Les randonneurs étaient nombreux à observer le coucher du soleil sur Roberval après leur arrivée au deuxième campement.

Une expédition riche en émotions

C’est cocasse, pour une fille qui a grandi en bordure du lac Saint-Jean, de voir une quarantaine d’entrepreneurs et de gens d’affaires s’aventurer sur ses glaces pour la première fois. On a tous l’air de manchots avec nos raquettes (ou nos skis) et nos traîneaux, à marcher l’un à la suite de l’autre. Ça ressemble à la marche des empereurs, mais en un peu moins élégant.

La plupart des randonneurs en sont même à leur première fois dans la région. Avouons que c’est un peu fou quand même de se lancer dans une traversée d’une trentaine de kilomètres l’hiver tout en dormant dehors deux nuits de suite.

Ces hommes et ces femmes d’affaires ont beaucoup en commun, mais surtout, ils sont presque tous des papas ou des mamans. C’est vraiment en soirée, samedi, qu’on a compris le sens de cette expédition. Les deux hommes derrière le Double défi des deux Mario, Mario Bilodeau et Mario Cantin, ont partagé des expériences personnelles et professionnelles qui ont marqué leur vie.

Il est difficile de déterminer d’une façon scientifique et rigoureuse les bienfaits d’une aventure thérapeutique sur la santé des jeunes atteints du cancer qui les accomplissent. Pour les deux Mario, il est clair que les participants reviennent changés d’une expédition en nature où ils ont eu à surmonter des défis personnels.

Martin Blanchard a confectionné son propre traîneau à l’aide d’une vieille paire de skis.
Des forts vents ont soufflé pendant presque toute la durée du trajet durant la deuxième journée d’expédition.

La larme à l’oeil, Mario Bilodeau, un guide hors pair, a raconté l’histoire de Richard, de Nico et de Marie-Hélène, qui ont à des époques différentes vécu une expérience de quelques jours grâce à la fondation Sur la pointe des pieds. Certains sont décédés, d’autres ont survécu. Chose certaine : Mario Bilodeau assure qu’il a vu chaque fois des chenilles se transformer en papillons.  

Puis pour clore cette « cérémonie de partage », Mario Cantin a raconté la tragédie qui a une fois pour toutes changé sa vie : sa fille Mélanie est morte à l’âge de 19 ans. Même si ça peut paraître cliché et surtout, plus difficile à dire qu’à faire, il a prié les parents, qui étaient assis en cercle dans une grande tente, de serrer leurs enfants dans leurs bras et de vivre le moment présent.

Surtout, il a indiqué qu’en tant que parent, on pense que l’éducation doit inévitablement être unilatérale alors que les enfants peuvent donner de grandes leçons aux plus grands. Il y avait dans cette tente, une chaleur humaine indescriptible et Mario Cantin a prié tout le monde de se prendre dans leurs bras.

Cette aventure en est une de défi physique, certes, mais a le potentiel de changer la façon de voir la vie.