Sœur Marguerite-Marie, Gabrielle Roy, Caroline Desbiens et Catherine Dufour

Charlevoix accueille le monde

La place des femmes

Les 8 et 9 juin, l’attention se tournera vers Charlevoix à l’occasion du Sommet réunissant les chefs d’État des sept pays industrialisés formant le G7. Les quelque 30000 citoyens répartis dans les 13 municipalités de Charlevoix se préparent depuis des mois en vue de cet événement mondial. Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde les grands thèmes de ce sommet tel que vus et vécus par les Charlevoisiens.

Depuis longtemps, la voix des femmes trouve son écho dans les montagnes de Charlevoix. Artistes, artisanes, politiciennes, enseignantes, syndicalistes et femmes d’affaires puisent ici l’inspiration nécessaire pour continuer d’avancer. Hommage aux femmes-monuments de Charlevoix!

La série Le Temps d’une paix a longtemps contribué à promouvoir la beauté des paysages de Charlevoix. On y a aussi découvert la force de caractère d’une femme de tête qui, au début du 20e siècle, n’avait pas froid aux yeux. Sur les traces de Rose-Anna, et bien avant, plusieurs femmes de Charlevoix se sont illustrées et continuent de le faire aujourd’hui à leur manière, puisant leur inspiration entre mer et montagnes.

Agricultrices dans l’âme
Les Petites-Franciscaines-de-Marie s’installent à Baie-Saint-Paul en 1891 et commen­cent l’exploitation de la ferme Saint-Ambroise qui assurera durant de nombreuses décennies la sub­sistance des pensionnaires de l’Hospice Sainte-Anne et de leur communauté, soit près de 1000 personnes au plus fort de la production. Elles exploiteront à la fois un troupeau de vaches, une laiterie, une porcherie, un poulailler, un rucher et même une centrale électrique. «Ces femmes étaient non seulement des pionnières en soins de santé, c’était aussi des femmes d’affaires averties. Leur ferme était un modèle de rentabilité agricole», avance l’historien Serge Gauthier. «Dans les années 50, on confinait souvent les déficients intellectuels dans des asiles. Les Sœurs faisaient plutôt travailler au jardin les pensionnaires de l’Hospice. C’était leur façon de les valoriser.»

Sœur Marguerite-Marie (1891-1960)
La ferme Saint-Ambroise des Petites-Franciscaines-de-Marie

« Sœur Marguerite-Marie aurait demandé à l’architecte Bruno Chartier –au début des années 40– de construire une ferme «deux pieds plus grand» que la plus grande ferme de bois au Canada. »
Serge Gauthier