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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Ron Choules et ses joueurs ont leur destinée entre les mains vendredi soir.
Ron Choules et ses joueurs ont leur destinée entre les mains vendredi soir.

Cataractes: écrire sa propre histoire

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CHRONIQUE / Les Cataractes vont être impliqués dans un match ultime dès la première ronde des séries de la LHJMQ.

Bien peu de gens auraient parié là-dessus.

C’est une équipe qui clame depuis le jour 1 de la saison qu’elle vise la coupe du Président. De l’autre bord, c’est un club en reconstruction, privé de son meilleur élément.

Après quatre matchs, c’est pourtant l’impasse!

Ce scénario n’est pas très rassurant pour les partisans de l’équipe.

Tenez-vous bien, la concession montre une fiche de 1-8 en pareilles circonstances dans son histoire!

J’ai assisté à six de ces huit matchs. Je me souviens très bien du but en or de Nikolaj Ehlers en 2015. Du flop memorial de 2012, où les Saguenéens ont réduit au silence les partisans des Cataractes pendant toute une soirée. De ce septième match épique de la grande finale de 2009, où Marco Cousineau avait conduit les Voltigeurs de Dominic Ricard et Guy Boucher jusqu’au gros trophée. J’étais dans les estrades au printemps 2002, quand Jason Pominville a fini sa carrière junior au bout du banc, blessé. Il avait endossé son gilet de capitaine, mais n’avait pas fait une seule présence, et les Tigres avaient fait subir une autre dure défaite à la plus vieille organisation de la LHJMQ. La seule victoire dans ce palmarès a été signée par Denis Francoeur en 2004, aux dépens des Voltigeurs de Drummondville. Plus récemment, au centre Gervais Auto, les Cataractes sont 0 en 2…

L’envers de la médaille

Il y a toujours deux côtés à une médaille. On peut aussi considérer les trois derniers matchs de l’équipe au tournoi de la coupe Memorial dans ce rayon.

Ils étaient sans lendemain pour les deux clubs sur la glace, et le calibre était le plus élevé au pays. Or dans ces trois matchs, les Cataractes ont eu le dessus. Ils ont battu trois champions de ligue coup sur coup en quatre jours pour offrir un premier championnat à leurs fans! Regardez les alignements des deux équipes pour la grande finale face aux Knights. Vous allez vous apercevoir que l’équipe d’Éric Veilleux a réussi un petit miracle ce soir de mai 2012…

Un nouveau chapitre

Mais bon, que ce soit le tournoi de la coupe Memorial ou les autres rendez-vous précédents, ils n’ont rien à voir avec ce qui va se passer vendredi soir au centre Gervais Auto.

Aucun joueur, ni entraîneur, n’étaient dans les parages pour être témoins du passé. Ils n’ont pas à porter ce fardeau sur leurs épaules.

En revanche, ils ont à écrire leur propre histoire.

Depuis qu’ils sont tout petits, ils rêvent d’être impliqués dans des matchs du genre. Il y a trois façons de répondre: soit cette poussée d’adrénaline t’aide à te surpasser, soit elle te laisse de glace, soit elle te paralyse. Une situation parfaite pour te définir en tant que joueur.

Tout peut arriver dans un match décisif.

Ceci dit, il y a très nettement un décalage de talent entre les Cataractes et l’Océanic au printemps 2021. La recette est donc simple: en jumelant simplement l’ardeur déployée par les hommes de Serge Beausoleil, les chances seront très, très élevées d’obtenir un billet pour la ronde quart de finale.

Bien sûr, il y a quelques consignes à respecter. Il faut se tenir loin du banc des pénalités. À cinq contre cinq, l’Océanic n’a marqué que six buts en quatre matchs. Il faut aussi jouer avec urgence dès la première mise en jeu. Ce n’est pas la tasse de thé des Cataractes depuis le début de la série. Or si l’Océanic prend l’avance et que Creed Jones est encore dans une forme exceptionnelle, la soirée pourrait tourner au cauchemar. Tiens, une petite dernière: abolir les passes soulevées transversales du revers en sortie de territoire…

Personnellement, je crois que les Cataractes vont s’en tirer. Les Bourque, Nadeau, Ponomarev, Massicotte et Bergeron ont du caractère à revendre. Xavier Bourgault n’a pas marqué un seul but encore dans cette série, même s’il a décoché 21 tirs dont 15 dangereux. C’est quand la dernière fois qu’il a été blanchi ainsi cinq matchs d’affilée? Je pense que ça remonte à l’automne 2019!

Pour se défendre, l’Océanic n’a qu’un bon plan de match et 20 guerriers prêts à souffrir les uns pour les autres.

C’est mince.

Mais ce fut quand même suffisant pour soutirer deux des quatre premiers matchs de la série.

Alors tout ce qu’il reste à espérer pour les fans des Cataractes, c’est que leur équipe va enfin leur accorder le respect qu’elle mérite, et qu’elle se mettra à la tâche dès le début de la soirée.

Par ailleurs, Ron Choules doit tirer une leçon du dernier match. C’est bien beau miser sur ses gros chevaux, il y a une limite au volume de travail qu’ils peuvent prendre tout en gardant leur pleine efficacité. Mercredi soir, alors que les Cataractes tentaient de créer l’égalité en fin de match, certains de ses joueurs étaient carrément à bout de souffle.

En attaque, ses 11 attaquants sont en mesure de contribuer. Il a le dernier changement de trio vendredi soir, ça lui donne encore plus de marge de manœuvre pour bien gérer ses effectifs. Ainsi, quand tout le monde est utilisé et qu’il faut rétrécir le banc dans la deuxième portion du match, alors il reste assez d’essence dans le réservoir des gros canons pour pousser au maximum.

Voilà, la table est mise pour vendredi soir. C’est juste plate que ça se passe à huis clos. J’imagine facilement 4500 personnes s’entasser dans l’aréna, et l’ambiance qui viendrait avec…

D’une façon ou d’une autre, ce sera le dernier match local des Cataractes.

Une victoire, et l’équipe déménage à Québec pour la ronde quart de finale.

Une défaite, et ce sera un très long été qui va laisser des traces. Connaissant le directeur-gérant Martin Mondou, il y aura des changements importants au sein du groupe si c’est ce qui attend l’équipe demain.

Aux joueurs et aux entraîneurs de choisir leur destin.