de meilleurs emplois, donc de meilleurs revenus, pour le gouvernement ce point n’est pas négligeable puisqu’au bout du compte il récupèrera une part de cet argent en impôt», lance d’entrée de jeu Jean-François Lanctôt-Tremblay.

Marc-Olivier Cloutier, abonde dans le même sens. «Il y a plusieurs étudiants qui doivent travailler tout en poursuivant leurs études. Puisque nous sommes une clientèle adulte, c’est très difficile, puisqu’on a des obligations financières, mais aussi familiales pour certains. Si le gouvernement appuyait davantage les gens qui retournent aux études, par exemple en facilitant l’accès aux prêts et bourses et au programme d’aide du CLE, ça ferait toute la différence», note le jeune homme.

«Le manque d’argent est un obstacle majeur, j’aimerais pouvoir le faire comprendre au ministre de l’Éducation. Aussi, si j’avais la chance de le rencontrer, je l’inviterais à vivre pendant une semaine la vie d’étudiant en formation professionnelle pour comprendre le système. Il y a un coût lié au choix de retourner à l’école. Le gouvernement doit être conscient que nous faisons d’énormes sacrifices pour avoir un avenir meilleur», croit Samuel Devin.

Est-ce parce que la clientèle est plus âgée ou parce que les étudiants rencontrés ont pour la majorité effectué un retour aux études, une chose est certaine, tous s’entendent pour dire que s’il y a une seule chose à faire comprendre au ministre de l’Éducation, c’est que la formation professionnelle a un coût, sur le plan financier, mais aussi au niveau social.

"Je suis un dérocheur qui a eu la chance de trouver un bon emploi malgré le fait que je n’avais pas de diplôme. Pendant 5 ans, j’ai travaillé comme échafaudeur et j’avais un excellent salaire. Mais je n’aimais pas vraiment le milieu dans lequel je travaillais et je savais que si je quittais cet emploi, j’aurais de la difficulté à me replacer avec d’aussi bonnes conditions. J’ai donc décidé de changer de carrière pour m’orienter vers un métier qui me plaisait vraiment et surtout, pour avoir des papiers qui reconnaissent mes compétences. Ce qui me motive actuellement, c’est le résultat au bout de tous les efforts investis en formation : le diplôme et l’emploi." - Marc-Olivier Cloutier

"J’ai choisi de faire un changement de carrière à 45 ans, au moment de prendre ma retraite des Forces armées canadiennes, après 25 ans de services comme technicien en armement. Je savais que mon métier dans les Forces offrait peu d’ouverture dans le milieu civil. Si je voulais continuer à travailler, je devais retourner à l’école. Le choix du programme en Électricité s’est fait naturellement, c’est le métier qui me passionnait lorsque j’étais jeune. Pour me permettre de compléter ma formation, tout en conservant un revenu financier adéquat, j’ai conservé mon emploi à la Base de Bagotville. Je travaille donc de jour et poursuit ma formation de soir." - Yves Simard

"J’ai une formation en électro industriel. Je travaille d’ailleurs  dans ce domaine le jour. Cependant, après plusieurs années de métiers, je voulais élargir mes horizons pour avoir de meilleures perspectives d’emploi. C’est pour ça que j’ai décidé de suivre la formation en Électricité. Je travaille donc de jour et je viens à l’école le soir pour  ajouter une corde à mon arc." - Hugues Bouchard