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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
La démolition de l'aréna Jean-Guy Talbot en a déçu plus d'un.
La démolition de l'aréna Jean-Guy Talbot en a déçu plus d'un.

Une surface glacée... électorale?

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CHRONIQUE / La démolition de l’aréna Jean-Guy-Talbot a terminé un très long chapitre dans le paysage trifluvien la semaine dernière.

Le dossier a fait couler beaucoup d’encre, c’est le moins que l’on puisse dire.

Il y avait ceux qui étaient attachés sentimentalement à l’aréna, témoins de beaucoup d’histoire au cours des dernières décennies. L’annonce de la démolition leur a fendu le cœur, mais ils ont fini par se résigner. Après tout, un simple détour par l’aréna était suffisant pour être convaincu que cette bâtisse vivait sur du temps emprunté depuis un bon bout de temps déjà. Quand tu peux passer ta main dans le solage tellement il est abîmé, tu te demandes à quel point tu es en sécurité à l’intérieur!

L’aréna a été négligé pendant des années. Les dommages étaient irréversibles. Petit à petit, le consensus s’est pas mal établi.

La démolition de l’aréna Jean-Guy-Talbot a mis fin à un long chapitre.

D’autres opposants à la démolition ont toujours sur le cœur le fait que l’est de la ville vient de perdre une surface de glace. Au sein de la grande ville, le nouveau Colisée amène deux nouvelles surfaces, ce qui vient régler la portion mathématique de la question. Mais au point de vue philosophique, ces gens trouvent que c’est encore une fois une façon de déshabiller le secteur Cap-de-la-Madeleine au profit d’un autre secteur qui vient de se produire. À tort ou à raison, ce sentiment est profond. Et ce n’est pas un nouveau complexe multisports – mais sans glace – qui va l’atténuer!

Ces gens pourraient recevoir de bonnes nouvelles dans les prochains mois. À l’aube de la course à la mairie cet automne, c’est un dossier qui est dans les cartons des principaux acteurs.

Le maire sortant Jean Lamarche n’en fait pas de cachette, il va amener cet enjeu dans le ring électoral. «Avec le développement du hockey féminin, dans le contexte où, à mes yeux, le secteur du parc Martin-Bergeron doit être perçu comme un mini-village olympique, une nouvelle surface de glace est loin d’être une mauvaise idée dans l’est», plaide-t-il. «Il y a une façon de faire les choses. On peut ouvrir le dialogue avec des municipalités comme Saint-Luc-de-Vincennes, Saint-Maurice sur un équipement supra-local. On peut s’assurer que cet aréna accueille du sport adapté. En fait, que tout ce secteur soit accessible au sport adapté. Ça pourrait ouvrir un nouveau sport-études aux Estacades! Il ne s’agit pas de bâtir un aréna pour un aréna, mais d’avoir une vision d’un pôle d’expertise.»

Jean Lamarche

Présentement, la Ville a dévoilé son ambition de bâtir un complexe multisports sur l’ancien site de l’aréna Jean-Guy-Talbot. Un montant de quelque six millions de dollars a été réservé au plan triennal pour la réalisation du projet. Évidemment, l’ajout d’une glace avec gradins pour 250 spectateurs ferait gonfler la facture. «Le six millions$ peut devenir un levier pour aller chercher des subventions», fait valoir le maire, en indiquant qu’un futur aréna ne serait pas automatiquement annexé au nouveau complexe. «Il y a plusieurs sites possibles.»

Le maire Lamarche n’est pas le seul à voir grand pour ce secteur. Le nouveau parti politique Action civique m’a confié que ça allait être un des cinq grands thèmes de sa campagne. «Il n’y a pas de plan clair, pas de vision, pas de leadership en ce moment pour doter notre ville d’infrastructures sportives dignes de ce nom. Le nouveau complexe multisports présenté, c’est un gros gymnase! Nos jeunes en trampoline sont obligés de s’entraîner dans une église en ce moment! Nous ne sommes pas un village!», lance Jean-Claude Ayotte, cofondateur du parti. «Jean Lamarche dirige la ville par sondage, nous, on veut être dans l’action. On veut que le nouveau complexe abrite notamment un complexe aquatique municipal. C’est le contexte idéal pour lancer un projet comme celui-là, avec des élections fédérales qui s’en viennent. Au provincial, on peut certainement impliquer les ministres Boulet et LeBel, qui sont deux sportifs convaincus de l’importance des saines habitudes de vie. Bien sûr, ça prend du courage et du leadership pour s’engager ainsi et on va en démontrer. On souhaite déposer notre projet dès avril 2022.»

Stéphane Guay et Jean-Claude Ayotte.

Pour l’instant, Action civique n’a pas de surface glacée dans son projet. Mais ça peut évoluer. «À ce sujet, on veut consulter les utilisateurs, bien comprendre les enjeux avant d’arrêter notre position. On comprend la nostalgie des gens de l’est par rapport à l’aréna Jean-Guy-Talbot. Ceux qui ont été déçus par ce choix politique vont bientôt avoir la chance de s’exprimer contre le maire et les conseillers!», lance Ayotte.

Quant à Valérie Renaud-Martin, elle souhaite que le nouveau complexe multisports serve de rampe de lancement pour développer la ville d’une façon différente. Avec une glace? Peut-être... «On a la chance de partir d’une page blanche, et d’arrimer les besoins de la Ville avec ceux des citoyens. Il faut les écouter! C’est une infrastructure qui doit durer dans le temps. Il y a le projet des Jeux du Québec en ce moment, mais il ne faut pas attendre après ça pour bouger!», souligne la candidate à la mairie. «Il faut être plus proactif dans ce dossier.»

Valérie Renaud-Martin.