Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Phillip Danault
Phillip Danault

Il ne reste plus qu’à charmer Danault

CHRONIQUE/ Une blague se promène sur les médias sociaux depuis quelques jours à propos de Marc Bergevin et de son hyperactivité au travail… depuis que le gouvernement a ordonné la fermeture des gyms en zone rouge!

Une blague qui ressemble à un compliment. De un, parce qu’il est vrai que le directeur-gérant du Canadien semble prendre un soin jaloux de sa condition physique. De deux, parce qu’il est véridique de dire qu’il connaît toute une saison morte jusqu’à maintenant.

En un mois, il a fait passer son club d’aspirant à une place en séries à un prétendant sérieux aux trois premières positions de la division. Les plus excités vont même ranger le Canadien parmi les aspirants à la Coupe Stanley. Ce n’est pas si farfelu… après la série de décisions prises depuis un mois.

Regardons ça de plus près.

Du renfort en défensive

Bergevin a amorcé son travail en garnissant sa défensive.

Son premier geste fut d’aller chercher Jake Allen pour servir de substitut à Carey Price. Pas assez solide comme numéro un, Allen est un formidable valet. Son contrat est un peu élevé pour son rôle mais il va permettre au Canadien de décrocher quelques victoires de plus, en plus de réduire la charge de travail de l’Élu. En prime, le Canadien lui a fait signer une prolongation de contrat à la baisse qui va le rendre disponible au repêchage d’expansion à la fin de la prochaine saison. Bien joué!

Ensuite, il a greffé du muscle à la défensive. Non, Joel Edmundson ne gagnera pas le Norris ni même un prix pour ses sorties de zone mais il peut prendre 20 minutes par soir avec efficacité, en plus de défendre l’enclave. Un bon guerrier en désavantage numérique, signé à bon prix quelques heures après la transaction. Avec le jeune Alexander Romanov qui se pointe le bout du nez, on peut croire que la défensive du Canadien est plus solide.

Pas de distraction non plus avec Jeff Petry, qui a signé une lucrative prolongation de contrat. Justifiée. Petry est, depuis deux ans, l’arrière le plus important sur l’échiquier défensif de Claude Julien.

Il manque un peu de dynamisme à cette brigade mais impossible de nier qu’elle sera la mieux garnie depuis plusieurs années. Davantage protégé à tous les niveaux, Price n’a plus d’excuses. Il doit performer à la hauteur de son statut.

Une attaque plus diversifiée

L’attaque n’a pas été oubliée. Bergevin s’est servi de Max Domi pour se payer un attaquant robuste comme il les aime.

Domi n’était pas heureux à l’aile, il veut jouer au centre. Il a passé une partie de la dernière année à bouder. Il a du chien, il a atteint les 70 points il y a deux ans à peine, mais sa tendance aux revirements et à prendre de mauvaises pénalités exaspéraient Claude Julien, alors le divorce était inévitable.

Parce qu’il se relève de problèmes aux deux épaules et que sa dernière saison a été catastrophique, Josh Anderson semble un retour peu appétissant. Mais attention, s’il redevient le Anderson d’il y a deux ans, il va rapidement faire oublier Domi! Un buteur de 6’3’’ qui joue comme un gars de 6’3’’, ça fait longtemps qu’on n’a pas vu ça à Montréal! Bergevin a pris le pari que c’est ce Anderson qu’il a obtenu. Il a poussé son pari jusqu’à lui offrir une prolongation de contrat de sept ans totalisant 38,5 millions $!

Ce contrat pourrait devenir un boulet en cours de route, pas de doute là-dessus. Les joueurs de ce style ont tendance à mal vieillir. Regardez les Milan Lucic, David Clarkson, Wayne Simmonds… Mais bon à court terme, cette acquisition donne du tonus à l’attaque. Il va faire grandir tout le monde autour de lui.

Parlant de contrat risqué, la prolongation de six ans valant 39 millions $ accordée à Brendan Gallagher entre malheureusement dans ce rayon. Elle était toutefois nécessaire. Le cœur de cette équipe, le petit Gallagher. Probablement le prochain capitaine. Son dernier contrat était l’aubaine du siècle, il devait passer à la caisse. C’est fait. Il n’a plus à se casser la tête, il peut continuer à foncer au filet comme un kamikaze!

L’offensive pourra de plus profiter de l’arrivée de Tyler Toffoli. Ce n’est pas Taylor Hall, certes. Reste que Toffoli est un attaquant top 6 d’une vingtaine de buts en mesure de jouer sur les deux ailes. Ajoutez les progressions de Nick Suzuki et Jesperi Kotaniemi et vous avez soudainement un groupe qui est plus que respectable.

Le dernier dossier à régler est celui de Philip Danault. Il n’a pas la réputation, sauf qu’il est bel et bien le centre numéro un de l’équipe. L’homme-clé de Claude Julien. Depuis 1996 avec les Turgeon, Koivu et Damphousse, le Canadien n’a jamais pu bénéficier d’une ligne du centre aussi solide. Bergevin doit trouver une façon de le garder à bord. Malgré tout le talent qui les anime, il ne faut pas oublier que Suzuki et Kotkaniemi sont encore verts. Se séparer de Danault à court terme serait une grave erreur.

Quand Danault aura été récompensé, alors Bergevin pourra s’offrir des vacances bien méritées. Ce club a grandi lors des dernières séries, frappées par l’émergence de Suzuki et Kotkaniemi. Ça fait quelques saisons que les Price, Weber et Gallagher demandaient du renfort. Ils ont été exaucés, sans que Bergevin ne sacrifie l’avenir du club. À eux maintenant de prendre les choses en main.