Desjardins, une coopérative qui est très importante au Québec.

Les coopératives de plus en plus populaires dans la région

Les coopératives sont des alternatives de plus en plus populaires pour les entreprises rencontrant des difficultés financières. La proximité et l’inclusion sont ce qui surprend le plus les membres des nouvelles coops comme Le Quotidien et le marché BIZZ.

Myriam Tremblay - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière

Après la fermeture de l’épicerie BIZZ à Chicoutimi, des consommateurs, des employés et des producteurs se sont alliés pour créer la Coopérative de solidarité BIZZ. «Tous ces gens se sont mis ensemble parce qu’ils croient que d’avoir un tel marché d’alimentation, c’est un besoin en région», explique la chargée de projet pour la coopérative BIZZ, Anne Gilbert-Thévard.

La création de la coopérative a permis d’inclure tout le monde dans le projet. «Les gens s’étaient attachés à cette petite entreprise familiale et régionale. Ils peuvent maintenant en faire partie.» Elle ajoute que les membres ont l’impression de reprendre leur alimentation en main.

La coopérative de solidarité BIZZ cherche présentement un local au centre-ville de Chicoutimi. Tout le reste est prêt pour l’ouverture, prévue au printemps : argent, équipements et conseil d’administration.

Dans les derniers mois, la librairie Les Bouquinistes, située à Chicoutimi, a sondé sa clientèle sur un projet de coopération. La librairie n’a pas voulu commenter puisque la consultation est encore en cours.

L’union fait la force

Le Quotidien a aussi vu ses travailleurs s’allier pour transformer le journal en coopérative. «Il ne faut surtout pas voir le modèle coopératif comme un modèle pauvre. C’est une alternative qui mérite autant sa place que les autres», affirme Julien Renaud, journaliste et secrétaire de fondation de la coopérative du Quotidien.

Pour M. Renaud, il est motivant de s’impliquer pour prendre son avenir en main. «Les employés du journal sont enthousiastes par rapport aux changements qui s’annoncent. On voit la lumière au bout du tunnel.» Il pense aussi que le journal s’est rapproché de son lectorat.

Le Quotidien est encore en transition vers son nouveau modèle de coopérative. «C’est beaucoup de démarches administratives. Je dis qu’il nous reste encore un mois ou deux avant que tout soit en place», affirme Julien Renaud. Pour le moment, les règlements sont adoptés, le conseil d’administration est formé et des rencontres ont lieu régulièrement.

Quand les membres sauvent la coop

La coopérative de consommation de Petit-Saguenay est en mode solution ; un déficit d’un million de dollars dû aux investissements des années précédentes doit être comblé. Le maire de Petit-Saguenay, Philôme LaFrance, affirme que d’être une coop crée un sentiment d’appartenance chez la population. «C’est plus facile de mobiliser les citoyens. Ils ont besoin d’épicerie et du poste d’essence.» Le maire pense que des solutions seront apportées par les membres de la coopérative pour la préserver.

«Les gens s’étaient attachés à cette petite entreprise familiale et régionale. Ils peuvent maintenant en faire partie.» - Anne Gilbert-Thévard, chargée de projet chez BIZZ

Qu’est-ce qu’une coopérative?

Claudia Fortin - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière

Partie prenante de l’économie depuis bien longtemps, mais encore méconnu par une grande partie de la population, le modèle d’affaires coopératif est présent partout dans la province. Comment se différencie-t-il de toute autre formule d’entreprises et quels sont les avantages de l’adopter? 

Selon le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), on compte plus de 3 000 coopératives au Québec. Malgré la présence croissante des coopératives, une certaine incompréhension de ce modèle d’affaires persiste. «À la base, nous pouvons définir ce système comme un groupe de personnes qui se rassemblent pour financer un besoin commun», a expliqué la conseillère en développement coopératif de la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ), Hélène Boily.

Différente des autres modèles d’affaires

Ce qui dissocie grandement la coopérative des autres formules économiques, ce sont les valeurs promues dans le modèle. «Il y a plus de transparence dans les décisions et souvent le développement durable est davantage mis de l’avant», a expliqué la directrice des communications et affaires publiques du CQCM, Marie-Josée Paquette. La coopération, la solidarité ainsi que l’implication de la communauté sont des aspects prioritaires. «Tout le monde peut travailler ensemble et c’est plus facile se séparer les tâches», a mentionné Mme Boily.

À l’inverse, une entreprise privée a pour but premier de rapporter des bénéfices à ses actionnaires. L’entreprise appartient à un petit nombre d’individus.

Selon un sondage Léger de février 2017 intitulé «Les milléniaux québécois et les valeurs coopératives», 61% des milléniaux seraient intéressés à travailler dans une coopérative. Cette statistique s’explique grâce aux valeurs prônées par le modèle d’affaires coopératif qui se collent beaucoup à la pensée de cette génération.

«Malgré cela, les coopératives demeurent très méconnues chez les jeunes. Souvent, on n’enseigne pas ce modèle dans les cours d'administration à l’école même si c’est un modèle qui est très intéressant pour stimuler l’économie», a ajouté Mme Paquette.

Transition vers la coopérative

Ce qui est intéressant avec le système de coopérative, c’est qu’il peut donner un second souffle aux autres formules qui n’ont pas nécessairement fonctionné dans d’autres contextes économiques. On voit fréquemment des transitions d’entreprises d’un modèle d’actionnariat à une formule de coopérative. Dans la région, on peut penser au journal Le Quotidien qui a choisi cette solution afin d’assurer la pérennité de sa compagnie. «C’est un secteur d’activités qui ne cesse de croître et d’évoluer. On peut simplement penser à Desjardins, l’entreprise n’a cessé de grandir. C’est prouvé, la durabilité dans un système corporatif est deux fois plus grande que dans les autres types d’entreprises», a mentionné Mme Paquette.

Par contre, comme l’a expliqué Hélène Boily, il ne faut pas voir les coopératives comme une solution «baguette magique». Il faut que le contexte soit favorable à la création ou l’instauration d’une coopérative.