Russel Walters, un spécialiste du tourisme d’aventure aux États-Unis, et Gilles Simard, directeur du créneau d’excellence en tourisme d’aventure au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ont pu échanger dans le cadre du forum.

Une bonne tape dans le dos

CHRONIQUE / Russel Walters, directeur stratégique pour l’Amérique du Nord à l’Adventure Travel Trade Association (ATTA), un spécialiste du tourisme d’aventure aux États-Unis, était conférencier, jeudi, au Forum touristique régional, qui se déroulait à l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi. Il a voyagé partout dans le monde et possède une expertise inégalée dans son domaine.

Le spécialiste était à la tête du sommet international en tourisme d’aventure et écotourisme tenu dans la région en 2015, dans le cadre de la deuxième édition d’AdventureELEVATE, qui a regroupé 300 professionnels provenant d’agences de voyages, de conseillers en voyage, d’entreprises d’équipement de plein air et de journalistes spécialisés provenant de partout dans le monde.

Absolument merveilleux

Ce gars-là est une sommité dans le domaine du plein air, et il capote sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean comme destination aventure. Au début de sa conférence, il a présenté un montage vidéo réalisé lors de la visite des 300 professionnels en écotourisme dans la région en 2015. Les intervenants interrogés provenaient de l’Ontario, de la Californie, du Maine, de l’Utah, du Michigan, de l’Oregon et de l’Irlande.

Les mots qu’ils ont utilisés pour décrire la région sont : « incroyable, extraordinaire, merveilleux, absolument incroyable, absolument merveilleux, n’ai jamais rien vu d’aussi beau ».

« Ici, vous êtes gâtés. Vous êtes chanceux ; vous vivez ici, félicitations », a lancé le conférencier aux participants du Forum touristique régional.

« C’est beau dans le Maine où je vis, mais ici, c’est fabuleux », a continué le spécialiste, en s’exprimant en anglais, mais son discours était traduit simultanément pour les personnes unilingues.

Russel Walters de Adventure Travel Trade Association (ATTA), un spécialiste du tourisme d’aventure aux États-Unis considère le Saguenay-Lac-Saint-Jean comme un modèle de tourisme d’aventure dans le monde.

« Vous avez tout ça ici. On imagine souvent que c’est mieux ailleurs, mais ici, vous êtes en avance sur plusieurs pays dans le monde. Je l’ai vu de mes yeux. Je voyage partout dans le monde, et vous êtes véritablement une oasis d’aventure. Vous pouvez vous donner une tape dans le dos », a lancé celui dont l’organisation compte plus de 1300 membres partout dans le monde.

« Vous avez les paysages, vous avez les gens, vous avez la culture, la langue et la sécurité. Vos guides touristiques sont certifiés ; c’est unique. J’étais en Jordanie récemment, et ils ont parlé d’une certification pour les guides, mais ça va leur prendre cinq ans avant d’arriver à le faire », donne-t-il en exemple.

Un exemple dans le monde

« Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est un exemple dans le monde. Lors de rencontre sur le tourisme sur la planète, on vous cite en exemple. Vos gens sont exceptionnels. On les voit dans les événements. Ils ne restent pas assis sur un banc à leur stand d’information. Ils établissent des contacts, ils font du réseautage, ils collaborent entre eux. Les gens se serrent les coudes, ici. On ne voit pas ça ailleurs », témoigne le spécialiste.

Russel Walters a comparé le tourisme de masse avec le tourisme d’aventure. « C’est bien un autobus de 45 passagers, mais ces touristes parcourent 70 pieds pour prendre des photos et remontent à bord. C’est bon pour les nuitées dans les hôtels, mais il faut aller plus en profondeur avec les visiteurs. Le touriste d’aventure fait 65 % de ses dépenses dans la communauté qu’il visite, comparativement à 14 % pour le tourisme de masse. Il faut développer les deux secteurs pour l’industrie », explique-t-il.

« Les gens veulent vivre des expériences aujourd’hui, tant dans l’hébergement, dans la nourriture, dans la culture, avec le patrimoine ou avec le développement personnel. Il y a 15 ans, l’expérience motoneige se mesurait au nombre de milles parcourus dans une journée. Nous avons brûlé des clients avec cette façon de faire. Ils avaient mal aux bras et au cou à la fin de la journée. Ce n’est plus ça, aujourd’hui. Les forfaits de motoneige sont ponctués par les arrêts et un sentier plus court, pour le retour à la maison. Si on veut être plus inclusifs pour cette activité... », fait valoir le spécialiste.

Un produit à améliorer

Je reviens d’une sortie en motoneige de cinq jours sur un circuit reliant les monts Valin et la réserve crie d’Oujé-Bougoumou à Chibougamau, via les passerelles du 49e parallèle au nord du lac Saint-Jean. La qualité des repas et de l’hébergement étaient impeccables sur les sites de Mont-Vilain, de Chute-à-l’Ours et à Oujé-Bougoumou.

Il y a encore du chemin à faire cependant pour qualifier l’offre motoneige de tourisme d’aventure. Il n’y avait pas de produit de microbrasserie dans les relais, pas de produits régionaux, pas de vin de qualité, alors que la poutine et les burgers sont les vedettes des menus offerts.

« Les touristes recherchent les couleurs locales, la bonne nourriture, le bon vin. Les touristes d’aventure veulent apprendre, découvrir, vivre de nouvelles expériences, goûter à de nouveaux aliments. Vous avez tout ça ici ! J’ai même goûté à un gin local (Km12). C’est fabuleux ! C’est ça que les touristes veulent vivre », a conclu le spécialiste, qui considère le plein air comme la solution à bien des maux.