Le chef Claude Laprise et la propriétaire d’Imago, Martine Houde, procéderont à l’ouverture officielle du bistrot La Boca le vendredi 21 juin.

Une table bistrot au Lac

CHRONIQUE / Les gens d’Imago Village, ceux qui opèrent, entre autres, une offre de restauration gastronomique dans une yourte avec vue panoramique sur le Valinouët, se lancent dans l’aventure d’un bistrot sur les berges de la Belle-Rivère, à Métabetchouan, le long de la route régionale.

Ça fait plaisir de renouer avec les talents culinaires du chef Claude Laprise, une vieille connaissance que j’ai vue évoluer au restaurant Inter sur la rue Racine, à Chicoutimi, pendant une douzaine d’années. Le bistrot La Boca, qui se traduit par « La Bouche », propose un menu qui nous fera oublier les multiples cabanes à patates frites de la route régionale.

« J’étais un peu tanné de la rue Racine et j’avais besoin d’un nouveau défi. Quand j’ai rencontré Martine (Houde) d’Imago, il y a deux ans, elle voulait offrir un service de restauration dans une yourte pour les motoneigistes et les visiteurs du Valinouët. Elle m’a donné carte blanche pour le menu », raconte le chef de 22 ans d’expérience.

La poutine au boudin noir Perron est composée de pommes de terre grelots au gras de canard, de fromage en grains Médard, d’une compote de pommes et d’unesauce secrète.

Commencer avec rien

« À ma première commande de nourriture, le camion de livraison ne pouvait pas monter la côte où est installée la yourte. J’ai dû me rendre au camion avec une motoneige à moins trente degrés Celsius et un traîneau pour ramasser ma commande. Sur la rue Racine, on me livrait ça dans le réfrigérateur », témoigne le chef.

« On a commencé avec rien. Au début, je cuisinais avec un petit poêle à un rond à induction et je lavais la vaisselle dans l’évier du bar. Il y avait 50 places à l’intérieur. L’année d’après, nous avons construit une cuisine et nous sommes passés de 50 à 120 places. Le succès est incroyable, il y a des soirs où j’ai cuisiné seul pour 120 clients », raconte Claude Laprise, qui ramène avec lui ses idées de cuisine boréale, pour les offrir sur le bord du lac Saint-Jean.

Un terroir de qualité à proximité

Claude Laprise a entamé sa carrière avec le chef Normand Laprise au restaurant Le Toqué de Québec. « C’est mon mentor, il a toujours cherché à faire honneur aux produits des différents producteurs pour les mettre en valeur sans les transformer. Ici, sur le bord du lac Saint-Jean, l’offre de produits à proximité est incroyable », dit-il.

Le chef Claude Laprise et la propriétaire d’Imago, Martine Houde, procéderont à l’ouverture officielle du bistrot La Boca le vendredi 21 juin.

« Je travaille avec les produits de la Fromagerie et de la Boulangerie Médard, je cuisine aussi avec les produits de la Fromagerie Perron, les bières de microbrasserie et les fruits et légumes des producteurs maraîchers du coin. Je dispose de produits du terroir de grande qualité », tranche le chef, qui tient à travailler de près avec les producteurs.

J’ai goûté à sa salade de topinambours aux endives, pommes roquettes, graines de citrouille grillées et vinaigrette boréale. « Normalement, un chef aurait eu le réflexe d’utiliser des amandes, mais quand on travaille avec les produits du terroir, ça nous invite à utiliser des graines de citrouille », fait-il remarquer. Pour la vinaigrette boréale, le chef a eu l’excellente idée de récupérer le mélange d’herbes boréales utilisé pour la fabrication du gin Km12, après fermentation, pour les utiliser comme fines herbes dans sa vinaigrette. « Au lieu de jeter les herbages de fermentation de la distillerie de Falardeau, nous leur donnons une nouvelle vie. Ça connaît un tel succès que nous avons l’intention de commercialiser la vinaigrette dans quelques mois », fait savoir Claude Laprise.

J’ai goûté aussi au tartare de cerf rouge avec des canneberges séchées au Km12, du caramel de betterave et de la poudre de canneberge ; c’est meilleur que le tartare d’Au Pied de Cochon. J’ai aussi goûté à une entrée de boulettes de porc biologique du Lac avec un jus de camerises sauvages, réduit au vin rouge. J’ai léché le fond du plat avec mes doigts.

J’ai terminé avec une poutine au boudin noir Perron, composée de pommes de terre grelots au gras de canard, de fromage en grains Médard et d’une compote de pommes, le tout arrosé d’une sauce secrète qui sera aussi commercialisée dans quelques mois. Je faisais des détours par Québec pour manger du boudin noir, et le meilleur se trouve maintenant à Métabetchouan, dans les locaux de l’ancienne Coop O’Soleil.

Le long de la route régionale

La propriétaire d’Imago Structures et d’Imago Village de Falardeau, Martine Houde, est fière d’avoir trouvé sa place au Lac-Saint-Jean. « Ça fait plusieurs années qu’on surveille pour s’installer au bord du lac et là, nous avons cet endroit stratégique le long de la route régionale. C’est parfait », dit-elle.

« Notre expérience culinaire en face de la montagne du Valinouët est un véritable succès et nous voulons poursuive l’aventure ici en période estivale », explique-t-elle, après avoir consacré un mois aux travaux pour refaire l’intérieur de la bâtisse au bord du lac.

Pour ce qui est des défis, le chef Claude Laprise est bien servi, mais il rêve du jour où il pourra aller pêcher des dorés et des ouananiches dans le lac Saint-Jean pour les faire cuire à sa clientèle, tout comme il aimerait cuisiner de l’orignal pendant l’hiver.

« Notre véritable identité culinaire, ce sont nos viandes de gibiers. On ne peut même pas les cuisiner au restaurant. Peut-être que les mouvements sociaux contre la mondialisation vont nous rapprocher des produits de notre terroir », espère Claude Laprise, qui profite de tout ce que les producteurs locaux peuvent lui fournir.

L’ouverture officielle est prévue pour le vendredi 21 juin, le jour du solstice d’été.

Allez goûter au terroir du Lac, et vous m’en reparlerez !