L’idée de former une bulle étanche autour de chaque équipe de la LHJMQ doit être écartée selon le Phoenix de Sherbrooke.
L’idée de former une bulle étanche autour de chaque équipe de la LHJMQ doit être écartée selon le Phoenix de Sherbrooke.

Les bulles dans la LHJMQ: « un concept impossible »

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Si le concept de bulles dans le sport professionnel a fonctionné, dans la LHJMQ, il serait impossible d’obliger les jeunes hockeyeurs à fermer complètement leur cercle social, croit le président du Phoenix de Sherbrooke Denis Bourque. Voilà pourquoi la formation sherbrookoise continuera d’envoyer ses joueurs dans des familles de pension tout en resserrant les mesures de distanciation et les règles sanitaires.

Le nombre d’équipes de la LHJMQ en zone rouge se multiplie, ce qui empêche les formations de Québec, Drummondville, Gatineau, Blainville-Boisbriand et maintenant Victoriaville de tenir leurs activités, sans parler de l’aréna de Moncton verrouillé à double tour et la quarantaine que doit respecter le Phoenix de Sherbrooke en raison des cas de COVID-19 qui affligent aussi des joueurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Six équipes sur 12 au Québec se retrouvent donc en arrêt forcé. Sur les 18 équipes de la LHJMQ, sept au total doivent suspendre leurs activités. 

Le circuit Courteau se retrouve maintenant à la recherche de solutions et selon Denis Bourque, l’idée de former une bulle complètement étanche autour des clubs n’en fait pas partie. 

« On n’a jamais discuté de la possibilité de placer nos jeunes dans des bulles à Sherbrooke, confie le coactionnaire et président de l’organisation. Je pense que la formule des familles d’accueil est la meilleure pour un jeune de cet âge, surtout pour les mineurs. »

Moralement et humainement parlant, cette option doit être rejetée par les équipes de la LHJMQ selon lui:

« J’aurais peur pour la santé mentale de nos jeunes s’ils étaient placés dans une bulle pendant toute une saison, sans pouvoir en sortir. Ne pas aller à l’école physiquement, ne pas voir leur famille, ne pas voir leur copine, demeurer toujours à l’aréna et à leur lieu d’hébergement sans pouvoir sortir, que ce soit un immeuble à logements, un chalet ou un hôtel, c’est inimaginable. Si c’était mon garçon, je ne voudrais pas lui faire vivre ça juste pour du hockey. »

La question de la surveillance et celle de l’alimentation ont également été soulevées. 

« Qui jouerait à la police avec ces 20 jeunes de 16 à 20 ans? On a une responsabilité envers ces jeunes. Comment on trouverait le personnel pour nettoyer les lieux ou bien juste faire à manger? Et s’il y a un cas de COVID-19 à l’endroit où tous nos joueurs habitent, on ferait quoi? » se demande le président du Phoenix.

Des familles de pension rassurées

Une rencontre Zoom a été organisée la semaine dernière entre les familles de pension, les joueurs et les membres de l’organisation. Le but: répondre aux inquiétudes des familles. 

« La réunion a été très positive, assure Denis Bourque. Je comprends ces familles d’être inquiètes. Mais après avoir écouté ce qu’avaient à dire le médecin de la LHJMQ et le docteur de l’équipe, qui sont très compétents et crédibles, je crois que tout le monde a été rassuré. »

La seule solution possible selon Denis Bourque: être encore plus vigilant et ajouter encore plus de règles sanitaires ou de distanciation. 

« On doit être plus rigoureux et mettre le paquet en ce qui concerne les règles. On doit corriger une situation qui n’était pas parfaite », soutient Denis Bourque.