Les Gratuivores ne sont plus autorisés à récolter des aliments à même les conteneurs de poubelles et à les redistribuer, puisqu’ils demandent une contribution volontaire.
Les Gratuivores ne sont plus autorisés à récolter des aliments à même les conteneurs de poubelles et à les redistribuer, puisqu’ils demandent une contribution volontaire.

Gratuivores Saguenay : interdit de fouiller dans les poubelles

L’organisme Gratuivores Saguenay a dû cesser de pratiquer le déchétarisme, ou «dumpster diving», à la suite d’une interdiction du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Toutefois, l’organisme persiste à récolter les denrées expirées des épiceries volontaires.

Charlotte Côté-Hamel - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière

«Ils veulent nous empêcher de poursuivre nos opérations, mais on continue de prendre ce que les chaines d’alimentation veulent nous donner. J’ai peur que notre achalandage baisse. C’était avec le "dumpster diving" qu’on réussissait à amasser le plus gros de nos aliments», a lancé le fondateur de Gratuivores Saguenay, Charles-Olivier Bolduc.

L’organisme est installé au 371 rue du Havre à Chicoutimi. Les Gratuivores récupèrent les aliments jetés par les épiceries qui veulent volontairement les donner, tel que le Marché Centre-Ville. Plus d’une quinzaine de personnes se déplaceraient par semaine au local des Gratuivores pour s’approvisionner en fruits et légumes. En échange, une contribution volontaire est proposée. Avant l’interdiction, ils complétaient leur récolte avec ce qu’ils trouvaient dans les poubelles.

Cette interdiction provient de la contribution volontaire demandée par l’organisme. «En fait, ils ne devraient pas demander une contribution, parce que ça devient une forme de vente et dans ce cas-là, ça prendrait un permis de vente en gros», a affirmé le relationniste du MAPAQ, Yohann Boily.

Selon le MAPAQ, les Gratuivores devraient se munir d’un permis afin de pouvoir vendre des produits alimentaires à une clientèle. «S’il ne prend pas un permis, on ne peut pas l’inspecter. On ne peut pas faire les vérifications nécessaires à savoir si ce qu’il offre est sain ou pas», a précisé M. Boily.

Aucune obligation

Pour le fondateur des Gratuivores, Charles-Olivier Bolduc, son organisme n’est pas un point de vente. «Je ne vends rien, j’offre des aliments qui auraient été jetés de toute façon. Je ne demande qu’une contribution volontaire et le ¾ des gens ne donnent rien bien souvent», a-t-il contesté. 

L’argent servirait à aider de payer le local, mais ce ne n’est pas une obligation d’en donner, selon une adepte du déchétarisme et cliente des Gratuivores, Anne Poudrier.

Pour le MAPAQ, ce serait de la vente, puisque de l’argent est impliqué. «Si les produits étaient donnés sans contribution, ça serait alors aux risques et périls de chaque personne de consommer un produit même si on ne saurait pas nécessairement d’où il provient. Présentement, on demande de l’argent sur base volontaire et on offre des produits qui peuvent potentiellement mettre la santé en danger», a mentionné le relationniste du MAPAQ, Yohann Boily.

En un an, jusqu’à 75 tonnes d’aliments jetés ont été ramassés par Gratuivores en effectuant du «dumpster diving».  «On pouvait remplir jusqu’à 10 grosses glacières d’aliments encore consommables à chaque fois. Les personnes que j’ai amenées pour la première fois voir nos récoltes trouvaient cela hallucinant de ramasser tout ça dans les poubelles», a souligné Charles-Olivier Bolduc.