Plusieurs individus choisissent de se tatouer pour se réapproprier leur corp ou leur identité.
Plusieurs individus choisissent de se tatouer pour se réapproprier leur corp ou leur identité.

Marquer sa peau pour marquer son histoire

Un trophée, une femme autochtone, un simple mot : ce sont tous des symboles que trois jeunes femmes se sont fait tatouer à la suite d’évènements éprouvants qui ont marqué leur vie. En tant que rite de passage ou étape de guérison, cette forme d’art existe depuis des millénaires du monde et persiste toujours à travers le temps.

Teresa Fortier - Ce contenu est produit par les étudiants d’ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière.

« Je me suis fait tatouer pour me rappeler que j’ai passé cette épreuve, mais aussi pour me rappeler que je suis tellement plus forte depuis ces jours-là », raconte Alice Lamontagne, une jeune femme qui s’est fait tatouer après avoir vécu un évènement qu’elle n’a pas voulu partager.

D’après l’artiste tatoueuse Anne Poudrier, les clients décident de passer sous l’aiguille, souvent sans le savoir, pour guérir des blessures.

« C’est comme peinturer des grottes pour l’homme de Neandertal, c’est laisser sa trace d’une façon artistique et ne pas être oublié à jamais », explique la tatoueuse.

D’après les trois jeunes femmes interviewées et Anne Poudrier, ce qui en ressort, c’est que cet art est comme une preuve d’appartenance à soi-même.

« C’est comme une déclaration d’avoir un tatouage et de dire « regarde c’est mon corps », (…) surtout dans notre monde où il est tellement un sujet de discussion », raconte la tatoueuse qui a commencé sa carrière à Saguenay.

Une étape de plus à un processus

Pour Arianne Desjardins, le dessin qu’elle prévoit se faire graver sur le corps relève d’une guérison spirituelle plutôt que physique. Arianne dépeint une femme entourée d’éléments du monde marin qu’une tatoueuse de guérison autochtone a créée, comme une réappropriation culturelle et identitaire.

La jeune femme aux racines autochtones raconte qu’elle n’a pas grandi dans un milieu où les valeurs de sa nation étaient prônées ou mises de l’avant. Ainsi, elle cherche à reconnecter avec ses particularités auxquelles elle s’identifie.

Pour y arriver, elle s’est impliquée dans un organisme autochtone, pratique l’art du perlage et prend des cours de wolastoquey, la langue de sa nation. Son prochain tatouage n’est qu’une étape de plus à une profonde guérison.

« S’il y a bien une chose sur laquelle j’ai le contrôle, c’est mon corps. Les gens me disent « tu n’as pas l’air autochtone », moi je sais ce que je suis. (…) C’est quelque chose que je ne peux pas perdre et qui va faire partie de mon entité physique, et mentale aussi. »

« Le corps est le premier canevas de l’humain »

La Saguenéenne Anne-Sophie Gagné s’est fait tatouer un petit mot qui veut dire beaucoup : « victoire ». Celle qui est sortie gagnante d’un combat de plusieurs années contre des troubles alimentaires raconte son histoire, qui est maintenant du passé, fièrement de l’autre côté de l’écran. « Je n’ai jamais été portée par les tatouages, mais je trouve ça tellement beau comme art parce que ça me permet de l’avoir sur moi pour toujours », raconte la jeune femme, tout sourire.

Alice Lamontagne s’est fait tatouer par Anne Poudrier en qui elle a une grande confiance.