Une rentrée sous le signe de la Parole

CHRONIQUE / Pour tout le monde, tout comme dans l’ensemble du diocèse, la rentrée sonne la reprise des activités. Dans la même période, l’Église catholique du Québec sera invitée à souligner, le 22 septembre, le dimanche annuel de la catéchèse sous le thème Une Parole qui bouscule. À cette occasion, l’Office de la catéchèse du Québec (OCQ) veut insister sur cette exigence pour tout croyant de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et de se laisser transformer par celle-ci.

Car force est de constater que plusieurs personnes ont des objections à l’idée de lire la Bible en raison des nombreuses difficultés que représentent sa compréhension et son interprétation. Plusieurs se questionnent : les croyants connaissent-ils la valeur réelle de ces textes ? Savent-ils que la Bible ne doit pas être un livre qui fait peur, mais bien un livre qui fait vivre ?

Cette invitation de l’Office de la catéchèse du Québec s’inscrit dans la même ligne que celle exprimée par le concile Vatican II, qui souhaitait voir, chez les croyants, un amour grandissant pour les Écritures bibliques, invitant ces derniers à leur redonner la place centrale qui leur revient dans leur vie et dans celle de l’Église. À ce propos, de plus en plus de théologiens et d’intervenants croient que cette idée exprime ce qui devrait exister dans l’Église depuis longtemps : que la Bible soit ce qui donne « âme » à toute activité pastorale – catéchèse, liturgie, engagement social, prière, etc.

Éclosion de petits groupes

Dans les années, les mois ou les semaines à venir, il ne sera pas étonnant de voir naître des initiatives qui chercheront à mettre la Parole de Dieu à l’honneur. Déjà, certaines personnes expérimentent ce virage. C’est le cas, entre autres, des petits groupes de lecture biblique que l’on voit se former dans le diocèse depuis quelque temps. Ce sont là des témoignages stimulants. Et d’autres restent encore à découvrir. Ces groupes se caractérisent par la simplicité des moyens déployés dans leur mise en oeuvre. Ils n’exigent pas de mégastructures. Ils sont le fruit d’une simple proposition à laquelle des croyants ont accepté de répondre : lire la Bible par une approche priante des Écritures.

Qui plus est, cette proposition semble combler une soif restée trop longtemps insatisfaite. Ces personnes mettent ainsi leur expérience de foi en commun, se soutiennent mutuellement et grandissent spirituellement. Dans ces mêmes groupes, certaines redécouvrent la communauté que les cadres dits traditionnels ne leur permettaient plus d’expérimenter. C’est pourquoi d’autres voient, dans ce tournant, un véritable retour aux sources des premières communautés chrétiennes : « Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » (Actes 2, 42)

Chose étonnante, cette volonté n’est pas seulement un phénomène limité à une région ou à un évènement quelconque. Elle a plutôt surgi spontanément et presque simultanément partout dans le monde entier.

Le défi est lancé : faire en sorte que tout croyant se sente invité à ouvrir les Écritures, pour y découvrir une Parole qui bouscule, et ce, non seulement un dimanche par année, mais tous les jours.

Frédéric Tremblay, formateur

Institut de formation théologique et pastorale

f.tremblay@iftp.org