L’embouchure de la rivière du Cran sur la rivière Ashuapmushuan est inaccessible pour le commun des mortels, à moins de descendre la rivière en canot ou de participer à une excursion de pêche à la ouananiche à la mouche organisée par la CLAP Lac-Saint-Jean dans le cadre d’un tirage au sort.

Secrets bien gardés des sites de pêche

CHRONIQUE ESTIVALE / La magnifique voix radiophonique de l’anthropologue Serge Bouchard raconte sur les ondes de Radio-Canada la découverte du lac Saint-Jean par les riches Américains qui en font une destination touristique de rêve. Un lac d’une eau d’une pureté exceptionnelle alimenté par de grandes rivières sauvages habitées par des ouananiches en abondance qui virevoltent dans les rapides au grand plaisir des pêcheurs munis de cannes de bambou...

Le lendemain matin, je prends place dans le «freighter» 18 pieds de la Corporation Lactivité Pêche en compagnie du guide Luc Girard à la hauteur de la halte des Draveurs sur la rivière Ashuapmushuan. Une petite balade de sept kilomètres entre les roches et nous accostons sur le banc de gravier à l’embouchure de la rivière du Cran, un lieu bien connu des pêcheurs et des Innus.

Il fallait que l’anthropologue me rappelle combien ces rivières sont belles et grandes pour que je prenne conscience de cette réalité. La rivière Ashuapmushuan, que l’on identifie comme étant la plus grande frayère à ouananiche indigène de la planète, a aussi été pendant des temps immémoriaux la route empruntée par les familles indiennes qui se déplaçaient entre la baie d’Hudson et la rivière Saguenay.

Il existe plusieurs points de vue accessibles facilement pour ceux qui n’aiment pas les émotions fortes que procurent des descentes de canot. Le camping Chute à l’Ours de Normandin est l’un de ces endroits. Il est aussi intéressant de planifier un repas en plein air à la halte de la chute à Michel de Saint-Félicien, juste avant le Zoo sauvage.

Le plus beau spectacle nécessite une plus grande balade dans la réserve faunique Ashuapmushuan. Il est relativement facile d’atteindre en véhicule les chutes de la Chaudière à partir de la route 138. L’endroit est bien indiqué sur les panneaux. Il faut cependant être prudent quand on visite les chutes. Il s’agit de la barrière naturelle pour le saumon d’eau douce. Le site est à couper le souffle. L’endroit se prête bien pour un repas en plein air.

Les aventuriers peuvent se planifier une descente en canot par tronçons ou même dans un seul trait à partir du lac Ashuapmushuan non loin de Chibougamau. J’ai eu la chance de réaliser cette descente (six jours) au début des années 1990 avec le Regroupement pour la protection de l’Ashuapmushuan (RPA) qui a fait reculer Hydro-Québec avec ses projets de barrage qui auraient fait disparaître bon nombre de paysages exceptionnels dont celui des chutes Chaudière.

Une descente qui vous fait passer des moments inoubliables dans les rapides du canyon du Fer à cheval, de l’Engoulevent et l’Épinette blanche avec deux kilomètres de rouleaux et de bouillons blancs. Ces excursions nécessitent cependant une très bonne connaissance du canot de rivière ainsi qu’une bonne planification.

Les rivières Mistassini, Métabetchouan et Péribonka, malgré les barrages, offrent aussi des paysages à couper le souffle. Je fréquente la 2e chute de la rivière Mistassini pour la pêche ainsi que le Trou de la fée de Desbiens et la palissade du Cran serré sur la même rivière.

Comme vous le constatez, la pêche est un très bon moyen pour découvrir des lieux d’intérêt. Le dernier site dont je vous parle est un lac découvert il y a quelques années. La pêche à la truite est inqualifiable. Le sentier pour se rendre à ce lac passe par le toit du monde et donne un point de vue à couper le souffle sur un très grand territoire sauvage.

Vous allez comprendre que je ne fournis pas la carte pour s’y rendre...