Noah Warren progresse à vue d’œil depuis qu’il est dans la bulle de la LHJMQ à Québec. À 16 ans, le défenseur de 6’5’’ et 210 livres affiche une mobilité déconcertante et deviendra lui aussi une pièce importante d’une éventuelle équipe championne à Gatineau.
Noah Warren progresse à vue d’œil depuis qu’il est dans la bulle de la LHJMQ à Québec. À 16 ans, le défenseur de 6’5’’ et 210 livres affiche une mobilité déconcertante et deviendra lui aussi une pièce importante d’une éventuelle équipe championne à Gatineau.

Warren, une force tranquille chez les Olympiques

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Il a 16 ans. Il mesure 6’5’’ et pèse 210 livres. Sans effort, il patine comme le vent. Son tir est dévastateur.

Un forfait rare pour un joueur de hockey. Noah Warren n’a pas encore joué 31 minutes dans un match comme Tristan Luneau. Il n’a pas marqué deux buts gagnants comme Samuel Savoie. Il n’a pas noirci la feuille de pointage avec autorité comme Antonin Verreault. À sa façon, le quatrième choix de première ronde des Olympiques de Gatineau en 2020 participe lui aussi aux succès précoces de la troupe de Louis Robitaille.

À sa 10e saison comme entraîneur dans la LHJMQ, Robitaille dit assister à une première lorsqu’il voit Warren sur la patinoire.

« Je n’ai jamais vu un défenseur de 6’5’’ être aussi mobile que lui à son âge. Nous avons hâte de voir ce qu’il va devenir, car il progresse rapidement. »

Le coffre à outils de l’ex-défenseur des Riverains du Collège Charles-LeMoyne est bien garni. En même temps, Louis Robitaille ne veut pas brûler les étapes avec lui.

« Il faut être prudent. Dans notre sport, les buts et les passes retiennent beaucoup l’attention. Nous voulons que Noah s’enlève cette pression cette année. Il doit d’abord apprendre à défendre. Nous voulons qu’il soit efficace en transition. Nous voulons qu’il utilise sa vitesse pour se porter à l’attaque quand l’occasion se présente. Au niveau inférieur, avec toutes ses qualités, c’était facile pour lui de monter la rondelle d’un bout à l’autre. Nous voulons le préparer pour le prochain niveau. Son jeu ressemble à celui de Seth Jones. Comme lui, nous voulons qu’il apprenne à jouer sur les 200 pieds de la glace tout en étant un joueur difficile à affronter. »

À 16 ans, Louis Robitaille veut que Warren se valorise dans les actions simples et qu’il profite de sa force physique.

« Je ne veux pas lui donner une liste de 10 objectifs à atteindre. Il va se perdre là-dedans. Nous travaillons sur trois objectifs précis avec lui dans la première moitié de saison. Et c’est là-dessus que nous allons l’évaluer et lui donner de la rétroaction. »

Finie, la retenue
Surclassé dans la Ligue midget AAA du Québec à 14 ans, Noah Warren avait hâte d’arriver dans la LHJMQ pour pouvoir enfin mettre son imposant gabarit à profit. Il a toujours été plus grand et plus costaud que les autres. Au niveau inférieur, il devait se retenir.

« À ma première année midget AAA, j’ai été suspendu trois fois pour des mises en échec sur des petits joueurs. Des fois, j’ai frappé à la tête sans le vouloir. J’ai frappé des joueurs de dos parce qu’ils se retournaient à la dernière seconde pour m’éviter. Là, contre des joueurs plus vieux et plus matures physiquement, je peux enfin pratiquer mon style de jeu à fond sans avoir à purger deux minutes de pénalité inutiles. »

La recette gagnante
Son gabarit, il l’a hérité de ses deux parents athlètes. Son coup de patin exceptionnel lui ?

« Avant de jouer au hockey, j’ai fait du patin artistique et c’est comme ça que j’ai développé une aisance. À partir de l’âge de huit ans, j’ai commencé à faire du power skating à l’été et j’en fais encore avec Antonin Verreault. »

Quant à son tir foudroyant, les portes de garage de ses maisons de Montréal et St-Jean-sur-Richelieu en ont subi les contrecoups !

« La porte de garage est finie chez mes parents. Elle est parsemée de trous de rondelles. J’ai tiré et j’ai driblé pendant des heures et des heures. Mes frères me faisaient des passes et je pratiquais mes tirs sur réception. »

Noah Warren avait hâte d’arriver dans la LHJMQ pour pouvoir enfin mettre son imposant gabarit à profit.

Chez les Olympiques, il fait tranquillement ses classes en attendant d’obtenir plus de responsabilités sur les unités spéciales. Son tour viendra, mais il est content de faire partie de la fondation d’un club qui va bientôt aspirer aux coupes du Président et Memorial.

« J’ai joué avec Tristan (Luneau) et Antonin (Verreault) aux Jeux olympiques de la jeunesse. On se pousse tellement dans les entraînements. Verreault a été choisi dans l’équipe d’étoiles de la semaine deux fois de suite. On va former un bon noyau. On s’en parle des fois. On se dit que dans deux ans, on va avoir le club pour aller chercher les deux coupes. L’avenir est excitant. »

Raynald Boutin, grand-père de Noah Warren, a déjà porté les couleurs des Saguenéens de Chicoutimi à l'époque où ils évoluaient au niveau junior A.

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FILS DE NAGEURS, PETIT-FILS D'UN ANCIEN DES SAGUENÉENS

Noah Warren fait partie d’une famille de sportifs. S’il avait fait comme ses parents, il aurait été nageur. Sa mère, Magalie Boutin, détient encore plusieurs records régionaux en natation au Saguenay. Quelques-uns de ses records provinciaux tiennent encore le coup. Son père, Claude Warren, a été entraîneur de natation à l’Université Laval. Ses parents lui ont donné une génétique avantageuse. Les deux mesurent six pieds et deux pouces.

Noah Warren aurait pu imiter ses parents, mais il a aussi pratiqué le soccer, le tennis et le basket-ball. Sa passion, toutefois, c’était le hockey. Il voulait suivre les traces de son grand-père Raynald Boutin, un ancien défenseur des Saguenéens de Chicoutimi à l’époque où ils étaient dans le junior A. D’ailleurs, Noah porte le même # 5 que son grand-père. Pour le numéro, il paraît que c’est une pure coïncidence cependant.

« Mon grand-père me racontait des histoires du temps où il jouait chez les Saguenéens. Je trouvais ça amusant. Mon père m’a aussi influencé en me poussant vers le hockey. Et il y avait ce voisin qui patinait toujours à la patinoire du coin. Il avait l’air d’avoir du plaisir à jouer au hockey. Je me suis dirigé vers ça. »

La natation dans tout ça ?

« Ma mère était vraiment proche de participer aux Jeux olympiques, mais elle n’a pas fait l’équipe canadienne. Il ne lui en manquait pas gros. J’ai nagé aussi un peu quand j’étais jeune. Pas dans de grosses compétitions, mais des concours. Ma mère aimait ça parce que je gagnais comme elle. Chaque été, je vais nager avec elle. Elle me bat encore ! »

Aîné d’une famille de quatre enfants, Noah Warren a deux autres frères âgés de 14 et 11 ans. Ils sont des défenseurs comme lui au hockey. Sa soeur, une jumelle de 11 ans, est quant à elle une adepte du soccer et du basket-ball. « Je pense que le basket va finir par être son sport. Elle s’en vient pas mal bonne. »