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Matthew Boucher
Matthew Boucher

La carrière professionnelle de Matthew Boucher commence plus tôt que prévu

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
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Avec seulement cinq cours à compléter pour obtenir son baccalauréat en administration des affaires et confronté à l’annulation de la saison 2020-2021 de hockey universitaire, l’ancien capitaine des Remparts de Québec Matthew Boucher a vécu son baptême chez les professionnels plus rapidement que prévu, en fin de semaine.

Récemment mis sous contrat par les Grizzlies de l’Utah, le joueur étudiant de 23 ans a disputé ses trois premiers matchs dans la ECHL lors d’un programme triple sur trois jours à Tulsa. Il s’agissait de la première fois qu’il disputait une rencontre depuis le mois de mars 2020, lorsque la pandémie de la COVID-19 avait empêché la présentation du Championnat canadien U Sports, à Halifax.

«J’ai signé mon contrat le 3 janvier, la veille où je devais retourner à UNB [l’Université du Nouveau-Brunswick]. Je suis parti le lendemain pour Salt Lake City, je me suis isolé pendant deux jours, j’ai eu une pratique pour m’adapter un peu et on est parti en Oklahoma pour jouer un trois en trois. Disons que me rencontre avec le hockey professionnel a été assez brusque», racontait-il, lundi soir, après avoir passé une bonne partie de la journée pour s’installer dans son appartement.

S’il n’y avait pas le coronavirus, Boucher disputerait sa troisième et dernière saison à UNB et aurait reluqué un contrat professionnel à l’automne 2021. Il a décidé de plonger tout juste avant le début de sa dernière session.

«Je suis sur le point de finir mon bac, c’est mon objectif de le faire dans les prochains mois, peut-être cet été, sinon l’an prochain, alors ce n’est pas comme si j’abandonnais mes études. Du côté du hockey, je pense que c’était la meilleure option pour moi de tenter ma chance immédiatement chez les pros. J’envisageais de le faire en septembre, mais être 18 mois sans jouer, ce n’était pas l’idéal, alors je pense que c’était le bon moment pour tenter le faire maintenant», expliquait-il.

À sa première année à UNB, Boucher a remporté le Championnat canadien. Il visait le doublé, en mars dernier, et qui sait, l’équipe aurait peut-être pu remporter un troisième titre dans deux mois s’il y avait eu une saison.

«Quand j’y pense, je trouve ça plate que ma carrière universitaire prenne fin abruptement parce qu’on avait une bonne équipe, on aurait eu des chances de gagner le championnat. Je pensais évoluer trois ans dans le hockey universitaire, mais à cause de la pandémie, je n’ai même pas pu faire deux saisons complètes», notait l’auteur de 61 points en 57 matchs en deux saisons avec les Reds.

Ce n’est pas un hasard si Boucher se retrouve avec les Grizzlies. Après son année de 20 ans chez les Remparts, il avait participé au camp des recrues de l’Avalanche pour ensuite être le seul joueur n’ayant de pas contrat être invité au camp de la LNH.

«Quand je suis revenu à Québec, en décembre, j’avais dit à mon coach à UNB qu’il y avait une possibilité que je passe chez les pros. J’ai ensuite jasé avec Tim [Branham, l’entraîneur-chef au Utah] de mes intentions et j’ai signé mon contrat. Il était là quand j’ai fait le camp, j’avais aimé mon expérience», disait celui qui ne regrette pas d’avoir opté pour le hockey universitaire à la fin de son passage dans la LHJMQ. Il le conseille même à ceux qui sont indécis.

Plus fort physiquement, encore plus mature, et sur le point de finir ses études, Boucher aborde cette nouvelle aventure avec confiance et sagesse.

«Je sais que je vais avoir mon «bac», alors je peux me concentrer sur le hockey, et si ça ne fonctionne pas, j’aurai la formation académique pour me diriger vers le marché du travail. Dans un monde idéal, je pourrais avoir mon «bac» et un contrat…», dit celui dont le prochain objectif serait d’atteindre la Ligue américaine.

Et pourquoi pas ? L’ancien numéro 91 a toujours su élever son jeu à la hauteur du calibre où il se trouvait.

«J’aime croire que je suis rendu ici à cause de mon acharnement. On ne m’a rien donné et je n’ai jamais rien pris pour acquis. Dans le bantam, j’étais peut-être le pire patineur de mon calibre, alors j’ai suivi des cours de patinage en puissance pour m’améliorer. Midget, j’ai été repêché en septième ronde, et j’en parlais en fin de semaine à Cédric Paré [le joueur de Lévis qui évolue aussi avec les Grizzlies, quand j’ai été échangé aux Remparts, ce que je lisais sur les réseaux sociaux et dans les forums à mon endroit m’a motivé à m’améliorer dans tous les aspects de mon jeu. Je vais avoir encore la même approche chez les pros, je vais tout donner et j’ai confiance en mes moyens», admettait celui qui a cumulé 176 points, dont 88 buts, en 176 matchs en trois saisons avec les Remparts de 2015-2016 à 2017-2018 sous la férule de son père, Philippe Boucher, qui était alors l’entraîneur-chef et le directeur général de l’équipe.

Après avoir disputé son premier match au sein du deuxième trio, en fin de semaine, Boucher a été promu sur le premier lors des deux autres en plus de voir de l’action en jeu de puissance.

«Ça paraît quand tu n’as pas joué un match depuis 10 mois, c’est sûr que ça m’aurait nui d’attendre 18 mois avant de le faire. Mettons que la présente semaine d’entraînement avec l’équipe sera utile», précisait la nouvelle recrue.