Denis Bouchard
Le Quotidien
Denis Bouchard
Marc Asselin
Marc Asselin

Souffler le chaud et le froid

CHRONIQUE / La réponse du maire d’Alma, Marc Asselin, aux critiques relatives à sa façon de mener les échanges autour de la table du conseil, en privé et en public, n’est pas tout à fait en phase avec les propos des accusateurs et ne saurait compter pour des excuses, et encore moins un aveu.

Après son point de presse de jeudi matin, les citoyens almatois savent que le maire est désolé de la tournure des événements, mais ils ignorent pourquoi au juste. Il a justifié son attitude par sa passion et son intensité, deux notions qui n’ont rien à voir avec ce que les conseillers Olivier Larouche et Audrey Villeneuve lui reprochent, notamment le manque d’ouverture aux opinions contraires.

Sa sortie médiatique soulève davantage de questions qu’elle a offert de réponses. Si le maire de la deuxième plus grande ville du Saguenay–Lac-Saint-Jean avait de bonnes intentions, il a échoué lamentablement le test de la communication et, surtout, celui de la transparence. Il n’a pas répondu aux questions des journalistes, une décision avec laquelle il vivra la dernière année de son mandat.

S’il y a un élément positif dans sa déclaration, c’est son engagement à mieux contrôler sa « passion », mais pas avant que son attitude fasse les manchettes des médias. Il a fallu qu’un jeune dans la vingtaine le dénonce haut et fort pour qu’il accepte de réviser son comportement. Le fait qu’il n’ait pas abordé nommément les critiques des conseillers Larouche et Villeneuve laisse les électeurs sur leur appétit.

Le message de Marc Asselin, après une deuxième écoute de son point de presse, est toujours difficile à décortiquer. Affirmant d’une part qu’en 18 ans à la table du conseil, il n’a jamais vu l’ombre de ce qui lui est reproché, il promet d’autre part qu’il va adoucir le ton et être davantage à l’écoute des autres.

Le conseil a décidé de gérer l’affaire entre quatre murs, à la faveur d’une réunion spéciale tenue mercredi. Jeudi, après la rencontre de presse du maire, celui qui est à la source de la crise, Olivier Larouche, s’est dit à l’aise avec le modus operandi et a offert toute sa collaboration.

Peut-être que l’opération du maire Asselin aura un certain résultat, mais l’efficacité de son message repose davantage sur la bonne volonté d’Olivier Larouche, d’Audrey Villeneuve et de l’ensemble des conseillers qui ont, de toute évidence, décidé de laisser la chance au coureur.

Après tout, Marc Asselin, qui n’a toujours pas annoncé sa décision sur les prochaines élections de novembre 2021, ne pourrait avoir à gérer sa passion qu’une seule petite année…

Il se pourrait que cette histoire se termine ici et que le maire passe pour un homme capable de changer ses comportements. Une chose est certaine : les conseillers Larouche et Villeneuve ont accroché des grelots à sa personnalité.

Le maire d’Alma est un personnage en soi, qui n’a pas la langue de bois, qui peut raconter des anecdotes qui feraient scandale aujourd’hui, mais sa bonhomie fait qu’on l’excuse facilement. Marc Asselin n’a pas toujours été patient envers ses détracteurs, mais son bilan est aussi rempli de réalisations, qu’il suffise de nommer les Jeux du Québec, le Centre d’excellence sur les drones, la création de la Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL), la rénovation du Centre Mario-Tremblay et, fait non négligeable en ces temps où la probité en prend pour son rhume, on ne l’a pas pris dans des magouilles.

Sa conférence de presse a été une illustration du personnage. En pareille circonstance, on se serait attendu à un ton grave, en tout cas plus officiel, mais c’est mal le connaître. Avait-il besoin de préciser que sa vie était autour de sa tondeuse, sa souffleuse et de son bateau pour finalement essayer de convaincre que la ville lui tient à coeur ?

Il a reproché aux médias de faire tout un plat avec cette histoire, ce qui se veut une façon d’atténuer les critiques. Il doit être le premier à savoir que l’intimidation sous toutes ses formes est un sujet chaud, depuis quelques années, et que plusieurs personnalités ont été déboulonnées pour leur comportement sans égard à leur contribution au sein de leur organisation respective.

Le fond de l’histoire, non, en fait, la goutte qui a fait déborder le vase du jeune conseiller municipal dans la vingtaine, Olivier Larouche, a pour origine la séance municipale du 5 octobre dernier, qui a trouvé écho dans le journal Le Lac-Saint-Jean en début de semaine. Dans un article, Olivier Larouche a dénoncé la gestion du maire, qu’il ne juge pas propice aux débats et à l’expression des opinions contraires aux siennes.

Ce chapitre nous ramène aux priorités ambiantes qui passent par le respect de l’intégrité physique et morale de toutes et tous. Surnommée la Ville de l’Hospitalité, Alma devrait aussi être un endroit où les représentants du peuple sont les bienvenus !