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Vivre un deuil en confinement

CHRONIQUE / Nous commençons cette chronique par le témoignage d’une dame que nous avons croisée durant notre marche quotidienne. Son besoin de nous parler, de raconter comment elle a vécu le décès de son conjoint, nous a confirmé l’importance d’écrire ces quelques lignes sur le deuil en temps de confinement.

Nous citons quelques paroles de cette dame : « Si vous saviez comme c’est difficile. Je me sens tellement seule. Mon mari est mort seul. Mon fils ne peut même pas être avec moi. Si je n’avais pas la foi, je ne vous parlerais pas aujourd’hui. » Nous avons senti, dans ses propos, un cri de grande détresse.

La réalité du moment

Lors d’un deuil, c’est là que les gros câlins sont souvent les plus chaleureux, mais en cette période de pandémie et d’isolement social, les deuils sont plus distants.

Plusieurs funérailles se font à huis clos, quand elles ne sont pas tout simplement remises à plus tard ou annulées. Les familles ne peuvent pas se réunir. C’est donc un deuil vécu dans l’isolement absolu.

On sait que la solitude en soi est difficile à vivre lors d’un décès en temps « normal ».

Dans ce temps de bouleversement, la personne endeuillée a besoin de parler, d’être entourée et chouchoutée. Malheureusement, le confinement fait en sorte qu’il n’y a que le téléphone et Internet pour communiquer avec les proches.

Traverser un deuil demande une grande résilience. Bref, la distanciation sociale et obligatoire peut faire naître un deuil encre plus complexe.

L’absence de rituels

Le deuil se vit en plusieurs étapes – le choc, le déni, la valse des émotions, dont la tristesse, la colère et la culpabilité – avant de trouver un sens à la perte et le chemin ardu de l’adaptation à la guérison. Dans un temps de confinement, où les proches ne peuvent être au chevet de l’être aimé que quelques heures avant le décès, il y a des étapes de l’adieu qui sont occultées – tenir la main, dire son amour, demander pardon, soutenir la personne dans son passage vers la mort, la laisser partir. Autant de moments privilégiés dont il faut faire le deuil.

Les rituels funéraires sont importants dans la résolution du deuil pour soulager la souffrance. C’est un temps où on honore la mémoire de la personne ; un temps de réunion en famille, entre amis et avec la communauté. Le confinement empêche de réaliser ces précieux moments. Son absence affecte le processus de guérison. En l’absence d’un rituel, le passage vers la guérison est perturbé. Chaque personne endeuillée doit d’être créative et trouver le moyen d’apaiser sa peine, et ce, dans l’attente du décloisonnement.

L’importance de prendre soin de soi

Ce temps de solitude peut être un moment privilégié pour se retrouver. Lorsqu’on est en deuil, il est bon de se donner des moments de méditation, de prendre son souffle. Nourrir son quotidien et se donner une certaine routine aide. Prendre une marche, lire, écouter de la musique, faire des activités qui vous font du bien, de bons repas, écouter un film. Si vous le pouvez, communiquez avec les vôtres par Internet. L’écriture est également un excellent moyen de traverser un deuil. Pourquoi ne pas commencer un journal de bord de votre histoire qui fait mal ?

Le plus important dans ce passage difficile, c’est de normaliser ce que vous vivez. Le deuil n’est pas une maladie. C’est normal de pleurer et d’avoir des moments difficiles. Et présentement, vous vivez ce deuil dans un temps bien spécial. Pour ceux et celles qui ont la foi, vous n’êtes pas seuls ! La prière est un bon moyen de trouver les forces nécessaires en vous.

Souhaitons que ces quelques lignes vous aident dans l’événement difficile que vous vivez. Nous serons là, à Deuil 02, lors du déconfinement, pour vous accompagner à traverser ce passage obligé.

Carol Bélanger et Denise Ouellet

Fondateurs de l’organisme Deuil 02

Téléphone : 581 234-9448

Facebook : Deuil 02