Les cliniques de dons de sperme connaissent une forte demande actuellement.
Les cliniques de dons de sperme connaissent une forte demande actuellement.

Dons de sperme : la COVID-19 complique la vie des couples en attente

La pandémie a entraîné des difficultés chez certains couples en attente d’un don de sperme. En se pliant aux règlements de la santé publique, l’accès aux donneurs est devenu un vrai casse-tête.

Frédérique Lefebvre - Ce contenu est produit par les étudiants en ATM – Journalisme du Cégep de Jonquière.

« En plus de la pandémie, durant trois mois les essais en clinique ont été arrêtés. En juin, j’ai eu la chance de faire mon troisième essai et il a fonctionné cette fois-ci, raconte Marie-Ève Gélinas. Cependant, ma conjointe n’était pas toujours autorisée à venir aux rendez-vous, et ce, même pour les suivis de grossesse, ce qui rendait les choses plus difficiles. »

Comme il est illégal au Canada de rémunérer les donneurs de sperme pour leur contribution, les banques de sperme s’approvisionnent également aux États-Unis. Toutefois, la pandémie a occasionné une certaine pénurie de donneurs.  Pour quelques couples le processus est devenu compliqué.

« On avait essayé nous-mêmes durant la pandémie de se faire livrer l’échantillon quand les cliniques ont fermé, mais ce n’était pas possible car ça se fait seulement en Ontario. Ça doit absolument passer en clinique, donc j’ai essayé de trouver un donneur québécois sur Facebook », Mme Gélinas.

En clinique une batterie de tests est demandée aux donneurs, tandis que pour le don artisanal, les familles prennent l’ampleur de la tâche à leurs risques et périls. Ci-haut figurent Marie-Ève Gélinas et sa femme.

Internet à la rescousse

À bout de ressources, ce n’est pas l’unique couple qui a décidé d’explorer la possibilité de dénicher un donneur autrement que par les canaux officiels.

Justine Deschênes Lauzon et sa femme ont opté pour le don artisanal et ont trouvé leur donneur sur le Web. « J’ai choisi le don artisanal, parce que monétairement c’est moins coûteux et que c’est plus naturel. Il faut se l’avouer, même si ce n’était pas en clinique avec le couvre-feu c’était difficile de voir le donneur. Mon ovulation était toujours en semaine et il habitait à une heure de chez moi, c’était un vrai casse-tête », a affirmé Justine.

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas l’entièreté des cliniques qui ont été touchées par la pandémie. « Nous sommes chanceux, ce n’est pas un phénomène que nous avons rencontré à la clinique », a avoué la conseillère en communication et marketing de la clinique Ovo, située à Montréal, Laurence Pagé.

Pour Justine et Marie-Eve l’attente aura tout de même porté ses fruits, car les deux femmes sont enceintes. Marie-Eve, pour sa part, a trouvé un bon samaritain en clinique et accouchera d’ici un mois.