Les membres de l’équipe du Sénégal ont reçu leur visa canadien mardi en fin d’après-midi.

Une crise diplomatique évitée

CHRONIQUE / La ville de Desbiens était à quelques heures de se retrouver au coeur d’une crise diplomatique, mardi après-midi. Deux pays africains n’avaient pas encore eu leur visa pour entrer au Canada afin de disputer le 48e Championnat mondial de pétanque qui se déroulera du 13 au 16 septembre sur les terrains du Juvénat.

Le président de la Fédération sénégalaise de sports boules, Gass Ezzedine, a fait une sortie médiatique sur Senenews TV au Sénégal dénonçant l’excès de zèle du Canada. «À 24 heures du départ, il y a seulement deux pays de qualifiés. Un mondial sans les pays africains, ce n’est pas un mondial», a fustigé le président de la fédération.

Lundi, la station de télévision TV5 Afrique fait état qu’à «N’Djamena se déroulent les derniers entraînements pour l’équipe nationale avant les Championnats du monde au Canada. Le Tchad, vice-champion d’Afrique en 2013, a décidé de mettre la barre haute. C’est avec une grande détermination que la délégation tchadienne compte se rendre à Desbiens au Canada, aux championnats du monde, qui débutent le 13 septembre. En attendant, les six membres, déjà munis de leur billet, attendent impatiemment le jour J, et surtout la validation de leur visa».

Risque de boycottage
Le président de la Fédération libanaise de pétanque, Jamal Hyjazi, a fait une sortie sur Facebook disant qu’il allait consulter les joueurs de son équipe, car il considérait appuyer les autres pays africains et boycotter le championnat de Desbiens. «L’Afrique est lésée, c’est un comportement inadmissible», a-t-il déclaré dans une vidéo faite à partir d’un téléphone intelligent à l’aéroport de Paris mardi après-midi.

Finalement, vers 16 h, la Fédération sénégalaise de sports boules a publié un message disant: «L’équipe nationale de pétanque en route vers Canada; visas délivrés. Bonne chance.»

C’est qu’en Afrique et en Europe, on ne badine pas avec la pétanque. En 2016, je vous l’ai déjà écrit, le championnat mondial avait lieu à Madagascar. La formation de Madagascar a remporté le titre contre le Bénin et à 24 heures de prendre l’avion, ces deux pays n’avaient pas encore leur visa. Heureusement pour le maire Nicolas Martel, tout est rentré dans l’ordre à la dernière minute, aux dernières nouvelles, l’équipe du Mali n’avait pas encore reçu de visa.

Le maire Nicolas Martel veille au dernies préparatifs avec Le vice-président de la Fédération internationale de pétanque et jeu provençal (FIPJP), Bernard Aurouze dans les bureaux de lKhôtel de ville de Desbiens.

Rien à envier aux autres pays hôtes
Sur le terrain, les bénévoles s’activent. «J’ai déjà travaillé 82 heures ces derniers jours, je n’ai jamais travaillé fort comme ça depuis que je suis à la retraite», lance Jean Langlais qui mettait la dernière touche à l’aménagement des terrains sous le chapiteau.

Je lui demande quel genre de personnes sont les boulistes et s’ils seront contents du terrain. «Les joueurs de pétanque sont aussi chialeux que les joueurs de golf, le terrain n’est jamais à leur goût, top dur, trop mou, trop de roches, pas assez de roches, trop éclairé, pas assez éclairé; c’est toujours comme ça», lance-t-il, précisant toutefois que les deux équipes jouent sur le même terrain.

«C’est le premier qui va s’adapter au terrain qui aura le plus de chance», lance Stéphane Sainte-Croix, qui était au championnat du Sénégal en 2010, à titre de vice-président de la Fédération canadienne de pétanque et coach de l’équipe canadienne. Il assure que les installations de Desbiens n’ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs. «J’ai participé à plusieurs championnats et nos installations sont parfaites», dit-il.

Les amateurs de pétanque de la région font partie des bénévoles qui montent les installations, ils ont hâte de voir arriver les délégations qui devaient se pointer en début de soirée mardi. Selon eux, c’est l’équipe de la France qui devrait gagner, disent-ils d’un commun accord alors qu’ils se mettent à spéculer à savoir qui sera le tireur pour l’équipe canadienne, peut-être Derlincourt (Jean-Michel) et pour la France probablement Lacroix (Henri). Le joueur français, Philippe Quintais, est 12 fois champion du monde et il sera à Desbiens.

Ça m’impressionne, ce championnat de pétanque à Desbiens. Les gens connaissent le nom des joueurs et leur palmarès. J’ai appris que l’équipe canadienne est composée de Redouanne Hamouchane, Khalid Hanafi, Yanick Laulhé (de Sherbrooke) et Jean-Michel Derlincourt. L’entraîneur s’appelle Alex Bendi. J’ai mes passeports pour les quatre jours de compétition, je vais donc vous jaser pétanque dans les prochains jours.

Le village s’endimanche
Je peux vous dire que la ruche d’abeilles de bénévoles à Desbiens est dans le jus. Les chapiteaux se montent jours et nuits sans compter tout l’affichage et les 1001 détails à régler. J’ai rencontré un couple de Joliette qui venait s’inscrire comme bénévoles pour la fin de semaine, ça bouge partout dans le village. Il y a de l’asphalte flambant neuf sur les 300 mètres de la 7e avenue pour accueillir les visiteurs sans parler des nombreux kilomètres d’asphalte qui se roulent jusqu’à Roberval. On déroule le bitume pour recevoir tout ce beau monde, Desbiens «s’endimanche» pour recevoir le monde de 48 pays.

Les bénévoles du Championnat mondial de pétanque de Desbiens préparent les terrains pour les tirs de précisions qui commenceront jeudi matin.

Les joueurs vont continuer d’arriver durant toute la journée mercredi, c’est le maire Nicolas Martel qui va les accueillir en personnes à l’aéroport de Québec pour les transporter au Lac en autobus. J’ai bien hâte de les rencontrer.