La station d’autobus dans laquelle le couple aurait vécu de l’homophobie le 22 octobre dernier entre 19h40 et 19h45.

La Pige

Un couple victime d’homophobie dans un autobus de la STS ?

Jérome Gagnon- La présence d’enfants aurait incité une conductrice de la Société de transport du Saguenay (STS) à demander à un couple gai de cesser d’afficher son orientation sexuelle. C’est ce qu’ont révélé deux hommes qui auraient reçu les reproches de la chauffeuse, le 22 octobre, lors d’un trajet en soirée.

Ce contenu est produit par les étudiants d'ATM - Journaliste du Cégep de Jonquière

«Nous sommes montés dans le bus à l’arrêt près du Bureau du tourisme sur le boulevard Talbot et nous nous sommes installés sur deux sièges près de l’avant. Après une longue journée passée sur la route, j’étais fatigué. J’ai donc déposé ma tête sur l’épaule de mon chum et fermé les yeux pour me reposer», a expliqué l’un des membres du couple, Alexis Fantozzi.

Selon les deux hommes âgés dans la vingtaine, cette action aurait provoqué de l’insatisfaction chez la conductrice. Cette dernière aurait affirmé «qu’il ne fallait pas faire ça ici». Surpris par les propos de l’employée de la STS, Alexis Fantozzi s’est levé pour s’approcher d’elle afin de valider ce qu’il venait d’entendre. «Vous ne faites pas ça ici, ce n’est pas l’endroit. Il y a des enfants derrière vous.»

Offensé par le discours de la chauffeuse, il aurait haussé le ton en mentionnant que son action n’était en rien choquante, illégale ou interdite dans l’espace public. La femme au volant de l’autobus aurait maintenu sa position

L’homme est retourné s’asseoir à nouveau et a remis sa tête sur l’épaule de son amoureux. M. Fantozzi aurait constaté quelques instants plus tard qu’il n’y avait pas d’enfants.  

Les deux hommes n’ont toutefois pas l’intention de porter plainte au Service de police de Saguenay. Ils ne croient pas que la justice est nécessaire dans cette situation. Ils estiment que c’est l’éducation qui doit être privilégiée.

Un hasard ?

Alexis Fantozzi est un étudiant de l’UQAC depuis près de trois mois. Son copain Justin lui rendait visite lors de l’incident. «C’était la première fois que je vivais de l’homophobie ici. Habituellement, les gens me regardent avec insistance, mais ils n’osent rien dire », explique-t-il.

Selon le directeur général de l’Association lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (AGL-LGBT), Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gosselin, ce genre d’histoire est déplorable, mais arrive encore trop souvent aux membres de la communauté. Toutefois, il ne se passe pas plus d’évènements au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’ailleurs selon lui.

«Il y a certainement eu un changement de mentalité au fil des ans. Selon le ministère de la Justice, 89 % de la population québécoise serait maintenant ouverte à la diversité sexuelle et de genre, malgré cela le taux de suicide, d’isolement et de dépression ne diminue pas, mais stagne. Il y a encore du travail à faire», a signalé M. Gosselin.

Contre leur politique

La porte-parole de la Société de transport du Saguenay, Claudia Bolduc, a confirmé au Journal La Pige qu’un suivi sera effectué afin d’en savoir davantage. «C’est certain que ce n’est pas un comportement qu’on approuve ici à l’interne», a-t-elle ajouté.