Le gardien Thomas Sigouin a été un élément important de la victoire des Remparts, mardi.
Le gardien Thomas Sigouin a été un élément important de la victoire des Remparts, mardi.

Remparts: le développement des joueurs toujours prioritaire

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Si certaines équipes, comme leurs adversaires lors du premier match, abordent leur présence dans la bulle comme s’il s’agissait d’un tournoi à la ronde de la Coupe Memorial, les Remparts de Québec n’ont pas l’intention de déroger de leur plan de développement malgré une victoire contre les Cataractes de Shawinigan, mardi.

Ainsi, il était déjà établi que le jeune gardien de but William Rousseau serait devant le filet, jeudi, contre l’Armada de Blainville-Boisbriand, jeudi, et ce, même si le vétéran Thomas Sigouin a été un élément important de ce gain de 4-2 contre la formation mauricienne.

«William affronte l’Armada [jeudi], et, peu importe ce qui va arriver, qu’il fasse un jeu blanc ou non, il va jouer ensuite contre Gatineau [le 26 lors du dernier match de l’événement] et Thomas disputera les trois autres. Ce qui est important pour nous, c’est le processus de développement de nos joueurs. On veut que tout le monde joue», indiquait l’entraîneur-chef Patrick Roy dans la journée de repos entre les deux matchs.

Les Remparts ne l’ont pas déçu, mardi. L’équipe disputait enfin un match après un mois et demi à ne pas connaître l’avenir à court terme, à s’entraîner sans but précis à atteindre, si ce n’est celui de s’améliorer.

«On a eu deux bons mois à faire des pratiques, mais tu as toujours hâte d’amener ça dans des matchs et j’ai aimé ce que j’ai vu. Maintenant, j’ai hâte de voir si on peut rester humble même si on a connu un bon match contre Shawinigan, si on peut afficher de la constance et continuer dans cette direction», ajoutait-il en visioconférence.

À l’origine, les Remparts ne devaient pas se mesurer à l’Armada de Blainville-Boisbriand puisque celui-ci n’évolue pas dans la division Est. Mais la pandémie ayant mis un frein à la saison dans les zones rouges, la LHJMQ n’a pas eu le choix d’innover et de modifier le calendrier.

«Nous avons regardé les matchs du début de saison de l’Armada contre Sherbrooke et assisté à celui de mardi après-midi, mais à ce stade-ci, ce qui nous importe est d’apporter les ajustements en lien avec notre premier match. On va présenter quelques séquences vidéo aux joueurs jeudi matin, mais c’est sûr que le trio de Laferrière, Henman et Likhachev a vraiment fait mal à Victoriaville, mardi. Il nous faudra monter notre jeu d’un cran», soulignait Roy à propos du trio ayant amassé cinq points dans la victoire de 5-1 de l’Armada contre les Tigres.

Le premier match a été encourageant pour les Remparts, qui n’ont pas perdu en temps régulier en trois sorties, cette saison. Ils montrent deux victoires et une défaite en prolongation.

«Je trouve ça intéressant de jouer contre des équipes de l’autre division, ça ajoute un petit challenge», admettait Sigouin, deuxième étoile de la victoire de l’autre soir.

«On avait fini avec une victoire avant la pause et on a repris sur cette lancée. Nous avons tiré du positif de nous être entraînés pendant deux mois, j’ai eu l’impression que tout le monde avait gagné en confiance. On a vu que l’exécution était solide, on a bien joué de la première à la dernière minute», analysait le vétéran gardien.

Sigouin a l’impression d’avoir eu tout l’été pour se préparer en prévision des matchs prévus dans la bulle de Québec. Il est prêt à s’imposer chaque fois qu’il recevra le mandat de prendre place dans le demi-cercle bleu.

«Avec une brigade défensive assez jeune, je veux faire tous les arrêts-clés possibles et donner une chance à l’équipe de gagner chaque match. Je veux aussi lui donner la confiance de prendre des chances offensivement sans s’inquiéter que la rondelle se retrouve dans le fond de notre filet», disait celui ayant effectué 23 arrêts, mardi, dont quelques-uns importants.

DANS LA BULLE

Sigouin ne s’en fait pas avec la suite des choses, sachant que la zone rouge devrait tenir encore un bout.

«Au début, c’était plus difficile de ne pas pouvoir jouer et d’être dans l’inconnu. Mais plus le temps a passé, plus notre approche a changé. On s’est rendu compte qu’on n’avait pas de contrôle sur la situation. Tout ce qu’on peut faire, c’est de venir à l’aréna, pratiquer fort et avoir du plaisir. Hier [mardi], ce fut une belle démonstration que nos efforts des dernières semaines ont rapporté. On avait juste hâte d’avoir le «go», on était prêt et cela a paru.»

Ironiquement, ses anciens coéquipiers du Phoenix de Sherbrooke sont présentement la seule équipe inactive de la LHJMQ.

«C’est plate pour eux, ils sont arrivés sur le tard en zone rouge. Avec la COVID, on ne sait pas ce qui va arriver. Ils ont eu la chance de jouer lorsqu’on ne pouvait pas le fait, mais là, c’est à leur tour, c’est plate pour tout le monde», convenait celui qui apprécie le temps passé avec ses compagnons dans l’environnement contrôlé du Château Bonne-Entente.

«La Ligue a super bien organisé ça, on est à une belle place, ça va être le fun de passer ce temps-là ensemble. Je regarde des séries sur mon ordi, nous avons une salle avec des tables de ping-pong et hockey sur air, je m’amuse avec les gars», explique-t-il à propos de la vie à l’intérieur de la bulle.

Certains joueurs en profitent pour divertir leur coéquipier avec un instrument de musique, mais ce n’est pas son cas.

«Je ne suis pas un musicien, j’écoute les autres en jouer… [Édouard] Cournoyer a amené sa guitare, et avec son chapeau de paille, il a un beau petit style», ajoute-t-il avec un petit sourire.

Oui, cette saison n’a rien comme les autres.