Contenu commandité
Élections municipales 2021 - Candidates recherchées
La Pige
Élections municipales 2021 - Candidates recherchées
L’année 2021 sera marquée par la tenue des élections municipales au Québec. Afin de viser la parité dans les conseils municipaux, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé la campagne d’Elles à Élues. D’autres voix s’élèvent pour convaincre les femmes de briguer les suffrages, dont les mairesses et conseillères en poste qui invitent les femmes à suivre leur exemple, et ce, malgré les difficultés.
Partager
Quand les femmes s’invitent au « boys club »

La Pige

Quand les femmes s’invitent au « boys club »

Article réservé aux abonnés
La politique municipale n’est pas épargnée par le double standard homme-femme et le « boys club ». Les mairesses de Saguenay et de Saint-David-de-Falardeau, Josée Néron et Catherine Morissette, avouent avoir fait face à ces obstacles.

Kenza Chafik - Ce contenu est produit par les étudiants d’ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière

La députée libérale Isabelle Melançon a récemment accusé François Legault de diriger un gouvernement de « boys club » et de « mon’oncles » en expliquant que certains de ses ministres hommes ont eu droit à des traitements de faveur. Selon elle, jamais des femmes n’auraient pu avoir accès à ces privilèges.

Dans la région, Josée Néron avoue avoir été aux prises avec ce « club de garçons » avant son premier mandat en tant que première mairesse de la Ville de Saguenay.

« J’ai vécu le “boys club” pendant l’ancienne gouvernance. » Des commentaires désobligeants à l’égard de son sexe, elle en a eu plusieurs. « On m’a déjà dit que je serais plus utile dans ma cuisine. »

Deux poids, deux mesures 

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, affirme que le double standard est très présent autant dans le quotidien que dans la sphère politique. « Une femme qui est déterminée, on la considère hystérique, mais un homme qui l’est, on dira de lui qu’il est passionné », donne-t-elle à titre d’exemple.

Josée Néron se dit elle aussi victime d’un traitement différent en raison de son sexe. Comme Catherine Morissette, elle avoue avoir entendu plusieurs commentaires qui félicitent l’homme, mais qui dégradent la femme. Elle ajoute aussi que parfois, les femmes dans le monde politique ne se font pas poser les mêmes questions qu’on pourrait poser à un homme. « On se fera occasionnellement questionner sur des éléments qui portent sur notre sexe alors qu’on est tout aussi capables que les hommes de discuter d’économie ou de gouvernance. On a la capacité de couvrir tous les domaines. »

Mme Morissette souligne le fait qu’une des meilleures manières de lutter contre les doubles standards et la condescendance envers les femmes, est de ne pas avoir peur de mettre son poing sur la table et d’ouvertement partager son désaccord. Ne pas avoir peur de dire non, est un de ses nombreux conseils.

Pour la mairesse de Saint-David-de-Falardeau, il est d’abord question de capacités. « On ne devrait pas se baser sur les sexes, mais plutôt sur les compétences et le potentiel qu’une personne a à offrir », explique-t-elle en ajoutant que la parité dans les instances décisionnelles ne devrait pas tout guider.

Les femmes encore réticentes

Il est prouvé que la femme a, encore aujourd’hui, plus de responsabilités familiales que l’homme. La pandémie n’a fait qu’accentuer leur charge mentale En politique, Josée Néron admet que le travail gruge beaucoup de temps. Un élément important, selon elle, est le support familial. « La première chose à savoir avant de se lancer en politique, c’est de s’assurer que notre famille nous supportera, peu importe », avise-t-elle. Cependant, elle estime que les femmes devraient tout de même persévérer et se lancer.

Catherine Morissette va également dans ce sens en invitant les femmes à tenter leur chance. « Il faut le faire, il faut au moins l’essayer puisqu’on se découvre de nouvelles capacités. Les femmes ont du gros bon sens et il en faut en politique.»

Lutter contre la culture machiste

La Pige

Lutter contre la culture machiste

Article réservé aux abonnés
Dans une structure faite par les hommes pour les hommes, les femmes peinent à trouver leur place en politique municipale. Si elles franchissent de plus en plus le pas, ce n’est pourtant pas assez pour avoir une parité entre les deux sexes.

Solveig Beaupuy - Ce contenu a été produit par les étudiants d’ATM – Journalisme Cégep de Jonquière.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est le mauvais élève du Québec et se retrouve en queue de peloton concernant la parité hommes/femmes, avec seulement 32 % de conseillères et 13 % de mairesses. « On recherche la zone paritaire, explique la chargée de projet pour Récif 02, Gisèle Dallaire. On vise les 40 % de conseillères. Ça donne de meilleurs groupes de discussion. » La tendance veut que si un groupe minoritaire avance une idée, elle a peu de chances d’être retenue par l’ensemble du conseil, selon Gisèle Dallaire.

Récif 02 est une table de concertation des groupes de femmes au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui défend les droits de la femme dans toutes les sphères de la société. Des discussions avec des actrices politiques actives ou non sont organisées pour les encourager et les soutenir dans leurs ambitions.

Un traitement plus dur

Les femmes ont la vie dure en politique. La consultante en développement territorial et féministe depuis plusieurs années, Isabel Brochu, parle d’ailleurs d’une culture machiste. Il y a beaucoup de préjugés sur le sexe féminin en politique selon elle. « On entend souvent que les femmes sont trop sensibles, émotives ou manquent de jugement », développe Isabel Brochu. À cela Giselle Dallaire répond qu’« il y a toutes sortes de femmes, il y en a des dures, des conservatrices, des libérales… »

Parmi les idées reçues, le manque d’efficacité de la gent féminine revient souvent sur le devant de la scène. « Comme elles peuvent prendre plus de temps pour traiter les dossiers, on estime qu’elles sont incapables de prendre des décisions et qu’elles manquent de leadership », déplore Isabel Brochu.

Giselle Dallaire rejoint sa comparse féministe. « Les femmes ne sont pas jugées sur les mêmes bases. On va dire qu’une femme est hystérique et un homme décisionnel par exemple. Les femmes sont beaucoup plus observées [que les hommes] ». Elles vont être jugées sur leur physique, leur apparence, leurs décisions… « Josée Néron s’est plusieurs fois fait dire qu’il “faut être faite forte, que la politique c’est comme ça ” par l’ancien maire Jean Tremblay », rapporte Isabel Brochu.

« Mais ce n’est pas parce qu’il y a plus de femme qu’il va y avoir plus de solidarité, avertit la fervente féministe. Les femmes n’ont pas plus d’éthique, mais elles vont avoir une approche plus respectueuse, plus sensible, parce qu’elles ont aussi vécu des discriminations. »

On constate que les femmes osent davantage faire le saut pour un poste de conseillère que pour celui à la mairie. Mais les hommes restent toutefois majoritaires.

Une charge mentale plus présente

Réalité bien ancrée dans la société, la charge mentale peut toucher autant les hommes que les femmes. Toutefois les statistiques démontrent que c’est la gent féminine qui est la plus concernée. Selon l’Institut statistique du Québec, en 2015, les femmes consacraient en moyenne trois heures et 46 minutes par jour aux activités domestiques. En revanche, les hommes s’y emploieraient pendant deux heures et 38 minutes. Mis bout à bout, cela représente presque une journée de travail supplémentaire pour les femmes, non rémunérée.

La famille a une place importante dans la vie d’une femme. « Les femmes hésitent beaucoup parce qu’elles ne veulent pas que leur famille subisse ça », déplore la chargée de projet pour Récif 02. « D’autres part, beaucoup osent mais au conseil municipal, il y a un manque d’écoute concernant la charge des mandats et de la vie de famille. »

Giselle Dallaire et Isabel Brochu espèrent que les femmes seront plus nombreuses à briguer les suffrages en novembre 2021. Aussi, invitent-elles les futures candidates à « suivre des formations, à partager et discuter avec d’autres femmes en politique, et évaluer pourquoi elles veulent faire de la politique avant de se lancer. »

Mesdames, prenez-place

La Pige

Mesdames, prenez-place

Article réservé aux abonnés
(CHRONIQUE). À moins d’un an des élections municipales, L’Union des municipalités du Québec a lancé la campagne « D’Elles à Élues » qui a pour objectif d’atteindre des conseils municipaux paritaires. Un objectif louable, mais est-ce réaliste d’espérer que plus de femme briguent les suffrages alors qu’elles sont les plus touchées par la pandémie?

Ophélie Bonenfant - Ce contenu est produit par les étudiants d’ATM –Journalisme du Cégep de Jonquière.

Si les femmes représentent 50 % de la population du Québec, elles n’occupent actuellement que 34 % des postes de conseillères municipales et 18 % des postes de mairesses. D’une élection à l’autre, le nombre de femmes présentes sur la scène politique municipale augmente d’environ 2 %. À ce rythme, il faudra encore 60 ans pour que 50 % des villes aient une représentante féminine à leur mairie.

Mais cette augmentation risque d’être freinée aux élections municipales de 2021 compte tenu des impacts de la pandémie qui sont disproportionnés sur les femmes. Selon l’Observatoire québécois des inégalités, les femmes seraient plus nombreuses à avoir perdu leur emploi, vivraient plus d’inquiétudes financières et subiraient davantage de détresse psychologique que les hommes en raison de la COVID-19. D’ailleurs, depuis le mois de mars, plusieurs femmes ont dû quitter leur emploi pour pouvoir s’occuper de leurs enfants.

De plus, la charge mentale, déjà lourde pour les femmes, est accentuée. La charge mentale, c’est tout le travail de gestion, d’organisation et de planification qui touche plus particulièrement les mères de famille. La prise de rendez-vous médicaux, les anniversaires, les listes d’épicerie, les horaires de douches et de devoirs; toutes ces tâches invisibles que font les mamans sont souvent sous-estimées.

En temps de pandémie, il faut ajouter à cette liste, déjà exhaustive, une tonne de tâches : l’école à la maison, le lavage des mains, le télétravail et la liste est encore longue.

Malgré toutes les difficultés auxquelles sont confrontées ces femmes, souhaitons qu’elles soient nombreuses à se présenter aux élections municipales prochaines si ce n’est que pour apporter une vision différente et pour défendre les intérêts des femmes lors de prises de décisions.

Certains hommes sont même disposés à leur laisser leur place, dont le conseiller de l’arrondissement de La Baie, Éric Simard. « Je suis certain que s’il y avait plus de femmes, la ville se porterait mieux », a-t-il déclaré au journal Le Quotidien. Difficile de le contredire, alors place aux femmes!