Véronique Tougas

À votre tour!

Véronique Tougas: déployer sa vision

Quand Véronique Tougas devient actionnaire de contrôle du Groupe Cambli, une PME spécialisée dans la fabrication de véhicules tactiques et de camions blindés destinés au transport de valeurs, l’entreprise fondée par son père est sur le point de traverser une crise. Misant sur son leadership, la jeune dirigeante décide alors de déployer sa vision. En 2012, à la faveur d’un redressement, elle remet Cambli en selle.

Aujourd’hui présidente de la société, Véronique Tougas fait ses débuts comme commis comptable et gravit peu à peu les échelons. Avant d’in­tégrer définitivement l’entreprise familiale, en 2001, elle termine toutefois ses études, un souhait de son père qui a toujours valorisé la formation. Il y a huit ans, lorsque le chiffre d’affaires double, voilà que celui-ci songe à passer le flambeau. À l’aube de la cinquantaine, il sent son énergie moins présente. 

«La gestion ne lui inspirait plus le même élan. En 2012, j’ai donc acquis 51% des actions avec droit de vote, mais sans être propriétaire. Même si l’entreprise appartenait encore à mon père, j’étais décisionnaire. La négociation en vue du rachat de ses actions avec droit de participation s’est achevée il y a deux ans. La totalité d’entre elles m’est revenue, soit les 85% qu’il possédait, le reste allant à son partenaire d’affaires», résume Véronique Tougas.

En zone de turbulence
Cette période de l’histoire du Groupe Cambli ne sera cependant pas de tout repos. L’entreprise doit se réengager sur la voie de la croissance et Mme Tougas choisit de procéder à l’embauche d’un expert en redressement. «Le processus de transfert était aussi en cours et la façon de voir les choses propre à une génération est venue se heurter à l’approche d’une autre génération. Les plans de mon père étaient différents des miens», confie-t-elle.

Si la transaction connaît finalement une issue heureuse, l’entrepreneure de Saint-Jean-sur-Richelieu retient de 2015 et 2016 des années riches en émotions. «Maintenant, mon équipe et moi travaillons à une diversification liée aux compétences de base de Cambli, les véhicules spécialisés, et défrichons des marchés étrangers où des occasions d’expansion peuvent être saisies», conclut celle qui se fait ambassadrice du repreneuriat pour le CTEQ.

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
Il importe de clarifier la place de chacun au moment du transfert; le processus n’est pas que fiscal, il est surtout émotionnel. Il faut s’adjoindre une aide professionnelle pour créer le meilleur environnement possible et ne pas chercher à négocier soi-même.

Les bonnes pratiques 
Il y a plusieurs étapes à franchir et il vaut mieux s’y prendre dix ans d’avance pour assurer un transfert progressif, car les choses vont évoluer et les gens aussi. J’ai parfois dit à mon père: «Laisse-moi faire mes erreurs tandis que tu es encore là!» 

Un conseil 
Les ressources d’aide que l’on va chercher sont un investissement nécessaire à la fois pour préserver les relations familiales et pour la pérennité de l’entreprise. L’impact du transfert sur les employés ne doit pas non plus être sous-estimé.

À PROPOS DU CTEQ
Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

QUATRIÈME DE 11  • Prochain rendez-vous : le 27 novembre

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