Le journaliste Guillaume Roy participe actuellement au Double défi des deux Mario sur les glaces du lac Saint-Jean.

Vivre dehors l’hiver

CHRONIQUE / Le Double défi des deux Mario est une excellente façon de vivre pleinement au rythme de l’hiver, en passant des journées complètes à l’extérieur. Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie.

Quand on décide de participer à une expédition hivernale en camping d’hiver, on sait qu’on aura à dormir dehors. Sur les glaces du Piékouagami, en plein mois de février, ça veut dire qu’on devra dormir à des températures très froides, atteignant parfois les -40°C.

Mardi soir, nous avons été chanceux avec un -25°C. N’empêche qu’une première expérience en camping d’hiver est complètement déstabilisante. Pourquoi aller se donner autant de trouble ? Serais-je vraiment capable de dormir ?

Même si j’ai déjà passé quelques nuits glaciales sous la tente, l’idée de ne pas dormir à cause du froid demeure toujours présente. Mais avec le bon matériel et de bons trucs d’experts, dont ceux de guides professionnels ou encore de Sébastien Lapierre, qui a atteint l’Antarctique en solo, disons que ça réconforte et que ça met en confiance.

Emmitouflé dans d’énormes sacs de couchage, habillé de chaudes combinaisons, j’y trouve tranquillement un certain confort, avant de sombrer dans les bras de Morphée. Jusqu’à ce qu’une envie d’uriner me réveille. Pour dormir à nouveau, je sais que je devrai y aller, mais l’idée du froid me fige quelques instants. Je réussis à me convaincre et je m’habille pour braver le froid. Et dès que je sors de la tente, les milliers d’étoiles dans le ciel m’éblouissent, pour me féliciter de mon petit exploit. Après avoir accompli ma besogne, je retourne me blottir au chaud.

Le journaliste Guillaume Roy participe actuellement au Double défi des deux Mario sur les glaces du lac Saint-Jean.

Sur les coups de 6 h, l’équipe de cuisine se met à s’activer pour faire bouillir de l’eau pour toute l’équipe. Après un peu de paresse, je sors, les yeux bouffis, pour aller prendre mon café et je suis frappé par la beauté du ciel rosé, embué par l’eau bouillante et l’air crispé par le froid.

Les participants se lèvent à tour de rôle pour prendre le petit-déjeuner et leur café, dehors, bien sûr, car tout se passe à l’extérieur.

En cette deuxième journée, nous avons vraiment l’occasion de vivre 24 heures dehors, en hiver. Après avoir fait le plein de carburant, on fait un échauffement, on démonte les tentes et on chausse les skis et raquettes pour franchir un autre 12 km au cours de la journée.

Le soleil radieux réchauffe rapidement l’air et le ciel est si clair que l’on peut voir le mont Lac-Vert, la pointe Taillon et les rives de Mashteuiatsh. Le rythme est bon, mais la première journée de travail, la fatigue et la nuit se font sentir. Le parcours est un bon prétexte pour faire connaissance avec une foule de gens intéressants et inspirants, dont une femme médecin qui étudie au DESS en plein air à l’UQAC, un groupe de Desjardins, des banquiers de la Banque Nationale, une jeune architecte qui a vaincu le cancer il y a quelques années.

Pendant que l’on progresse, l’équipe de guides va monter une tente, à mi-chemin de notre parcours quotidien, pour qu’on puisse se réchauffer sur l’heure du dîner.

Après le repas, on repart pour un autre six kilomètres. La température se réchauffe et au loin, on voit déjà notre campement qui s’est érigé comme par magie… grâce à nos guides. Pendant que nous skions, ils veillent au grain, faisant bouillir de l’eau, préparant le repas et le campement pour la nuit. C’est comme si nous participions à un forfait tout-inclus, mais sans le transport… à -20 °C. En fait, c’est encore mieux qu’un tout-inclus, car l’expérience que chacun d’entre nous a vécue est beaucoup plus significative qu’un voyage dans le Sud et elle restera gravée dans nos mémoires beaucoup plus longtemps.