Une ville, une rivière

CHRONIQUE ESTIVALE / Elle a donné son nom à une ville, à une région. Si ce Royaume compte une reine, c’est décidément la majestueuse rivière Saguenay. On raffole du fjord, mais on peut aussi profiter du cours d’eau en zone urbaine, dans la capitale régionale, pour un petit moment ou un plus long. Voici quelques idées.

De la Petite et Grande Décharge au Lac-Saint-Jean jusqu’au fleuve Saint-Laurent, le Saguenay coule sur 160 kilomètres. Malheureusement, on ne dispose pas toujours d’assez de temps pour descendre jusqu’aux baleines à Tadoussac, en passant par la statue de la Vierge à Cap-Trinité, ou pour remonter jusqu’à la Ville de l’Hospitalité, porte d’entrée de la contrée des Bleuets. S’il faut demeurer à Saguenay, on peut aussi en tirer parti. Notez que je côtoie plus la rive sud que la nord, désolée pour ceux qui se sentiraient délaissés.

Pour commencer, oubliez l’autoroute, même si elle rend hommage à l’industrie de l’aluminium. Pour un déplacement entre Jonquière et Chicoutimi, il faut prendre le boulevard Saguenay. C’est une véritable petite route panoramique, et en descendant la côte Saint-Jean-Eudes, la vue est splendide. Durant chaque trajet pour aller travailler, je contemple la rivière, les falaises, le reflet du ciel, les variations de la météo et des saisons, et je prends une bonne bouffée d’optimisme.

Par une chaude journée d’été, il fait bon s’arrêter déguster une crème molle trempée dans le chocolat, chez l’entreprise régionale Chocolats Lulu. On peut transporter son délice glacé un peu en voiture, en direction de Chicoutimi, et se stationner sur le bord de la rivière, en prenant l’entrée avant le Motel Panoramique. Il n’y a pas vraiment d’indication, mais c’est un coin parfait pour pique-niquer, méditer, ou même pêcher, selon ce que j’ai déjà pu voir.

Au coucher du soleil, cette halte entre Chicoutimi et Jonquière, sur le boulevard Saguenay, permet de bien respirer un moment.

Justement, si vous cherchez un restaurant avec vue, le bar à vins Le Charnu se trouve à côté. C’est intime et le concept des tapas change de la routine. Pour prendre un verre au centre-ville, c’est l’Appartement où mon cœur penche. Surtout si c’est mercredi et que Saguenay Swing organise une soirée dansante. Quand le soleil se couche, la terrasse offre un beau coup d’œil sur le Vieux Port et le pont de Sainte-Anne. Il y aussi le palais de justice d’où l’on peut regarder ces paysages, au deuxième étage, mais à moins que vous couvriez un procès, je ne vous le recommande pas...

Sur la rue Racine, un coin vraiment sous-estimé est le Centre historique des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Le musée permet de découvrir celles qui ont éduqué quelques générations dans la région. Prenez-le en note pour l’an prochain, la congrégation fêtera son 125e anniversaire, et des activités d’animation sont prévues. Simplement dans le stationnement, la rivière se montre toute belle en pointant vers Saint-Fulgence.

Pour continuer jusqu’à La Baie, on peut emprunter le rang Saint-Martin et ses champs bucoliques. En rentrant chez moi, à Arvida, pour bien assumer mon rôle de guide touristique, je ferais un détour par le pont d’aluminium, un défi d’ingénierie comme me l’a décrit mon père.

Le métal gris pose des contraintes intéressantes pour une infrastructure, étant sensible à la température. Si on a le temps pour une petite randonnée, on peut aller se promener dans les sentiers du Saguenay, accessibles tout près.

C’est trop bref, je le sais. Surtout que si on visite un royaume, il ne faudrait pas manquer d’aller saluer son roi, le lac Saint-Jean. Souvenez-vous-en !

Chez les soeurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, on ne se lasse pas de la vue, bien plus belle en vrai comme on s’en doute.