Une vue de Chicoutimi.

Ville unique au Québec

CHRONIQUE /Un vent glacial a soufflé, au Cercle de presse du Saguenay, mercredi dernier, sur les quatre candidats à la mairie de Saguenay quand Roger Boivin a voulu connaître leur pensée sur le choix de Saguenay comme nom de la ville fusionnée de préférence à Chicoutimi. Malgré l'apparente préférence populaire confirmée par référendum, de nombreux citoyens demeurent sceptiques.
Première à répondre à la question qui tue, Josée Néron, la seule Chicoutimienne du quatuor, s'est rapidement débarrassée de la patate chaude. Il n'est nullement question, pour l'ERD et son chef, de changer le nom de la ville. Les citoyens, constate-t-elle, cultivent un attachement très émotif au nom de leur ancienne ville fusionnée en 2002.
Confusion
Jean-Pierre Blackburn, que Jacques Pelletier, le nouveau président du Mouvement Chicoutimi, désigne comme le fossoyeur du nom de Chicoutimi, s'est exprimé dans le même sens. Il ne faut pas revenir sur le passé, selon l'ancien ministre conservateur, mais construire l'avenir dans l'harmonie. Il imagine, avec horreur, le tsunami que provoquerait un retour sur cette question. Arthur Gobeil et Dominic Gagnon se rallient évidemment à la nécessité d'oeuvrer à l'unité d'une ville devenue unique au Québec par la rivalité qui opposait ses principales composantes avant le décret d'unification imposé par le gouvernement de Lucien Bouchard.
Mais pour que Saguenay ne projette pas l'image d'une communauté urbaine, le futur conseil municipal devra tracer, avec l'aide de spécialistes en communication, un portrait que le Québec percevra facilement. Présentement, l'extérieur situe encore très mal cette ville constituée d'entités au rayonnement canadien et même international, comme Chicoutimi (UQAC et les Saguenéens), Jonquière (le complexe Rio Tinto ainsi que l'ATM), La Baie (base aérienne de Bagotville) et Arvida (candidate à une reconnaissance par l'UNESCO).
Une vue de l'esprit
À un mois de l'élection, les candidats n'ont guère dérogé du programme dont ils égrènent les pièces maîtresses à leurs rencontres sur le terrain. Josée Néron et les deux indépendants, Jean-Pierre Blackburn et Arthur Gobeil, ne se sont pas montrés publiquement curieux de savoir comment Dominic Gagnon entend financer l'augmentation planifiée des dépenses sans fouiller dans les poches du contribuable.
Le candidat du PCS, le parti fondé par le maire Jean Tremblay, a promis solennellement de geler les taxes municipales pendant quatre ans. C'est une vue de l'esprit. L'inflation, les augmentations de salaire des employés municipaux et la rénovation des infrastructures sont déjà comptabilisées. Au cours des dernières années, l'administration municipale a aisément trouvé les sous nécessaires. Elle a notamment gonflé l'évaluation des propriétés et surtaxé des contribuables silencieux comme les établissements commerciaux et les PME d'environ 1 $ du 100 $ d'évaluation foncière en comparaison avec des entreprises analogues dans des villes comparables comme le démontre Jacques Pelletier dans son livre Saguenay sous l'administration Tremblay.
Les candidats à la mairie n'ont pas abordé non plus les relations avec les gouvernements supérieurs. Pourquoi, par exemple, Québec hésite-t-il tant à participer à la rénovation d'infrastructures vétustes alors que les maires Coderre et Labeaume sont gavés de subventions ? Et comment prospérer quand nos gens d'affaires doivent débourser un tarif plus élevé que celui de Paris-Montréal pour se rendre dans la métropole ?
Cette aberration remonte à la disparition de Québecair en 1986.