Selon le recruteur des Capitals de Washington, Martin Pouliot, il est intéressant d’évaluer un joueur lorsqu’il a atteint le niveau midget ou le junior majeur.

Joueurs pee-wee sous les projecteurs : une pression inutile

Les jeunes hockeyeurs d’âge pee-wee sont de plus en plus sous les projecteurs, mais cette pression pourrait bien nuire davantage qu’aider. «À l’âge pee-wee, les joueurs sont loin d’avoir terminé leur développement. Le vrai test est la catégorie midget et le junior majeur», explique le recruteur des Capitals de Washington, Martin Pouliot.

Samuel Morin - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM — Journalisme du Cégep de Jonquière

 Il y a trois semaines, Le Journal de Québec a publié son palmarès annuel des 20 meilleurs joueurs pee-wee du Québec. La publication de ce classement a fait réagir la planète hockey. «Je ne pense pas qu’il y a des recruteurs professionnels qui se basent là-dessus. Certains jeunes vont dominer pee-wee, car ils sont plus grands que la moyenne. Par contre, ils vont se faire rattraper par les autres joueurs plus tard», mentionne Martin Pouliot.

 Selon le dépisteur des Wildcats de Moncton dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Alexandre Gauthier, les parents ont un grand rôle à jouer dans la gestion de la pression. «Si le parent reste terre à terre et qu’il explique à son enfant qu’il doit encore travailler très fort pour pouvoir rester parmi les meilleurs, tout va bien aller. Par contre, si le père voit son enfant comme une vedette, ça peut devenir négatif pour le jeune.»

Selon l’ancien choix de septième ronde des Oilers d’Edmonton et gardien de but Keven Bouchard, être sous les projecteurs et avoir de la pression très jeune n’est pas une mauvaise chose. «Tout dépend de l’attitude du joueur. De mon côté, je l’ai toujours vu d’une façon positive pour mieux performer. Autrement, si le jeune le perçoit négativement ce sera plus difficile.»

Alexandre Gauthier n’est pas contre l’idée d’un classement des 20 meilleurs pee-wee. Selon lui, c’est la façon dont le concept est vendu qui fait défaut. « Si le journal faisait un article pour montrer aux gens quel joueur est intéressant à regarder durant le tournoi ce serait parfait. Par contre, ils font un classement qui répertorie les jeunes comme des espoirs de la LNH. Il faut se rappeler qu’ils ont dix ou onze ans et qu’ils sont en développement », lance M. Gauthier.

En 2019, Le Journal de Québec avait expliqué, dans le cadre de son classement des 20 meilleurs pee-wee du Québec, qu’en aucun cas le palmarès n’était une projection pour l’avenir. Il y était mentionné, pour démontrer le tout, qu’Alexis Lafrenière n’était pas parvenu à percer le «top 20» lors de son année pee-wee. Lafrenière est pressenti pour être le premier choix au total du prochain repêchage de la LNH.

Keven Bouchard, Martin Pouliot et Alexandre Gauthier sont tous du même avis. L’avenir d’un joueur de hockey ne peut pas être établi au niveau pee-wee. Selon les trois hommes, il faut attendre quelques années avant de mettre ces joueurs sous les projecteurs pour les laisser se développer.