Une taxe ridicule à abolir

Ainsi, la CAQ compte remplir sa promesse de faire baisser les taxes scolaires au plus bas dénominateur commun ?

Bravo. BRA-VO ! Mais selon moi, ça ne va pas assez loin. Abolissons-la tout simplement.

Wo Wo ! Je vous entends déjà crier. Restons calmes.

Moi, je me pose la question : pourquoi est-ce que le poids de la taxe scolaire repose exclusivement sur les propriétaires fonciers ? Il faut bien que quelqu’un paye, me direz-vous. Mais pourquoi seulement ceux qui possèdent des résidences ou des immeubles ? Car l’éducation, à ce que je sache, n’est pas réservée qu’aux propriétaires d’immeubles. Oui, c’est vrai que les locataires aussi paient un peu dans le prix de leur loyer. Mais ce n’est rien à côté des propriétaires de résidences. Tout le monde a droit à l’éducation gratuite au Québec alors pourquoi ce n’est pas tout le monde qui paye ?

La réponse, c’est que la taxe scolaire est un anachronisme hérité de la colonisation.

À l’époque du Bas-Canada, l’impôt direct n’existait pas. L’impôt sur le revenu, c’est un truc que les gouvernements ont découvert pour financer la Grande Guerre. Une taxe temporaire, rappelons-le, qui devait disparaître après l’effort de guerre, mais qui s’est finalement accrochée. Bref, dans le temps de Séraphin, la seule façon de financer la construction et l’entretien des écoles, ainsi que le salaire de la « mamzelle » qui enseignait aux jeunes, ce fut de créer une taxe que tous les propriétaires devaient payer.

Pourquoi ce système a survécu jusqu’à aujourd’hui et pourrait même continuer ? Fouillez-moi.

Mais elle devrait être abolie. Qui va payer ? Tout le monde ! Je vais continuer de payer pour le système d’éducation, mais comme tout le monde. Selon mon revenu et non pas selon mes choix personnels.

Car notre résidence, c’est un peu beaucoup une question de choix personnel. Par exemple, si je choisis de poser du plancher de bois dans ma maison plutôt qu’un « prélart cheap » pour pouvoir me payer un voyage dans le Sud, c’est mon choix. Mais la valeur de ma maison s’en trouvera augmentée et par conséquent, mes taxes municipales et mes taxes scolaires. Il est où le rapport ? Est-ce que mes garçons ont eu un meilleur traitement à l’école parce que je payais plus de taxes scolaires ?

Ils ont eu une excellente éducation et gagnent aujourd’hui très bien leur vie. Je suis heureux d’avoir payé des impôts et taxes depuis près de 45 ans pour l’éducation que j’ai reçue et qu’ils ont reçue et qui leur permet, aujourd’hui, d’en rembourser une partie à leur tour par leurs taxes et leurs impôts. Mais pourquoi aurais-je une facture supplémentaire parce que je possède une maison dans le quartier doté des évaluations les plus élevées de Chicoutimi ? Dans mon cas, cela représente 880 $ à ajouter aux taxes municipales.

En cette époque où on nous culpabilise pour chaque geste que l’on pose en vertu du principe à la mode de l’utilisateur-payeur, pourquoi la valeur de la maison doit-elle déterminer notre contribution au système d’éducation ? Et là, je ne dis pas que seuls ceux qui ont des enfants devraient payer. Ce serait ridicule. L’impôt sur le salaire ? D’accord ! C’est un bon indice de la richesse et on a décidé que plus tu gagnes, plus tu paies. La maison ? Pas du tout. Un impôt reposant sur la valeur foncière est injuste (et de grâce, ne m’embarquez pas sur la taxe municipale), surtout pour financer l’éducation.

En abolissant la taxe scolaire, l’État va devoir éponger la facture. Mais tout le monde va payer. Tout le monde qui paye un impôt sur le revenu. Et ça va faire en sorte qu’en fin de compte, la facture sera moins salée, parce que répartie sur plus de gens.