Un tournoi qui fait réagir

CHRONIQUE / Le 12 mai prochain, à Jonquière, il y aura un tournoi de chasse à la marmotte. Ceux qui ne sont pas des adeptes de chasse ont de la misère à concevoir qu’on puisse retirer du plaisir dans le geste de tuer un animal aux allures inoffensives.

Pour les chasseurs, c’est une occasion de pratiquer leurs habiletés de tireurs.

Cette journée sportive ne veut pas dire que ce sera un massacre. Les marmottes ne sortiront pas instantanément leur tête de leur terrier, comme dans les jeux vidéo. 

Depuis toujours, les agriculteurs font affaire avec des chasseurs pour tuer les indésirables marmottes qui endommagent leurs cultures et dont les terriers risquent de briser leurs machineries. De plus, un animal, tel qu’un cheval, qui met la patte dans un trou de marmotte, peut subir une fracture. Pas obligée de vous dire qu’il faudra rapidement abréger ses souffrances en l’euthanasiant. Une patte cassée, chez des animaux de ce poids, y compris les vaches et les bœufs, c’est très dur à soigner. 

Pour le chasseur, la chasse à la marmotte n’a rien de très stratégique, mais c’est tout un défi au niveau de la précision. Cette pratique, qui combine l’utile à l’agréable, lui permettra d’améliorer son tir et lui apprendra à bien gérer son stress pour éviter éventuellement de perdre un gros gibier en l’ayant simplement blessé.

Les chasseurs contribuent aussi à diminuer la consommation de viande d’élevage en appréciant davantage leur viande de chasse. Sauf que cette fois-ci, bien que jadis les familles québécoises se délectaient de la marmotte, la plupart des chasseurs ne la consomment pas. Il faut dire que si le point d’impact arrive ailleurs que sur la tête, la viande est irrécupérable étant donnée l’ampleur des dommages par rapport à la grosseur de l’animal. Pourtant, rien n’empêche les gens outrés par cette activité de venir chercher les bêtes utilisables pour les arranger. Il existe de très bonnes recettes de mijotés de marmottes sur Internet. D’ailleurs, il serait intéressant qu’un restaurateur de Jonquière apprête les marmottes pour fêter ce tournoi le 12 mai prochain, à moins que les normes du MAPAQ l’interdisent. Sinon, les bêtes mortes serviront tout de même à nourrir d’autres animaux tels que les rapaces, les renards et les coyotes. 

Si votre réflexe, en voyant une marmotte sur votre terrain, est de l’apprivoiser en lui offrant de la nourriture, plutôt que de la chasser, votre geste voue aussi l’animal à une mort certaine. Ne craignant plus les activités humaines, elle risque de finir écrasée par une voiture, attaquée par un chien ou empoisonnée par un voisin.