Sophie Champagne, du Groupe Jean Coutu, Maxime Deschênes, des supermarchés Maxi, Mgr René Guay, évêque de Chicoutimi, Bertin Riverin, directeur général de la Soupe populaire de Chicoutimi, et Mgr André Rivest au lancement de la Guignolée des médias.

«Vous êtes la voix des pauvres»

CHRONIQUE / Quand j’ai rencontré l’évêque de Chicoutimi, Mgr René Guay, je lui ai demandé ce que ça lui faisait de voir que nos églises sont vides et que de moins en moins de gens s’intéressent à la pratique de la religion.

« Vous savez, il n’y a pas que la liturgie dans l’Église, ça prend amour et générosité aussi. La Guignolée des médias est un beau témoignage d’amour, de partage et de générosité », a commenté Mgr Guay à l’occasion de la rencontre de presse de la campagne de financement des sept soupes populaires de la région.

« Je célébrerai la messe de minuit à la cathédrale de Chicoutimi avec les gens qui veulent vivre cette liturgie, mais je serai aussi dans les rues le 6 décembre pour soutenir et encourager les bénévoles qui récolteront les dons des automobilistes », fait valoir le nouvel évêque de Chicoutimi.

Fête de la consommation

Est-ce que ça vous déçoit de constater que la fête de Noël est devenue la fête de la consommation ? « Il y a eu un déplacement, mais les valeurs de partage et de générosité sont toujours au cœur de cette fête. Je préfère citer le bon pape Jean XXIII qui disait : “Il ne faut pas lutter contre les ténèbres, il faut faire jaillir la lumière” », philosophe Mgr Guay.

« À l’approche de Noël, les gens sont portés par ces sentiments et on le constate avec les paniers de nourriture et les dons qui sont récoltés tout au long du mois de décembre. Les gens sont plus généreux durant cette période », fait remarquer celui qui assume sa première présidence d’honneur de cette campagne qui en est à sa 27e édition.

L’ancien et le nouveau, comme les deux testaments – la blague n’est pas de moi, c’est Mgr Rivest qu’il l’a fait avant qu’on fredonne Il n’y a qu’un dieu qui règne dans les cieux –, les deux messeigneurs assument donc la présidence d’honneur de la 27e Guignolée des médias. « Je voudrais remercier les médias ; c’est grâce à vous qui permettez ce format de cueillette publique. Vous êtes la voix des pauvres », a clamé Mgr André Rivest, coprésident d’honneur associé depuis 2004 à cette collecte de fonds.

« Grâce à vos interventions, vous faites voir le visage de la pauvreté et leur dignité même s’ils vivent des difficultés », a relevé l’évêque à la retraite, qui a souligné l’initiative de Mgr Jean-Guy Couture et de l’animateur de CBJ Radio-Canada à l’époque, Marc Bergeron, qui ont donné la poussée nécessaire à cette initiative.

Environ 273 repas par jour

Je suis toujours consterné de constater que les sept soupes populaires de la région servent en moyenne 273 repas par jour à des gens dans le besoin. Selon un sondage réalisé par la Guignolée des médias, plus d’un Québécois sur trois a de la difficulté à subvenir à un besoin de base (alimentaire, en santé ou résidentiel). À la Soupe populaire de Chicoutimi, les bénévoles ont servi plus de 26 000 repas en 2017 à raison de sept jours sur sept.

« Noël n’est pas égal pour tous, mais il y a un réel esprit de partage et de générosité qui s’installe. L’argent amassé à l’occasion de la fête de Noël permet de financer des repas pour toute l’année, car les besoins sont toujours là et de plus en plus présents », fait valoir René Guay, l’évêque de Chicoutimi.

Appel à la générosité

C’est une des rares fois où la phrase « c’est de la faute aux médias » est agréable à entendre. « C’est de la faute aux médias si cette guignolée est un succès année après année », a lancé Mgr Rivest au début de la rencontre de presse. À la première édition, en 1992, l’événement avait permis de récolter près de 17 000 $, alors qu’en 2017, le montant récolté était de 236 000 $. « Ce montant représente 60 % de notre financement », a précisé Bertin Riverin, directeur général de la Soupe populaire de Saguenay.

Alors, quand les bénévoles prendront d’assaut les 58 coins de rue de la région, de Saguenay à Saint-Félicien en passant par Alma et Dolbeau-Mistassini, ne faites pas de détour pour les éviter, au contraire, préparez votre argent et donnez-le aux quêteux aux intersections. Faites-en un peu plus même. Si vous pensiez donner un dollar, donnez-en deux, si vous pensiez vous en débarrasser pour deux dollars, donnez-en cinq. Essayez-le, je vous le dis. Laissez tomber un 20 $, vous allez voir, ça va vous faire du bien dans votre cœur, vous allez vous sentir généreux.

Ne vous gênez pas pour passer le chapeau dans votre milieu de travail, ceux qui n’ont pas eu la chance de les croiser en automobile pourront ainsi contribuer, on ne peut rien refuser à un collègue de travail qui se donne la peine de prendre cette initiative.