Jean-Philippe Nadeau et Simon Boudreau s’affrontent amicalement au MOFO.
Jean-Philippe Nadeau et Simon Boudreau s’affrontent amicalement au MOFO.

Jouer les gros bras

Les deux adversaires se serrent la main comme il se doit. L’arbitre de renommée y va de ses dernières recommandations. Prêt? Go! Dans un délai d’une minute environ, le nouveau gagnant de ce duel de bras de fer sera établi et pourra passer à la ronde suivante.

Mariane Guay - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM — Journalisme du Cégep de Jonquière

Voici à quoi ressemble une compétition de tir au poignet. Chaque mouvement est calculé de façon à tromper son adversaire et l’amener vers la zone de défaite. Le tireur de la région Jean-Philippe Nadeau révèle qu’il y a plusieurs règlements entourant une partie. «L’une des premières règles, c’est le civisme. Nous devons serrer la main de notre compétiteur avant et après la partie. Aussi, quand le coude sort du “pad” (coussin posé sur la table de tir), c’est une faute et s’il sort deux fois, la partie est terminée.»

Jean-Philippe Nadeau s’entraîne de trois à quatre fois par semaine à la salle de gym MOFO à Jonquière afin d’assurer sa préparation pour les différents événements qui se déroulent dans la région. À l’intérieur du gym «pas comme les autres», on retrouve une table de tir, des hommes forts ainsi qu’un chien qui se promène. Appuyé sur ladite table, Jean-Philippe pointe les nombreux muscles importants à travailler pour être un meilleur tireur. «L’entraînement tourne autour des mains, des poignets, des avant-bras, des biceps, des triceps et du dos», démontre-t-il.

Il conseille de pratiquer les exercices nécessaires, du bras droit et du bras gauche, car advenant une blessure en compétition, il est possible de participer de l’autre bras. Toutefois, il confirme que certains tireurs ne pratiquent que d’un bras.

Jean-Philippe a été initié à la discipline l’année dernière alors que l’idée le «travaillait» depuis un petit moment. «Nous avions une table lorsque j’étais au secondaire. Puis il y a eu un arrêt, l’engouement est parti et le sport était moins populaire un peu, mais j’ai découvert le club l’année passé et ça a commencé là.»

Le bras de fer plus populaire

Cette discipline plus ou moins connue voit sa popularité monter en flèche depuis quelques années au Québec. Le scénario n’a rien de différent ici, au Saguenay— Lac-Saint-Jean, où se déplacent une quarantaine de tireurs chaque année afin de participer à une compétition organisée par le coordonnateur aux loisirs de Saint-Nazaire, Jean-Philip Fortin. C’est lui-même qui s’occupe de l’événement depuis ses tout débuts, il y a trois ans, et il confirme le nouvel engouement pour ce sport. «Depuis que j’ai commencé cette compétition, il y a un groupe Facebook qui s’est créé et ce sont des adeptes de bras de fer qui se rencontrent et s’entraînent ensemble.»

Jean-Philip Fortin collabore avec un organisateur de tournoi basé à Québec. Son rôle est de lui procurer une table officielle de tir au poignet ainsi qu’un arbitre expérimenté. Depuis la première édition du tournoi au Lac-Saint-Jean, l’arbitre est le champion nord-américain de Arm Melter, Christian Gilbert.

Pour l’édition 2020 qui se déroulera le 7 mars, l’organisateur prévoit encore plus d’inscriptions. «Cette année, il est possible de s’inscrire de différentes manières notamment sur Facebook, mais j’ai également ajouté un site web où je compile les inscriptions.» À son bonheur, il dénombre déjà plusieurs tireurs provenant de l’extérieur de la région. «J’ai des personnes qui viennent de Thetford Mines, de Sherbrooke et de la Beauce, même de la Côte-Nord.»

Après trois ans dans l’organisation, Jean-Philip Fortin connaît un peu mieux ce qui l’attend. Il a d’ailleurs ajouté de nouvelles classifications pour cette édition 2020. Son tournoi sera divisé en trois catégories distinctes soit le volet compétition, où les tireurs ont au moins trois ans d’expérience, le volet amateur, avec des tireurs ayant moins de deux ans d’expérience, et la catégorie classe ouverte pour les femmes. Bien sûr, les droitiers et les gauchers sont dans des catégories distinctes. De plus, c’est unanime, tout le monde peut participer aux compétitions.

Enfin, s’il y a des intéressés à découvrir ce sport, Jean-Philippe Nadeau est prêt à donner des formations au gym «pas comme les autres»!