Aluminium

AluQuébec: la bougie d’allumage de l’industrie de la transformation de l’aluminium au Québec

AluQuébec, la Grappe industrielle de l’aluminium du Québec, met en place une série d’initiatives afin de devenir le catalyseur de l’industrie de la transformation de l’aluminium dans la province. Son objectif? Rien de moins que doubler le chiffre d’affaires de la transformation d’aluminium.

Il faut mentionner que le secteur de l’aluminium connaît une croissance importante de 7 % par année depuis 2014. Et pour le secteur du transport, cette hausse est de 17 % par année. «C’est le secteur qui connaît la plus forte augmentation au Québec et AluQuébec déploie les efforts pour assurer que les PME puissent bénéficier des opportunités liées à cette croissance», affirme la présidente-directrice générale Marie Lapointe.

Cette ingénieure qui a travaillé pour Rio Tinto pendant 25 ans rappelle que les 1500 entreprises de transformation de l’aluminium du Québec donnent de l’emploi à 17 000 personnes. Leurs chiffres d’affaires pour l’exportation atteignent 6,7 milliards de dollars. «L’industrie de l’aluminium représente le 2e secteur d’exportation, après l’aérospatiale. L’impact pour l’activité économique du Québec est énorme. Le marché actuel est propice à atteindre notre objectif de doubler ce chiffre d’affaires et d’augmenter de 20 à 40 % les exportations pour les équipementiers et les fournisseurs spécialisés sur une période de 4 à 8 ans», expose-t-elle.

Ainsi, AluQuébec met en place une série de mesures pour aider les PME transformatrices œuvrant dans le domaine du transport, de la construction, de l’énergie et de la machinerie dans leurs activités de commercialisation, dans la recherche de financement, dans la formation et pour la recherche et le développement. «Il faut se positionner comme des leaders mondiaux dans le domaine de l’aluminium et notre planification stratégique vise cet objectif. Nous avons l’expertise au Québec et nous sommes la bougie d’allumage pour concrétiser des projets structurants», souligne Marie Lapointe.

Pour y arriver, AluQuébec a mis en place un «coffre à outils» pour les PME et les professionnels de l’industrie; le Centre d’expertise sur l’aluminium (CeAl). Le CeAl a pour mandat de diffuser les connaissances sur les normes et les alliages, de relayer les bonnes pratiques et d’offrir un soutien technique aux professionnels de l’industrie dans le but d’encourager l’utilisation de l’aluminium, particulièrement dans les secteurs du matériel de transport, des infrastructures et ouvrages d’art et du bâtiment et de la construction durable.

S’ajoutent à la palette d’aide aux entreprises le Réseau Trans-Al et le CQRDA. Ces deux organismes situés à Saguenay ont fait leurs preuves au cours des dernières années afin de développer l’industrie de l’aluminium.

2e et 3e transformation
AluQuébec travaille pour accroître la 2e et 3e transformation du métal gris dans la province. Elle sera un catalyseur pour favoriser la venue de nouvelles entreprises notamment pour combler certaines lacunes. «Nous travaillons pour l’implantation d’une grande presse à extrusion. On travaille donc à identifier au Québec des fournisseurs appelés à concevoir des sous-systèmes d’aluminium intégrés destinés à l’assemblage de véhicules de transport en commun, de camionnage, du ferroviaire et de l’industrie navale. Aussi nous voulons ramener des activités de laminage au Québec. Des études sont en cours en partenariat avec la Société de la Vallée de l’aluminium et Investissement Québec», mentionne la PDG.

Plus précisément la volonté de voir arriver un grand joueur dans l’assemblage s’inscrit dans le cadre du projet «Étude d’opportunité pour l’intégration / sous-assemblage de composantes d’aluminium pour le secteur de la conception de matériel de transport».

Pour ce qui est du laminage, il y a peu d’entreprises spécialisées dans le domaine au Québec. Le laminage vise à réduire l’épaisseur des lingots d’aluminium par compression du métal chaud entre deux cylindres, pour créer des feuilles ou des plaques, selon l’épaisseur et la dureté désirée.

Par ailleurs, pour maximiser le rayonnement des entreprises, AluQuébec désire les accompagner à développer de nouveaux marchés et de nouveaux produits. L’Asie et l’Europe présentent des opportunités intéressantes.

Plus d’aluminium et l’aluminium vert
Au cours des prochains mois, AluQuébec va déployer une stratégie pour inciter les entreprises à intégrer plus d’aluminium dans la fabrication de leurs produits. «Les avantages sont nombreux à utiliser l’aluminium pour alléger différentes pièces. Le domaine du transport offre d’ailleurs des possibilités immenses. De plus, on sent que l’aluminium vert a de plus en plus la cote auprès des entreprises. Nous sommes persuadés que ça va devenir un avantage concurrentiel dans le futur. Le secteur du transport est très en demande avec l’allègement des véhicules et la réduction des GES. L’aluminium est très prisé et le potentiel d’exportation est énorme. Les avantages sont aussi importants dans le domaine de la construction, de l’énergie et de la machinerie. Notre volonté est donc de faire la promotion des avantages à utiliser l’aluminium», signale madame Lapointe.

L’organisme a mis en place quatre chantiers d’affaires, soit Bâtiments et construction durable, Infrastructures et ouvrages d’art, Matériel de transport et Équipementiers et fournisseurs spécialisés. Il s’agit des segments de marchés les plus susceptibles d’utiliser l’aluminium.

Tournée québécoise
L’équipe d’AluQuébec a effectué une tournée dans la province pour discuter avec les acteurs du domaine de l’aluminium, notamment de l’accès au financement, l'un des enjeux prioritaires définis par les entreprises dans le cadre des réunions de chantiers. Cette tournée, visant à présenter les programmes d’aide financière gouvernementaux, a permis à AluQuébec de rejoindre 260 entreprises. Ce fut également l’occasion de parler de commercialisation à l’international et de l’importance de l’innovation pour demeurer compétitives. Plus encore, cette tournée a permis le maillage entre les entreprises. «Il s’agit d’un autre volet de notre mission; favoriser les partenariats afin de travailler en concertation. C’est dans cette optique que l’industrie sera plus forte et pourra rayonner encore davantage à travers le monde», indique-t-elle.

Créée en 2013, AluQuébec regroupe des producteurs, des transformateurs, des équipementiers et des fournisseurs spécialisés, ainsi que des centres de recherche, de développement et de formation autour de projets concrets et structurants, afin d’accroître la 2e, 3e et 4e transformation de l’aluminium.