La fragilité émotionnelle vécue par les couples en période prénatale est un des facteurs accentuant les risques de violence conjugale.

Violence conjugale: plus fréquente pendant une grossesse

Les professionnels de la santé du Saguenay—Lac-Saint-Jean portent une attention particulière à la violence conjugale vécue par les femmes en période prénatale. Ceux-ci observent une fréquence accrue de ces actes lors d’une grossesse.

Pierrick Pichette  Ce contenu est produit par les étudiants en ATM — Journalisme du Cégep de Jonquière

Par le biais de plusieurs appels ou rencontres, les femmes enceintes se font de plus en plus questionner à savoir si elles sont confrontées à l’une ou l’autre des différentes formes de violence de la part de leur conjoint.

Une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée l’an dernier démontre qu’en 2018, plus d’une femme sur dix vivant une grossesse aurait subi une ou plusieurs formes de violence conjugale pendant la période prénatale. Précisément, ce sont 10,9% des femmes qui ont rapporté avoir été victimes de violence.

De ce nombre, 9,1% ont subi de la violence verbale ou psychologique, 5% de la violence de contrôle, 3,7% de la violence physique, 1,3% de la violence financière et 1,2% de la violence sexuelle.

«Sans pouvoir affirmer que c’est la grossesse qui devient un déclencheur, on constate qu’elle représente un contexte où, souvent, on observe un premier épisode ou encore une aggravation des comportements violents déjà vécus. Comme sage-femme, on fait un dépistage systématique et on pose ce genre de question dès le début de la grossesse afin de s’assurer que les filets de sécurité sont en place», a raconté la responsable des sages-femmes à la Maison de naissance du Fjord-au-Lac, Elizabeth Tailly.

C’est le programme régional d’avis de grossesse qui permet au CLSC d’être à l’affût de la population de femmes enceintes au Saguenay—Lac-Saint-Jean et d’effectuer un suivi assidu de leur état. «Lorsqu’un épisode de violence est observé, on oriente rapidement la clientèle vers les centres de secours pour femmes ou autres ressources qui peuvent les aider à s’en sortir», souligne Mme Tailly.

Des victimes au profil semblable

La publication de l’Institut de la statistique du Québec démontre également que ce sont les femmes aux statuts socio-économiques les plus précaires qui sont confrontées à des cas de violence conjugale.

Ainsi, les femmes plus jeunes, sans emploi, sans diplôme, qui vivent dans une famille défavorisée ou qui vivent avec un faible soutien social sont les plus susceptibles d’être violentées par leur conjoint.