Le point de vue sur le fjord depuis l’anse à Poulette est magnifique.

L’anse à Poulette, un joyau méconnu

CHRONIQUE ESTIVALE / Le secteur du sentier Eucher, à La Baie, est bien connu, car il offre l’un des meilleurs ratios effort/panorama depuis le sommet où trône la croix du Centenaire sur la péninsule du cap à l’Ouest. Peu s’aventurent au-delà de la cime très fréquentée dominant la baie des Ha ! Ha ! Pourtant, la boucle qui se poursuit permet de visiter un endroit idyllique et sauvage aux abords du fjord du Saguenay : l’anse à Poulette. Entourée de murailles, elle se dessine entre une faille géologique et un bucolique ruisseau.

Accessible par le sentier de difficulté intermédiaire nommé Les berges, ce havre de mouillage est aussi une destination de prédilection pour les activités de nautisme au départ de La Baie, particulièrement le kayak de mer ou la voile. Le ruisseau qui s’y jette dans le Saguenay est magnifique, et le point de vue sur l’imposante paroi François-Xavier-Garneau et le cap Rasmussen est sensationnel.

L’anse à Poulette est une destination magique, peu importe les saisons. En hiver, une randonnée en ski nordique via les glaces en fait une halte de choix afin de s’abriter. L’automne promet un décor surréel, en raison de la grande présence de feuillus qui s’y trouvent, phénomène assez rare parmi les parois rocheuses du fjord. Et l’été, la baignade y est possible, autant à marée haute qu’à marée basse, en raison de la faible profondeur d’eau dans l’anse. Et les aventuriers printaniers, délaissant leurs raquettes pour leurs crampons, côtoieront le ruisseau qui s’y jette. Charmant, le filet d’eau devient torrent en période de crue, dont le son est envoûtant, répercuté par l’amphithéâtre naturel que forme l’anse à Poulette.

Lorsque je m’y rends en kayak, il n’est pas rare que je croise des phoques, qui semblent (avec raison) apprécier particulièrement l’endroit. Fouler le sentier procure aussi son lot de découvertes. On traverse une vaste cédrière, et c’est un des rares endroits où j’ai pu observer une orchidée rare et magnifique, le sabot de la vierge. Le sentier étant une boucle, le retour se fait en pleine forêt, juste en dessous d’impressionnants à-pics, et ramène près de la croix du Centenaire.

La toponymie de l’endroit recèle aussi de découvertes. Certaines sources évoquent le gouverneur britannique Charles Edward Poulett Thomson, dont on aurait francisé le nom, alors que sur certaines cartes figure le nom d’anse à Paulette. Les vieilles mémoires baieriveraines évoquent parfois le surnom d’un homme qui y possédait une petite habitation, qu’on appelait familièrement Poulette.

Comment y accéder ?

Par le sentier Eucher, qui débute à la marina de La Baie, puis par le sentier Les Berges, cette boucle qui se poursuit une fois le sommet avec la croix du Centenaire atteint.

Coût

Gratuit