Voter en échange d’un billet de tirage

CHRONIQUE / Aux dernières élections municipales, le taux de participation a été d’un peu plus de 55 % en ce qui concerne Saguenay. Disons-le, ce n’est pas si catastrophique que ça, mais il reste que si on fait le calcul, ça signifie qu’un peu plus d’une personne sur deux a exercé son droit de vote. Ou pour faire une illustration plus claire, imaginons deux personnes et disons que la première est allée voter avec une des mains de la deuxième personne.

Mais trêve de plaisanteries, le taux de participation est un élément très intéressant à observer, étant donné que ceux enregistrés à Montréal et à Québec sont encore plus faibles qu’en 2013.

En d’autres mots, les choses ne vont vraiment pas en s’améliorant en ce qui concerne l’intérêt de la population pour les élections.

Alors, quoi faire afin de renverser la vapeur ?

Va-t-on devoir en venir à faire tirer des prix de participation dans chaque bureau de vote ?

Par exemple, bien des gens sont prêts à faire la file pendant une nuit entière pour mettre la main sur une console Super NES Classic Mini. Peut-être seraient-ils tentés de courir la chance d’en gagner une en allant voter ? On pourrait aussi faire tirer des voyages ou des crédits d’impôt afin de s’assurer que les prix intéressent tout le monde.

Et puis tenez, question de s’assurer que les électeurs ne votent pas seulement pour le prix de participation, ils pourraient devoir répondre à une question de vérification à propos d’un des enjeux principaux de l’élection.

Non, mais quand on y pense, les gens sont prêts à remplir des tas de coupons ou à s’inscrire à une panoplie de sites web afin de participer à des concours souvent douteux. Là, ils n’auraient qu’à faire la file quelques minutes et puis hop ! Et en bonus, ils auraient leur mot à dire sur la personne qui serait la plus apte à prendre des décisions qui finiront par les toucher un moment ou l’autre.

Certes, c’est très cynique comme façon de voir l’exercice de la démocratie, mais derrière cette solution absurde, il y a une évidence à laquelle nous devrons trouver une solution : une personne sur deux se sacre complètement de ceux et celles qui décident pour la collectivité.

Une chose est certaine, on a déjà une bonne base pour débuter cette opération : tout ce qu’on a essayé dans les dernières années ne fonctionne pas. Ça fera déjà ça qu’on n’aura pas à essayer.

Bienvenue en région

Il y a quelques semaines, je discutais avec un ami de Montréal qui est aussi chroniqueur.

Alors qu’on parlait de tout et de rien, j’ai fait référence à un truc qui était survenu dans l’actualité régionale et dont mon ami n’avait jamais eu connaissance. Or, si le truc en question avait fait les manchettes nationales, plusieurs personnes à l’extérieur de la région se seraient certainement senties interpellées. Du moins, c’est ce que la réaction de mon ami m’avait laissé croire.

On a donc continué à échanger sur cette actualité nationale qui est généralement principalement dédiée aux sujets essentiellement montréalais.

« Tu vois Joël, quand les médias se mettent à “spinner” pendant une semaine sur un truc comme les fenêtres teintées du YMCA, non seulement ça monopolise un pourcentage pas possible des médias, mais en plus, en quoi ça concerne les régions ? », que mon ami m’a demandé.

« Bienvenue en région », que je lui ai répondu avec amusement.

Ici, que l’on se comprenne, loin de moi l’idée de débuter un énième débat opposant Montréal et les régions. Mais bon, si tous les dirigeants des médias nationaux venaient passer deux ou trois semaines en région, ils comprendraient rapidement pourquoi les médias régionaux arrivent à survivre malgré une économie peu favorable à ce genre d’entreprises.

De toute façon, à la lumière de l’article de La Presse qui présentait Josée Néron comme « la dauphine » de Jean Tremblay, disons que c’est peut-être préférable que l’on continue à couvrir nous-mêmes nos propres actualités.

Après tout, mieux vaut de l’information locale que de la science-fiction nationale.