Chaque élection, le terrain du McDo est envahi de pancartes de candidats.

Trop, c’est trop

On l’a tous constaté, les trois affiches électorales en face du restaurant McDonald’s à l’angle des boulevards Talbot et de l’Université, à Chicoutimi, masquent le coin de rue et cachent en bonne partie la vue sur le restaurant.

Le propriétaire du McDo, Daniel Bédard, commence à être tanné, son coin de commerce se faisant placarder à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale. « Dans le cadre de cette campagne, seul le Parti libéral m’a téléphoné pour me demander la permission d’installer leur affiche, les autres ont planté leur pancarte sans me demander la permission », fait valoir l’homme d’affaires qui ne sait plus à qui s’adresser pour faire enlever ces affiches. « La Ville nous oblige à entretenir cette emprise de verdure et à planter des arbres lors de travaux de construction. Chaque printemps, je fais enlever l’épaisse couche de sable laissée par le déneigement pour entretenir l’emprise et garder ça propre. Lors des élections, on vient planter des deux par quatre dans le gazon et c’est permis, car ça se trouve sur les terrains de la Ville », dénonce le restaurateur, dont le coin de rue est convoité à chaque période électorale.

Au moins, demander la permission
« Je trouve ça odieux de s’installer comme ça devant mon restaurant sans demander la permission. J’avais le goût de faire venir les photographes et faire tomber les affiches avec une hache ou encore installer une grande banderole McDo devant les affiches, mais je ne trouvais pas ça très approprié », lance Daniel Bédard, qui avait même pensé inviter tous les partis à s’afficher pour rendre ça encore plus ridicule.

« Je paye près de 100 000 $ de taxes municipales chaque année et je dois subir ce placardage chaque fois qu’il y a une élection. C’est sans compter que des clients se sont fait mal au pied en marchant dans un trou causé par les bouts de bois plantés dans le gazon une fois que les affiches sont enlevées », signifie l’homme d’affaires.

« En plus, leurs installations ne sont pas du tout esthétiques, les affiches sont installées sur des bouts de bois plantés à la masse, ce n’est pas un décor intéressant pour la clientèle », met-il en relief. « Je trouve ça insultant de faire ça sans nous demander la permission, d’autant plus qu’on a rarement dit non. Endurer ce décor pendant plus de six semaines, je trouve que c’est long », exprime Daniel Bédard.

C’est vrai que ces affiches sont envahissantes, elles cachent même une publicité promotionnelle que le restaurateur a installée sur son terrain. Ce coin de rue a beau être un des plus fréquentés de la ville, il y a des limites à embêter un commerçant chaque fois que nous sommes invités aux urnes.

La loi permet l’affichage
Sur le site Internet du Directeur général des élections, la loi indique clairement que l’affichage est permis sur les propriétés de la municipalité et que les affiches doivent être placées de façon à éviter toute obstruction visuelle par rapport à la signalisation routière et à ne pas compromettre la sécurité routière ni la sécurité publique.

La loi dit également qu’aucune affiche ne peut être placée sur l’emprise contiguë à un immeuble résidentiel, d’une voie publique, mais ce règlement n’inclut pas les immeubles commerciaux. À la Ville de Saguenay, le porte-parole Jeannot Allard a confirmé qu’il n’y a aucune réglementation qui encadre l’affichage électoral, sauf celle prévue par la loi provinciale.

Les partis pourraient s’entendre pour placer chacun une seule affiche en se partageant les coins de rue au lieu de placarder toujours le McDo. C’est ce que j’appellerais être à l’écoute de la population.