Dès l’enfance, Renée Simard savait qu’elle voulait devenir thanatologue.

Renée Simard, la joie de vivre dans la mort

Parmi tous les domaines de travail étranges et insolites qui existent, celui du funéraire fait probablement partie des plus intrigants. Plusieurs personnes sont attirées par le thème du macabre, mais seulement une petite poignée d’entre eux décident d’y faire carrière. C’est le cas de la thanatologue baieriveraine Renée Simard, qui œuvre dans le domaine depuis plus de vingt ans.

Mikaël Leblanc - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM — Journalisme du Cégep de Jonquière

Lorsqu’on met les pieds dans les bureaux de la Coopérative funéraire du Fjord, on n’a aucunement l’impression que les gens qui y travaillent côtoient la mort à chaque heure du jour et de la nuit. Il y règne une ambiance chaleureuse et les visiteurs sont accueillis tout sourire par des employés fort sympathiques.

Même Mme Simard, qui travaille pourtant 12 jours par deux semaines, semble débordante d’énergie et de bonne humeur. Cette dernière a décidé de se diriger dans le domaine de l’embaumement après avoir travaillé environ sept ans comme inhalothérapeute. «Depuis l’âge de 12 ans je disais que je voulais devenir embaumeuse, raconte Mme Simard. J’ai toujours été curieuse, je voulais savoir comment les choses fonctionnaient. Quand j’avais un jouet, je le démontais pour voir comment il était fait à l’intérieur.»

Il faut savoir que le métier de thanatologue en est un très technique et scientifique. Les manipulations précises et les concepts chimiques font partie intégrante du travail. «Il faut toujours s’assurer qu’on utilise les bonnes techniques pour les bonnes personnes. Par exemple, pour quelqu’un qui est décédé à la suite d’une jaunisse, je ne peux pas utiliser les mêmes fluides que d’habitude, puisque ça va faire de l’oxydation et le défunt va devenir vert», explique Mme Simard.

Un métier pas toujours facile

Elle admet cependant que la tâche n’est pas toujours facile et qu’il y a des moments plus difficiles que d’autres. «Il y a des choses dans ma vie que j’aurais préféré ne pas voir, et je sais que je vais encore en voir d’autres, témoigne-t-elle. Devoir embaumer un enfant ou quelqu’un que je connais, avec qui je suis allé à l’école par exemple, c’est très difficile. Mais d’habitude, quand je commence à travailler et que je me concentre, ça va bien.»

Malgré tout, la thanatologue de 48 ans adore toujours autant son métier et ne regrette aucunement son changement de carrière. «Souvent, les gens pensent que c’est triste de travailler dans un salon funéraire, mais les gens de ce domaine, ce sont des gens de cœur, on se soutient entre nous. En plus, on est toujours là pour les personnes en deuil, pour les aider là-dedans. Quand ils viennent, on leur propose un café et on prend le temps de jaser avec eux. C’est un peu comme une grosse famille.»