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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Joshua Roy
Joshua Roy

Quand la fenêtre s’agrandit…

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CHRONIQUE / De l’extérieur, la période hivernale de transactions dans la LHJMQ est parfois jugée sévèrement. Voir autant de joueurs changer d’adresse entre deux sessions d’école semble montrer que les directeurs généraux ont la gâchette - trop - facile. Après tout, certains de ces adolescents ont été repêchés à peine quelques mois plus tôt!

C’est une situation qui s’explique toutefois parce que la ligue a deux vitesses. En raison du cycle du junior, les formations se retrouvent soit dans le camp des vendeurs, soit dans le camp des acheteurs.

Les joueurs font-ils les frais des objectifs des franchises?

Pas nécessairement.

Pour les vétérans qui plient bagage, c’est l’occasion de joindre une équipe qui veut aller jusqu’au bout, de peut-être lever les gros trophées au printemps. Et, par la bande, de se faire valoir auprès des recruteurs…

Les plus jeunes ne sont pas non plus perdants, dans la majorité des situations. Souvent, ils sont coincés derrière des vétérans dans une formation mature. Être échangé à une équipe en reconstruction permet soudainement de voir la fenêtre s’agrandir devant soi.

Coup d’œil sur ceux qui en profitent actuellement.

Joshua Roy, Phoenix

Rares sont les surdoués de 17 ans qui changent d’adresse. Mais dans le cas de Joshua Roy, le mariage avec les Sea Dogs n’a jamais été facile. À quelques jours du repêchage, alors que les Sea Dogs entretenaient le mystère sur l’identité du premier choix au total, le clan Roy avait menacé de bouder la séance, rien de moins! Il s’y est finalement présenté, le talentueux attaquant a enfilé son nouveau maillot, mais il ne s’est jamais senti réellement confortable, alors il a demandé à Trevor Georgie de l’échanger il y a quelques mois.

Le jeune homme s’est ensuite placé beaucoup de pression sur les épaules en restant chez lui après le congé des Fêtes, rendant ainsi publiques ses exigences. Trevor Georgie l’a finalement accommodé en l’expédiant à Sherbrooke.

Le Phoenix a dû être très généreux pour coiffer quelques équipes au photo-finish, mais Stéphane Julien ne doit pas le regretter. Roy revendique un dossier de quatre buts et trois passes en six matchs et il est devenu la pièce maîtresse autour de laquelle le Phoenix va rebâtir son prochain cycle.

Tyson Hinds, Océanic

Tyson Hinds se plaisait à Shawinigan. Malgré du temps de jeu limité dans le midget AAA, il avait été un choix de deuxième ronde de l’organisation, et il avait réussi à percer la formation d’Équipe Canada au Défi mondial des moins de 17 ans l’an dernier. Mais voilà, Hinds était un peu coincé derrière quelques vétérans, et il ne touchait pas au jeu de puissance.

Tyson Hinds

Son transfert à Rimouski a changé complètement ses responsabilités. Soudainement, il affronte les meilleurs éléments ennemis à cinq contre cinq. Il a du temps de jeu en avantage numérique. La différence est majeure: une passe en 10 matchs à Shawinigan, 8 points dont trois buts en huit matchs à Rimouski! Pour un grand défenseur de 6’3’ qui traverse actuellement son année de repêchage LNH, c’est un scénario parfait!

Jérémie Biakabutuka, Océanic

Même s’il a un an de plus que Tyson Hinds, Biakabutuka se retrouve dans le même bateau à Rimouski. Serge Beausoleil a payé cher pour le sortir de Val-d’Or, il en a aussitôt fait l’un de ses défenseurs de confiance. Biakabutuka pourra ainsi accélérer son développement, dans toutes les phases du jeu. Chez les Foreurs, équipe la mieux garnie de la LHJMQ, le terrain de jeu de l’arrière de 6’4’’ était plus limité.

Biakabutuka produit deux fois plus offensivement qu’il ne le faisait à Val-d’Or.

Vincent Filion, Wildcats

C’était le joueur convoité par les Wildcats dans la transaction de Jordan Spence avec les Foreurs et vous pouvez parier que Filion est très heureux du changement de décor.

Contrairement à bien des jeunes joueurs élites, Filion n’avait rien contre le fait d’évoluer à Val-d’Or, bien au contraire. Mais le Trifluvien, étiqueté comme le meilleur gardien de 16 ans au Canada, a été retranché au dernier camp des Foreurs, même s’il avait été choisi sixième rang au total au dernier repêchage de la LHJMQ. Du coup, Filion a dû retourner dans le midget AAA, où il n’a pu que s’entraîner depuis le début de la saison.

Son sort a radicalement changé avec cette transaction. Il est passé dans les rangs d’une des organisations les plus prestigieuses de la LHJMQ. Les Wildcats l’ont aussitôt rappelé à Moncton, après l’avoir comparé à Olivier Rodrigue, Corey Crawford, Nicola Riopel et Jean-François Damphousse, les meilleurs gardiens de l’histoire de l’organisation.

Bon, la COVID a retardé encore un peu plus ses débuts dans la LHJMQ. Ce qui lui donne quand même du temps pour se familiariser avec son nouvel environnement, et un nouveau calibre de jeu plus élevé. Un contexte parfait pour un gardien de 16 ans…

Dawson Stairs, Eagles

Pour se payer Ryan Francis, les Sea Dogs ont offert un beau bouquet de valeurs aux Screaming Eagles, qui comportait notamment Dawson Stairs.

Ce dernier a visiblement trouvé rapidement ses repères au Cap-Breton. À ses deux premiers matchs, il a enfilé trois buts! Il revendiquait également trois buts depuis le début de la saison… en 13 matchs.

Faut dire que les Sea Dogs ont les mains pleines. Pas évident pour tout le monde d’avoir du temps de jeu de qualité. Les Eagles ont amorcé un virage jeunesse, Stairs aura plus d’occasions de se faire valoir.

Matthew MacDonald, Eagles

Malheureux à Shawinigan sur un quatrième trio, Matthew MacDonald voulait un nouveau départ à 17 ans. Martin Mondou a exaucé son vœu, et il a trouvé preneur dans une équipe en reconstruction pas trop loin de chez lui en plus! MacDonald ne pouvait espérer mieux. Il a marqué son premier but en carrière dans la LHJMQ.

Il ne faut pas s’attendre à voir MacDonald remplir le filet. Mais c’est un gars d’intensité, très respecté par ses coéquipiers. Il pourra assumer du leadership à moyen terme. Les Eagles ont fait un bon coup en payant un choix de troisième tour pour ses services. Le grand gagnant est toutefois le jeune homme, qui peut enfin prendre son envol. Quand tu es limité à cinq-six minutes de jeu par match depuis un an et demi, ce n’est pas évident de construire une confiance.