Une boîte de motivation avec ça?

CHRONIQUE / Cette année, c’était la première fois que je décidais de m’occuper d’acheter les trucs d’Halloween.

Pour dire vrai, je ne sais pas trop ce qui m’a piqué, mais par un bel après-midi d’automne, alors que je déambulais dans les rangées du Walmart, j’ai soudainement senti l’impulsion de prendre les devants et ainsi d’acheter des boîtes de friandises, de chocolats et de chips.

« Ça sera ça de fait », que je me suis dit fièrement.

Au début, tout était sous contrôle.

Chaque jour, alors que je travaillais dans mon bureau, je lorgnais du coin de l’œil ces boîtes pétantes de couleurs alléchantes qui me donnaient l’impression de travailler dans un petit commerce de bonbons.

De là à dire que j’étais tenté de m’en empiffrer, je n’irais pas à franchir cette ligne, car une petite voix me rappelait sans cesse que ces bonbons étaient destinés aux enfants du voisinage pour la grande soirée de l’Halloween.

Maintenant, je peux vous en passer un papier que les enfants du quartier n’ont pas été déçus de leur passage par notre maison, mais ce que ces gamins ne sauront jamais, c’est que les bonbons qu’ils ont reçus étaient ceux de la seconde génération.

Le truc, c’est qu’entre ma lune de miel de m’être occupé d’avoir acheté les bonbons d’Halloween et le fameux soir d’Halloween, il s’est passé un tas de choses.

Tout d’abord, il y a eu ce soir où mon garçon est arrivé telle une explosion de joie pour m’annoncer qu’il avait obtenu une note parfaite sur sa dictée. Alors, quand est venu le temps du dessert, je trouvais ça triste de lui offrir une bête compote de fruits pour célébrer l’occasion. J’ai donc décidé de le prendre par surprise en lui offrant deux mini-barres de Twix, question de faire « spécial ».

Dans une analyse textuelle, ce moment aurait été précisément le pivot de l’histoire. Et ici, je fais allusion au moment précis où j’ai délibérément ouvert la boîte de chocolats.

Car une fois ouverte, qu’est-ce qui allait alors m’empêcher de continuer à piger dans cette réserve pratiquement infinie de calories et de glucides ?

Un petit chocolat par ci et un autre par là et on n’y voit que du feu à la fin.

En fait, non. Car à la fin, ce n’est pas du feu qu’on y voit, mais bien une boîte tristement vide et, comme par magie, voilà que le ventre de votre humble narrateur a soudainement gagné en volume. Rien ne se perd, rien ne se crée, comme on dit.

J’imagine que si ça n’avait été que de cette diabolique boîte de chocolats, ça aurait déjà suffi à faire de mon aventure une espèce de version contemporaine de la mythique Boîte de Pandore, mais si vous n’aviez pas déjà vos deux mains posées sur votre visage en signe de désolation, je vous suggérerais de le faire immédiatement, car la suite n’est vraiment pas glorieuse.

Alors voilà. Grosso modo, en plus d’avoir englouti une boîte de chocolats (avec un peu d’aide de ma famille quand même), il y aussi cette boîte de jujubes qui a payé le prix. Mais bon, pour être franc avec vous, je ne me souvenais plus que les Starbust étaient délicieux à ce point-là. Certes, un seul Starbust aurait suffi à me le rappeler, mais mon esprit scientifique m’a dicté de pousser encore plus loin mes recherches.

Et enfin, comme si je n’avais pas déjà assez honte, il y a eu aussi cette boîte de petits sacs de Doritos.

Et là, quand je vous parle de honte, je suis convaincu qu’il n’existe aucun autre mot pour qualifier ce que je ressens. Car voyez-vous, cette boîte de Doritos, je l’ai gardée cachée dans le placard de mon bureau, souhaitant de tout mon cœur qu’elle finisse par disparaître par magie avant que je n’en engloutisse tout le contenu. Mais non.

Et comble de la honte, voilà que mon amoureuse a fini par tomber sur la boîte et, quand elle m’en a fait part, j’ai même osé hésiter pendant un instant tenter d’inventer une histoire, mais en vain.

De toute façon, mon gros ventre m’a littéralement trahi.

Alors maintenant que l’Halloween est terminée, on demande quoi pour Noël ?

Bien de la motivation devrait être un bon départ. Et une boîte ferait vraiment l’affaire.