Claude Poirier œuvre dans le domaine judiciaire depuis plus de 60 ans.
Claude Poirier œuvre dans le domaine judiciaire depuis plus de 60 ans.

Justice: des investissements nécessaires

La première étape pour éviter des dérapages dans le système judiciaire, c’est d’augmenter les fonds destinés au ministère de la Justice et à la sécurité publique. C’est du moins l’avis du chroniqueur judiciaire, Claude Poirier. «Commencez par ça et vous verrez les résultats.»

Michaël Fréchette – Ce contenu est produit par les étudiants en ATM —Journalisme du Cégep de Jonquière

Plusieurs cas récemment mis en évidence dans les médias ont soulevé l’indignation de la population québécoise. Pour n’en nommer que quelques-uns, notons celui de la Jonquiéroise Marylène Lévesque qui a été assassinée par le récidiviste Eustachio Gallese, un homme qui était reconnu à hauts risques pour la population. Il est également difficile de passer sous silence l’histoire d’Anthony Seyer, qui a été défiguré en décembre dernier en voulant protéger sa petite sœur. Cette histoire a fait couler beaucoup d’encre puisque son agresseur allégué ne sera pas accusé.

«Tant et aussi longtemps que les tribunaux ne seront pas assez sévères sur des crimes gratuits, des crimes épouvantables, on va continuer de vivre ce qu’on vit au Québec», a soutenu avec aplomb M. Poirier.

«Je me souviens, il y a plusieurs années, il y avait beaucoup d’enlèvements d’employés de banque. Un bon matin, la ministre de la Justice au provincial avait dit: à partir de maintenant, il n’y aura plus de négociations entre la Couronne et la défense et les sentences seront très sévères et c’est ce qu’ils ont fait. Les cas d’enlèvements avaient diminué de 70%», a renchéri le négociateur.

Selon M. Poirier, un des problèmes majeurs est en lien avec la non-application des lois. «Je ne vois pas le sens quand tu dis que la Couronne et la défense s’entendent pour retirer les accusations les plus graves afin que l’accusé plaide coupable. En fin de compte, ce sont les proches de la victime qui payent la note.»

Claude Poirier ajoute que ce ne sont pas seulement les sentences qui font défaut. «Dans le dossier de Marylène Lévesque, il y a eu un problème en ce qui a trait aux libérations conditionnelles, ce n’est pas normal que ce gars-là avait la possibilité d’avoir de telles relations considérant son dossier à risques. Si les responsabilités avaient été prises, on aurait pu éviter le meurtre de cette jeune fille.»