Le Village sur Glace ainsi que d’autres organismes pourraient vivre des problèmes dans le futur en raison de la rareté des bénévoles.

Village sur Glace : une transmission du savoir menacée

La pénurie de bénévoles pourrait bientôt poser problème au Village sur Glace de Roberval si des précautions ne sont pas prises pour transmettre le savoir des vétérans bénévoles, selon la directrice générale de l’organisation, Alexandra Gosselin.

Olivier Savard, Pascal Gaxet - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière

Le manque de relève est un problème connu, mais la transmission du savoir de ceux qui sont à l’origine du Village serait tout aussi «problématique», affirme Mme Gosselin. «C’est clair, il y a un problème potentiel de bénévoles pour le futur.» La majorité des connaissances pour l’installation et la mise en marche du village sont possédées par une minorité de bénévoles qui sont là «depuis le début», explique la directrice au téléphone.

«Sur 40 à 50 bénévoles, il y en a une quinzaine qui sont présents à temps plein et qui travaillent énormément pour le Village toute l’année. Ce sont des amoureux du Village sur Glace qui sont là depuis vraiment longtemps, et même avant les débuts pour certains. Ils ont beaucoup d’expérience et c’est une quinzaine de bénévoles qui possèdent toute l’expertise.» Cette concentration de connaissances est propice aux problèmes, selon elle. «Le besoin est criant s’ils ne sont plus là. Il y a d’autres bénévoles, mais ce ne sont pas eux qui sont nécessairement capables de monter le site.»

Un cas similaire a ainsi mis à l’épreuve la capacité d’adaptation de l’organisation. «Mon responsable en chef du site est décédé en décembre, et on s’est rendu compte qu’il n’avait pas délégué ses connaissances. Il y a fallu qu’on fournisse plus d’efforts», se rappelle Mme Gosselin.

Un avenir néanmoins prometteur pour le Village

Le problème étant reconnu, des démarches ont été entreprises pour y remédier ou du moins en diminuer la gravité, explique la directrice. «On a un peu de relève à chaque année, et de plus en plus, on essaie de répertorier les connaissances des vétérans et de faire des documents pour la succession qui prendra le rôle de la relève», rassure-elle.

Le futur du Village sur Glace en lui-même n’est pas non plus matière à inquiétude, selon Mme Gosselin. «Nous n’avons pas eu de problèmes de bénévoles pour cette saison; et le nombre de cabanes ainsi que de visiteurs a remonté dans les trois dernières années. Je pense que les nombres vont rester stables, et je crois même qu’ils vont augmenter dans les prochaines années.»

Un problème qui n’est pas isolé

Le problème de manque de bénévoles demeure cependant présent dans plusieurs organismes locaux, qui ressentent les effets bien malgré eux.

Les bénévoles sont une mine d'or pour les organismes communautaires. Ils préparent des repas pour les plus nécessiteux.

Ainsi, la Soupière d’Arvida avait fermé ses portes à cause d’un manque de bénévoles et des locaux en mauvais état, en août dernier. Cette situation pourrait guetter de nombreux établissements communautaires qui doivent anticiper de plus en plus leurs campagnes de recrutement.

La présidente de la Soupière de La Baie, Danielle Lemire, a débuté une collaboration avec des militaires de La Baie en 2019. «Une cohorte de militaires vient nous aider les lundis et vendredis, cela permet de soulager les équipes dans la préparation des repas. On espère renouveler cette collaboration.» Mme Lemire assure tout de même que les activités de la soupière ne sont pas en danger. Outre le bénévolat, elle ajoute que la grande guignolée des médias représente la source principale de financement de la Soupière de La Baie et rappelle l’importance de cette collecte de dons.

Le sous-sol de l'église Saint-Raphaël de Jonquière abrite la Soupière et ses 135 bénévoles.

Chicoutimi et Jonquière plus sereins

À la Soupière de Jonquière, les forces vives sont très nombreuses. «Il n’y a pas de problème de bénévoles, on a toujours quelqu’un pour remplacer car on a une grosse équipe de 135 personnes. On peut se permettre de faire de grand roulement de bénévoles, chaque équipe venant deux jours par mois. On croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de problème», explique la présidente de La Soupière de Jonquière, Raymonde Pedneault.

Le directeur général de la Soupe populaire de Chicoutimi précise qu’il a régulièrement de nouveaux bénévoles ce qui crée une certaine stabilité. «Cependant, c’est toujours plus difficile de rajeunir ces équipes. La grande majorité de nos bénévoles sont des retraités», ajoute-t-il.

Des manques, mais pas de pénurie

Au Centre d’intervention familiale Le Transit de Jonquière, on choisit d’anticiper les manques et les campagnes de recrutement se font plus tôt. «On a relancé notre programme de recrutement car il y a un besoin régulier de bénévoles. Il y a de la difficulté mais pas au point de mettre en péril l’activité ou notre contribution à la communauté. On remarque qu’il est plus difficile de garder longtemps les jeunes, ils ont leurs impératifs alors que nos bénévoles retraités vont être avec nous sur de longues durées», explique une intervenante.