Aluminium

La transformation de l’aluminium au cœur du développement économique

Les entreprises spécialisées dans la transformation de l’aluminium de la région profitent d’un contexte favorable pour accroître leurs ventes et développer de nouveaux marchés.

«On sent une belle effervescence depuis l’an passé. Il y a des signaux favorables pour l’investissement et le développement de nouveaux projets. À la Société de la Vallée de l’aluminium, on l’a bien senti alors que nous avons réalisé 40 projets de développement. Et actuellement nous avons dix nouveaux projets qui viennent d’être déposés. Le climat est très positif», déclare la directrice de l’organisme Malika Cherry.

La Société de la Vallée de l’aluminium (SVA) qui accompagne les entreprises pour le développement de projets sent que les astres sont alignés pour que la région tire encore davantage profit de la transformation du métal gris.

L’annonce d’investissements par Rio Tinto et la mise en place de la Stratégie québécoise de développement de l’aluminium du gouvernement provincial viennent accentuer ce climat de confiance.

«Quand Rio Tinto annonce des investissements, il y a toujours des répercussions positives. Aussi, à la suite du sommet économique, la création du créneau d’excellence en aluminium a permis de développer notre industrie. Les effets se sont fait rapidement sentir. Nous disposons de beaucoup plus de ressources pour soutenir nos PME», souligne la directrice générale.

Malika Cherry, directrice Société de la Vallée de l’aluminium (SVA).

Le gouvernement veut positionner la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean comme l’un des pôles mondiaux de la transformation de l’aluminium en soutenant la croissance des entreprises existantes et en contribuant à l’implantation de nouvelles PME.
Pour y parvenir, plusieurs initiatives ont été mises en place dont un meilleur accès à du financement. Notons entre autres un fonds d’investissement en capital de risque de Desjardins-Innovatech doté d’une enveloppe de 5M$ sur 5 ans.

«Un exemple concret a été la mission que nous avons réalisée récemment en Islande et en Norvège. C’est grâce au financement par le biais d’Export-Québec qu’elle a été rendue possible. Cette mission a été très bénéfique pour les entreprises qui y ont participé. Sans cette aide financière, il aurait été difficile de l’organiser. L’implication du gouvernement nous aide énormément», précise-t-elle.

Malika Cherry souligne également l’importance de la concertation entre les entreprises. En créant des partenariats, les entreprises peuvent mieux assurer le développement des affaires. En voici un exemple : six équipementiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont effectué des démarches commerciales afin d’accroître les opportunités d’affaires dans les alumineries du golfe Persique. Par la suite, elles se sont regroupées afin de se doter d’un délégué commercial qui va les représenter sur place, promouvoir leurs services spécialisés, ainsi que cibler et déterminer les occasions d’affaires. Une initiative qui augmente les chances de succès, croit Malika Cherry.

Au chapitre du développement des affaires et de la commercialisation, des efforts sont encore à faire auprès des entreprises régionales. «C’est un aspect que nous souhaitons travailler. Nous voulons les accompagner. Il y a des opportunités que nos entreprises doivent saisir. Elles pourraient ainsi diversifier leur marché et accroître leurs ventes», souligne la directrice générale de la SVA.

Justement, avec la croissance constante de la demande pour l’aluminium les entreprises doivent s’adapter pour répondre aux besoins grandissants. «Cette hausse, on la constate dans plusieurs secteurs. Il n’y a pas un secteur en particulier qui est nécessairement plus fort que l’autre. Que ce soit dans le transport, la conductivité, les échangeurs thermiques ou dans la construction, l’aluminium est de plus en plus utilisé. Nos PME sont bien positionnées pour répondre à cette croissance», mentionne-t-elle.

Aussi le virage vers la nouvelle révolution industrielle nommée 4.0 devra être intégré par les équipementiers et les entreprises transformatrices. L’industrie 4.0 se caractérise par une automatisation intelligente et par une intégration de nouvelles technologies à la chaîne de valeur de l’entreprise. «Il y a des opportunités énormes dans ce domaine. Il y a beaucoup d’innovation à faire et nos entreprises qui vont intégrer cette transformation numérique vont avoir une longueur d’avance», estime Malika Cherry.

C’est donc au cours des prochaines années que la région verra si la filière de la transformation de l’aluminium saura saisir les opportunités qui s’offrent à elle.