Mikaël Martel dit «marteau» croit que ce long voyage raffermira l’esprit d’équipe et que l’idée de jouer contre une nouvelle équipe ravive l’enthousiasme des joueurs.
Mikaël Martel dit «marteau» croit que ce long voyage raffermira l’esprit d’équipe et que l’idée de jouer contre une nouvelle équipe ravive l’enthousiasme des joueurs.

Un long périple pour l'Océanic avec un alignement décimé

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI – L’Océanic quittera Rimouski à la barre du jour mercredi pour une longue route de 12 à 13 heures vers l’Abitibi, où il ne lui sera pas permis de s’arrêter nulle part. La formation bas-laurentienne affrontera d’abord les Foreurs jeudi et vendredi à Val-d’Or et terminera son périple dimanche à Rouyn-Noranda, où elle cherchera à prendre sa revanche sur les Huskies, qui l’ont battue deux fois en trois matchs la semaine dernière.

L’entraîneur-chef de Rimouski ne débordait pas d’enthousiasme à l’idée de terminer le voyage à Rouyn-Noranda, alors qu’il avait été convenu que sa troupe affrontait les Foreurs lors des trois matchs. «C’est ce qu’on nous avait annoncé au départ, rappelle Serge Beausoleil en soulignant, au passage, que son organisation avait accommodé les deux équipes de l’Abitibi la semaine passée. Ultimement, quelqu’un à la ligue a changé ça de côté sans nous prévenir. Ça nous fait un voyage de plus. On s’éloigne, au lieu de se rapprocher!»

Trois blessés en trois matchs

Avec trois hommes tombés au combat lors des trois derniers duels contre les Huskies, l’Océanic devra compter sur des défenseurs en attaque. «Il nous manque six gars à l’attaque», se désole Beausoleil.

Victime d’une violente mise en échec à l’aveugle lors du match de dimanche, Zachary Bolduc, qui revenait d’une convalescence de près d’un mois après une appendicectomie, n’aura eu le temps de jouer que deux matchs. «C’est une lourde perte pour nous autres», reconnaît l’entraîneur-chef, qui a soumis le cas de la brutale mise en échec à la LHJMQ. «Une mise en échec comme ça, personne n’aime ça, d’un bord ou de l’autre. C’est entre les mains de la ligue. À partir de là, je ne peux plus commenter.» 

À l’écart pour deux à trois semaines, il est fort probable que Bolduc ne rechausse ses patins qu’au début de 2021. «Dans ce genre de blessure-là, il faut être plus prudent que moins. Il est souvent la cible de coups. C’est normal, c’est un joueur talentueux.» 

Les deux autres blessés sont Frédéryck Janvier et Andrew Coxhead. L’absence de ce dernier fait mal à l’équipe, surtout lors des mises au jeu. «29 % des mises au jeu, selon nos statistiques du dernier match, je n’ai jamais vu ça, se désole le patron hockey. Coxhead est le meilleur, en ce moment, dans tout le Circuit Courteau; il est à 65 %. C’est phénoménal! Quand il n’est pas là, ça paraît!»

Déjà absent de l’alignement la fin de semaine dernière à la suite du décès de son père, Alexander Gaudio ne fera probablement pas le voyage vers l’Abitibi. 

Rappels compliqués

Comme les joueurs des équipes midget AAA sont dans des zones rouges, les rappels sont interdits. «Il y a les joueurs du junior AAA, mais encore là, on n’en a pas beaucoup, indique Beausoleil. Ils doivent être testés tout le temps et ils sont inactifs pour la plupart.» 

C’est le cas de Logan Costerano, rappelé d’une équipe junior AAA de Montréal-Est en fin de semaine dernière et qui sera du voyage en Abitibi. «Il a fallu qu’il soit testé, raconte l’entraîneur-chef. Quand on les amène d’une zone rouge, il faut les isoler et les tester pour s’assurer qu’ils ne viennent pas porter ombrage à l’équipe. Ce sont beaucoup de coûts et de manutention. Il faut prendre le temps de le faire.» Xavier Ducharme prendra aussi possiblement la route avec les Rimouskois. 

Valeurs sûres

Si la troupe est dégarnie d’attaquants, elle pourra au moins compter sur son capitaine qui a fait un retour au jeu en fin de semaine passée, après avoir été absent pendant quelques semaines pour soigner une blessure. «C’était le meilleur attaquant sur la glace dimanche, souligne le pilote de Rimouski. Je l’ai dit devant tout le monde dans le vestiaire. Il a joué un très bon match.»

Serge Beausoleil entend tout autant utiliser Raphaël Audet que Matthew Dunsmoor comme portiers en Abitibi. «Il faut que les joueurs et, surtout les gardiens, soient prêts à jouer n’importe quand. Je trouve qu’ils font bien, nos jeunes. Je n’aime pas trop les retirer des matchs et on ne l’a pas fait jusqu’à maintenant.»

Beausoleil estime que ses soldats sont prêts à affronter les Foreurs qui, selon lui, «est une équipe très rapide et très talentueuse». «Il va falloir jouer du hockey serré contre eux parce qu’il faut se tenir loin de leur avantage numérique, puis jouer le plus possible une partie moins sexy, plus éteignoir. On n’a pas le choix! Il faut que notre gestion de la rondelle soit meilleure et que nos combats à un contre un le soit aussi.»

Mikaël «marteau» Martel

Mikaël Martel croit que ce long voyage raffermira l’esprit d’équipe et que l’idée de jouer contre une nouvelle équipe ravive l’enthousiasme des joueurs. «D’aller voir ailleurs un peu, ça va nous faire du bien à toute l’équipe.» L’attaquant de 19 ans connaît les Foreurs. Par conséquent, il s’attend à jouer des matchs serrés comme ce fut le cas avec Rouyn-Noranda. «On est loin d’être déclassés par n’importe qui dans la ligue, se défend-il. On a vu que Rouyn était une méchante bonne équipe; c’était des “games” d’un but tout le long. Je pense qu’on est vraiment là. Il manque peut-être une petite affaire à l’offensive, mais on est vraiment bien partis et on surprend tout le monde dans la ligue en ce moment.»

L’ailier droit ne s’attendait pas, cette année, à figurer sur la liste des meilleurs marqueurs du club. «Je suis plus utilisé, j’en profite, je donne ce que j’ai et advienne que pourra. Devant le filet, je fais la job, je fais de bons “screens”. Je suis plus confiant avec la “puck”, mais il reste des petits jeux à faire défensivement, comme de prendre les bonnes décisions. Mais au global, ça va super bien jusqu’à date!»

Avec ses 6 pieds 2 pouces et ses 215 livres, celui qui s’est toujours un peu donné le rôle d’homme fort et de protecteur de ses coéquipiers réfléchit avant de jeter les gants depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur les bagarres. «Je n’ai pas le temps d’aller passer 15 minutes dans la boîte», estime celui que ses coéquipiers surnomment «marteau». Cela ne l’empêche pas pour autant d’offrir un style de jeu très physique.