Première victoire pour les Cataractes au centre Georges-Vézina depuis 2016

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Les Cataractes de Shawinigan ont mis fin à une bien vilaine séquence au centre Georges-Vézina dimanche après-midi. Les Mauriciens ont remporté un premier match dans le vétuste édifice chicoutimien depuis 2016, soit en 13 matchs, une victoire de 5-3 sur les Saguenéens où les unités spéciales ont eu un gros mot à dire sur l’issue d’une rencontre avec un très bon rythme.

Les Saguenéens ont marqué trois fois avec l’avantage d’un homme lors des 40 premières minutes et les Cataractes ont répliqué avec deux buts en supériorité numérique en troisième période pour transformer un déficit de 3-2 en avance de 4-3 qui a été suffisante. À son premier départ de la saison, le gardien Charles-Antoine Lavallée a repoussé 36 tirs tandis que son vis-à-vis Alexis Shank a fait face à 37 lancers.

«Il y a eu beaucoup de chances de marquer, mais en terme d’effort, d’éthique de travail et d’implication physique, c’est notre meilleur match de l’année et de loin des quatre premiers. Je suis très satisfait», a laissé tomber l’entraîneur-chef des Sags Yanick Jean au début de son point de presse, ironisant quelque peu sur la réaction des joueurs des Cataractes qui ont célébré très bruyamment cette victoire dans un aréna vide.

«Je ne savais pas qu’on jouait pour le 7e match de la coupe Stanley. Je suis évidemment déçu d’avoir perdu la coupe, mais honnêtement, j’ai aimé le processus et la progression qu’on a vu. On a frappé quatre poteaux et les joueurs étaient dans le prélart. On a fait quelques petites erreurs normales contre une équipe qui a autant d’offensive. Ajoute les 4-5 joueurs qui manquent et à jouer comme ça, là on va être difficiles à affronter», d’estimer le pilote des Bleus.

«C’est une victoire de caractère oui, je pense qu’on a été très bons dans plusieurs aspects et c’était le temps. On en parlait au deuxième entracte et que c’était le temps de lever notre jeu de cran. Ça se pouvait que ce soit notre dernière période et on voulait la jouer comme ça. On ne sait pas ce qui va se passer comme tout le monde», a pour sa part laissé tomber l’entraîneur-chef des Cataractes Ron Choules qui n’a pas connu la sécheresse au centre Georges-Vézina, lui qui arrive en poste, mais était bien au courant de la statistique.

«C’est ce qu’on m’a dit la dernière fois. Avec mes anciens clubs, j’avais du succès ici. Ça fait du bien pour la confiance. On va jouer souvent contre les Sags. De tels matchs, c’est bon pour les deux équipes. Ce n’est pas pour la saison, mais on travaille déjà pour les séries éliminatoires. Les deux clubs travaillent très fort. Yanick et ses adjoints font un bon travail. On est un peu plus jeunes, mais on a montré beaucoup de caractère», de noter l’entraîneur d’expérience.

«Je suis fier très content pour lui. Il travaille fort dans les entraînements. Il attendait sa chance devant le filet et il a très bien fait», a-t-il ajouté sur son gardien.

Film du match
Les Sags ont probablement connu leur meilleur début de match de la saison, obtenant deux bonnes chances dans les premières minutes, mais les visiteurs ont frappé deux fois plutôt qu’une en quelques secondes. Sur la première incursion sérieuse des Cataractes en territoire adverse, le tir de Pierre-Olivier Bourgeois a d’abord raté la cible, mais après le rebond de la bande, Xavier Cormier a récupéré la rondelle pour ouvrir le pointage avec son premier de la saison. Le nouvel espoir des Stars de Dallas Mavrik Bourque a ensuite complété un superbe échange débuté par Olivier Nadeau et Xavier Bourgault et dans le temps de le dire, c’était 2-0 pour la formation de la Mauricie. Les locaux ont profité de leur première attaque massive pour répliquer. Également réclamé en première ronde au dernier repêchage de la Ligue nationale, par les Capitals de Washington, Hendrix Lapierre a démontré sa vision du jeu, repérant Christophe Farmer avec une passe magistrale du revers pour permettre à son coéquipier d’inscrire son premier de la saison.

Le jeu s’est vraiment ouvert en deuxième période, les deux équipes s’échangeant pas moins de 37 tirs (19-18 en faveur des Cataractes), mais seulement deux ont traversé la ligne rouge. Farmer réédité en début d’engagement, encore une fois en avantage numérique. Cette fois, c’est le troisième joueur repêché en première ronde, par les Devils du New Jersey, Dawson Mercer qui a fait le gros du travail en entrée de zone, déjouant un défenseur avant de remettre au numéro 67 qui a dégainé sans hésitation. Les Cataractes ont offert une troisième attaque massive à leurs rivaux sur une rondelle envoyée dans les gradins et les Chicoutimiens en ont profité pour prendre les devants pour la première fois de la rencontre. Pendant pratiquement deux minutes, le jeu s’est déroulé dans la zone des Cataractes et après un bel effort du vétéran défenseur Karl Boudrias pour empêcher la rondelle de quitter le territoire, Hendrix Lapierre a repéré Dawson Mercer qui a envoyé la rondelle dans la partie supérieure. Pendant le reste de la période, les deux gardiens, Alexis Shank pour les Sags et Charles-Antoine Lavallée pour les Cataractes, se sont échangé les arrêts spectaculaires.

Les Cataractes ont à leur tour fait bouger les cordages deux fois en avantage numérique en troisième. Après une chance ratée des Sags, Mavrik Bourque s’est amené sur un surnombre et a décoché un tir des poignets parfait du côté de la mitaine pour créer l’égalité. Puis, à mi-chemin de l’engagement, Xavier Bourgault a de nouveau profité de l’espace disponible et du défenseur comme écran pour enfiler l’aiguille, cette fois en battant Shank du côté du bloqueur. Les Sags ont obtenu une autre occasion avec l’avantage d’un homme et on de nouveau menacé, le tir de Dawson Mercer frappant le poteau. Charles Beaudoin a ensuite complété la marque dans un filet désert.

«Sur notre but en début de troisième, on a finalement corrigé des aspects que les Sags faisaient très bien. À partir de là, on a gagné confiance. Notre avantage numérique, ce n’est pas vraiment des jeux automatiques, mais plus des sorties de zone sur lesquelles on travaille et on l’a bien fait», a souligné Ron Choules, convenant que le travail à court d’un homme serait au menu à l’entraînement après une fin de semaine parfaite. Les Cataractes ont maintenant accordé sept buts en 12 occasions à court d’un homme.

«On a eu une bonne discussion entre la deuxième et la troisième qu’ils n’ont pas aimée et sur la seule chance qu’ils ont eu en troisième, je crois qu’on a été très bon», d’indiquer l’entraîneur-chef des Cataractes.

De l’autre côté, Yanick Jean ne se formalisait pas des nombreuses chances de part et d’autres. «C’est normal, a-t-il réagi. Notre défensive est jeune avec seulement trois joueurs qui jouaient dans la ligue l’an dernier face à une équipe qui a de la profondeur offensivement. Je suis capable de vivre avec ça. Il n’y avait aucun manque d’intensité, aucun manque d’effort ou d’implication physique. C’est notre première défaite en temps réglementaire, c’est drôle, mais c’est le match dont je suis le plus satisfait.»

Les deux mêmes équipes doivent de nouveau croiser le fer vendredi, cette fois du côté du Centre Gervais Auto de Shawinigan. Malgré la situation dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et six équipes forcées à l’inaction, Yanick Jean demeurait optimiste sur la poursuite de la saison et n’avait surtout pas perdu son sens de l’humour. «J’ai hâte à vendredi, on joue à Shawinigan. C’est le feeling que j’ai versus la situation. On est pas éliminés encore. Je pensais qu’on l’était à les entendre crier, mais quand je suis revenu dans mon bureau après le match, ils m’ont dit qu’on jouait vendredi à Shawinigan», a-t-il lancé. Si le match a bel et bien lieu comme prévu, la table est mise!

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POINTES DE PLUME

• Les Saguenéens ont envoyé exactement le même alignement que la veille face aux Cataractes. Blessés, l’attaquant Harrison Caines et le défenseur Loris Rafanomezantsoa étaient de nouveau absents.

• Chez les Cataractes, le vétéran de 20 ans Leon Denny a été laissé de côté pour une deuxième rencontre de suite. Vendredi, l’entraîneur-chef Ron Choules mentionnait ne pas être satisfait de son intensité à l’entraînement.