Un incontournable de la recherche

CHRONIQUE / L’événement scientifique multidisciplinaire le plus important de la francophonie mondiale se tient en 2018 à l’Université du Québec à Chicoutimi. Le 86e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) se démarque par sa volonté de faire circuler les connaissances, autant dans le milieu de la recherche que dans l’ensemble de la société. En cela, ses retombées sont majeures non seulement pour la recherche, mais aussi pour les collectivités qui l’accueillent.

L’ACFAS organise un congrès annuel depuis 1933. Les fondateurs de l’événement n’auraient sans doute pas imaginé le voir devenir, 86 éditions plus tard, le plus important rassemblement scientifique multidisciplinaire de la francophonie.

Cette année, plus de 3000 chercheurs et étudiants en provenance de plus de 30 pays sont attendus à l’UQAC. Cette convergence donnera lieu à près de 120 colloques et à plus de 600 communications libres, pour un total de 2154 communications scientifiques.

Contrairement à la plupart des rassemblements scientifiques, qui se concentrent sur une discipline en particulier, le congrès de l’ACFAS rassemble des chercheuses et chercheurs œuvrant autant en sciences humaines, en sciences sociales, en sciences de la nature, en génie, en sciences de la santé. Mobilisant des chercheurs de tous horizons, le congrès de l’ACFAS crée un climat propice aux échanges par-delà les frontières disciplinaires qui structurent le milieu académique.

À ce décloisonnement s’ajoute la volonté de favoriser le dialogue entre sciences et société. Cela passe notamment par une vaste programmation d’activités grand public gratuites. À travers elle, la population est appelée à découvrir l’arrière du décor, à démystifier toutes les formes de sciences en visitant des laboratoires, en apprenant comment se créent les jeux vidéo, en participant à diverses activités de vulgarisation, incluant la finale nationale du concours « Ma thèse en 180 secondes » où des étudiants doivent vulgariser leur thèse de doctorat en trois minutes. À cela s’ajoute l’enregistrement en public de plusieurs émissions de radio. L’ACFAS collabore ainsi avec plusieurs médias afin de permettre à leur auditoire d’en apprendre davantage sur la recherche. 

Par son influence, le congrès de l’ACFAS prend la forme d’une sorte de fête de la recherche francophone. 

Lorsque le congrès se déplace, comme cette année, en région, l’impact est peut-être encore plus positif. Au départ, le rassemblement était tenu en alternance entre l’Université de Montréal et l’Université Laval, auxquelles s’est rapidement ajoutée l’Université d’Ottawa. La création de l’Université de Sherbrooke, puis du Réseau de l’Université du Québec a permis d’ouvrir l’accès à l’éducation supérieure aux régions du Québec. 

Le développement d’universités régionales a en effet permis à nombre de Québécois vivant loin des grands centres d’avoir accès aux études universitaires. L’UQAC, par exemple, accueille chaque année 7000 étudiants. Mille sont issus d’une cinquantaine de pays. À cela s’ajoutent les centaines d’employés nécessaires à son fonctionnement. Elle engendre donc des retombées économiques, sociales et culturelles importantes pour le Saguenay.

Plus important encore, les universités régionales ont développé au fil du temps des pôles d’expertise qui répondent aux enjeux locaux. Ceux-ci se retrouvent mis en valeur lors des congrès de l’ACFAS. À titre d’exemple, des colloques auront lieu cette année sur des sujets aussi divers que le fichier de population BALSAC, sur la transmission et l’apprentissage des langues autochtones, les minéraux ou sur l’impact social et culturel du fait d’habiter dans le Nord. Ils répondent dans tous les cas à des enjeux vécus par les communautés desservies par l’UQAC. 

La présence du congrès en région permet d’attirer l’attention sur l’excellence en recherche que ces institutions ont su développer depuis leur création et ainsi de mousser l’intérêt des Québécois à leur égard. L’événement permet en même temps d’animer le débat public autour des enjeux régionaux.

Mme Sauvageau est présidente de l’ACFAS